Étiquette : Style

  • Une certaine gêne à l’égard du style

    Présentation

    C’est le style, pense-t-on, qui assure l’unité d’une œuvre. Et l’on imagine aussi que les écrivains travaillent avec une idée plus ou moins claire de la façon dont leurs textes doivent être rédigés, si bien qu’il s’agirait simplement pour eux de faire coïncider leur idéal et leur prose. Or, les choses sont plus compliquées…

    Quand on y regarde de près, les pratiques rédactionnelles des écrivains vont à hue et à dia et elles peinent à trouver leur pleine cohérence. On en connaît quelques exemples célèbres : avec bien des premiers lecteurs de Céline, le jeune Claude Lévi-Strauss s’est demandé si c’était bien la même personne qui avait rédigé le début et la fin de certains paragraphes de Voyage au bout de la nuit. Quant aux premières lectures importantes de L’Étranger, toutes se sont étonnées d’une évidente contradiction stylistique dans le roman d’Albert Camus.

    Le présent ouvrage se propose dès lors d’interroger les formes stylistiques à partir de leurs tensions et les discours sur le style à partir de leurs failles. Prenant ses premiers appuis sur une dizaine de cas en apparence fort singuliers (Bernanos, Camus, Duras, Ramuz, Sartre, Simenon, Valéry…), il suggère un principe de lecture et esquisse une typologie des contradictions. Mais il avance aussi deux idées : la première veut que toute la prose du xxe siècle ait connu une certaine gêne à l’égard du style ; la seconde veut que la tension stylistique soit finalement le mode d’existence naturelle des œuvres littéraires.

  • Questions de style. Au croisement de l’anthropologie, de l’esthétique et de l’histoire de l’art

    Lien vers le site de l’événement

    Résumé

    Le style fait partie de ces notions par excellence ambivalentes. On parle autant du style d’un artiste, d’un collectif, que d’une civilisation. Quelles que soient les échelles auxquelles s’applique le style, on suppose de lui une certaine constance : un style qui changerait de forme basculerait en un autre style. On charge le style de jouer le rôle de marqueur d’identification – d’une époque, d’un endroit ou encore d’une personne. Le style remplit bien des fonctions de repère, et ne saurait dès lors être relégué au rang du supplément formel. Que le style se joue dans une feuille d’acanthe ou dans une toile de Cézanne nous engage à le poser d’abord comme une question. Gageons, avec Riegl, que cette question sera nécessairement plurielle.

    Présentation

    Le style fait partie de ces notions par excellence ambivalentes. On parle autant du style d’un artiste, d’un collectif, que d’une civilisation. Quelles que soient les échelles auxquelles s’applique le style, on suppose de lui une certaine constance : un style qui changerait de forme basculerait en un autre style. On charge le style de jouer le rôle de marqueur d’identification – d’une époque, d’un endroit ou encore d’une personne. Le style remplit bien des fonctions de repère, et ne saurait dès lors être relégué au rang du supplément formel. Que le style se joue dans une feuille d’acanthe ou dans une toile de Cézanne nous engage à le poser d’abord comme une question. Gageons, avec Riegl, que cette question sera nécessairement plurielle.

    Cette journée d’étude qu’accueille le Centre d’études phénoménologiques, sera introduite par le Pr. Sylvain Camilleri et réunira des chercheurs et chercheuses dont les préoccupations scientifiques se situent au croisement de l’anthropologie, de l’esthétique et de l’histoire de l’art. Elle débutera par une intervention dont le philosophe Jean-Marie Schaeffer nous fait l’honneur, à titre de conférencier principal, et se poursuivra par une présentation et une discussion des travaux de la Pr. Caroline Heering, de Charles Lebeau-Henry, d’Adnen Jdey et de Clarisse Michaux.

    Programme

    • 9 : 15 – Sylvain Camilleri (UCLouvain – CEP) : Mot d’introduction

    • 11 : 00 – 11 : 45 – Clarisse Michaux (ULiège – CREPH) : Reconnaître un auteur à son style. Au sujet de schèmes perceptuels dans la réception des œuvres d’art.

    Pause déjeuner

    • 9 : 30 – 10 : 30 – Keynote speaker : Jean-Marie Schaeffer (EHESS – CRAL) : Les embarras du style

    Pause

    • 11 : 00 – 11 : 45 – Clarisse Michaux (ULiège – CREPH) : Reconnaître un auteur à son style. Au sujet de schèmes perceptuels dans la réception des œuvres d’art.Pause déjeuner

    • 13 : 30 – 14 : 15 – Caroline Heering (UCLouvain – GEMCA) : L’acte ornemental : une finalité sans fin

    • 14 : 30 – 15 : 15 – Adnen Jdey (UCLouvain – CEP) : L’ornement chez Ingarden : une phénoménologie du style à l’épreuve de la Kunstwissenschaft

    Pause 

    • 15 : 45 – 16 : 30 – Charles Lebeau-Henry (UCLouvain – CEP) : Les débuts de la notion de style baroque en musique. Nietzsche entre Burckhardt et Wölfflin

    • 17 : 00 – Clôture

    Contacts

    Adnen Jdey
    courriel : adnen [dot] jdey [at] uclouvain [dot] be
    Clarisse Michaux
    courriel : clarisse [dot] michaux [at] uliege [dot] be







  • L’épistolier-lecteur. Styles de lettres et styles de vies, Séminaire CECJI 2024

    SÉMINAIRE DU CENTRE D’ÉTUDE DES CORRESPONDANCES ET JOURNAUX INTIMES
    CECJI, ÉA 7289
    Responsable : Marianne Charrier-Vozel

    Du 19 janvier 2024 au 15 novembre 2024
    À 14h00

    Lieu : CECJI

    Présentation

    Dans le Manuel épistolaire à l’usage de la jeunessePhilipon La Madelaine voit dans les prétendus oublis des lectures de Mme de Sévigné une qualité qui participe de l’agrément d’une correspondance qui est devenue, au fil des siècles, un modèle du genre : 

    « J’aime mieux cette même Mme de Sévigné qui me dit dans une de ces lettres charmantes : « Je vous rapporterais là-dessus un beau vers du Tasse si je m’en souvenais » ; je l’aime mieux, dis-je, que celui qui, à cette occasion, m’en eût débité deux ou trois stances ». 

    Dans la continuité de l’ouvrage de Philipon, Bescherelle reprend ce conseil, illustrant cette fois-ci son propos avec l’exemple d’une grande épistolière du siècle suivant, Mme du Deffand qui n’utilise pas de citation afin de plaire à son correspondant, Horace Walpole, dont elle est passionnément amoureuse :  « Je serais bien tentée de vous faire une citation de Quinault, mais vous me gronderiez et je ne me permettrai plus rien qui puisse vous fâcher et jamais, jamais, je ne vous écrirai un mot qui puisse vous forcer à me causer du chagrin par vos réponses. J’aime mieux étouffer toutes mes pensées ».

    À partir de ces deux exemples, nous pourrions hâtivement conclure que les épistolières et les épistoliers de l’Ancien Régime doivent abandonner leurs lectures et leurs auteurs préférés afin de ne pas importuner leur correspondant, suivant la règle que Philipon résume en une formule elliptique qui nous invite à mettre en concurrence deux pratiques, d’un côté la lecture des livres considérée comme une ouverture sur le monde extérieur et de l’autre, l’écriture des lettres communément envisagées comme des ego-documents : « Dans une lettre soyez vous, et non autrui » : la lettre « doit m’ouvrir votre âme, et non votre bibliothèque ». 

    Tandis que de nombreuses études ont envisagé les correspondances comme les archives de la création en s’intéressant notamment aux confidences et commentaires que les écrivains font dans leurs lettres sur leurs œuvres, nous retiendrons exclusivement les lectures d’œuvres que les épistoliers, souvent des auteurs, n’ont pas eux-mêmes écrites et publiées.

    Partant alors du constat de la méfiance affichée des théoriciens du genre épistolaire pour l’insertion de citations dans les lettres, il ne semble pas surprenant, au premier abord, qu’aucune étude, à ce jour n’ait été entièrement consacrée aux interactions entre l’activité d’écriture des lettres familières et l’activité de lecture. Ce manque est d’autant plus regrettable que l’étude du va-et-vient entre la lecture et le dialogue épistolaire offre un angle fort stimulant pour les spécialistes qui s’intéressent au genre épistolaire et à la littérarité de la lettre. 

    Du côté des nombreux chercheurs qui ont consacré des travaux à la pratique de la lecture, à son évolution dans le temps et à la place qu’elle occupe dans notre vie quotidienne et tout au long de notre existence, force est de constater pourtant les références opportunes à de multiples correspondances.

    Parmi ces travaux, l’ouvrage de Marielle Macé, publié en 2011 et intitulé Façons de lire, manières d’être, occupe une place de premier plan. Dans son essai, Marielle Macé fait notamment référence aux lettres de Marcel Proust, de Gustave Flaubert, de Jean-Paul Sartre ou bien de Roland Barthes, suggérant le lien intime qui unit la pratique de la lecture et la pratique de l’écriture épistolaire dans le parcours de vie d’un individu : « Affirmer que l’on ne quitte pas sa vie en lisant, mais que ce qui se passe dans la lecture a un avenir sur cette vie : on y essaie des pensées, des façons de dire et de se rapporter aux autres, des manières de percevoir, on module son propre accès au monde, on tente d’autres liens, d’autres gestes, d’autres rythmes, d’autres communautés… » ; les correspondances ne constituent-elles pas l’espace où se déploient ces « pensées », ces « façons de dire » et d’être au monde ? 

    Grâce au dialogue épistolaire, la solitude du lecteur se brise et la lecture, silencieuse, devient bavarde.  Il s’agira ainsi d’envisager les correspondances familières comme le lieu d’expression privilégiée de « l’aptitude du lecteur », pour reprendre les termes de Marielle Macé « à prolonger un style littéraire dans la vie (à se guider grâce à lui, contre lui ou malgré lui, dans les situations du monde sensible vers lequel la lecture le reconduit forcément) » en explorant le va-et-vient entre la lecture des livres et l’écriture des lettres selon les trois axes qui suivent.

    Nous espérons que la mise en commun des réponses apportées à l’ensemble de ces questions lors des séances du séminaire apportera des éléments décisifs afin de mieux saisir ce qui fonde la littérarité de la lettre que nous proposons d’envisager comme « le texte du lecteur ». 

    Nous prévoyons de publier dans un recueil collectif, à la fin du séminaire, l’ensemble des communications.

    AXE 1 : Pratiques de lecture et écriture des lettres : concurrence et/ou complémentarité ? 

    Dans quelles circonstances l’épistolier évoque-t-il ses lectures ?

    Pouvons-nous observer au cours d’une existence des moments privilégiés consacrés à l’écriture des lettres et à la lecture ?  

    Comment l’épistolier concilie-t-il dans son quotidien le temps consacré à l’écriture des lettres et le temps consacré à la lecture ? Existe-t-il un lien entre le moment de la lecture, l’interruption et la reprise de la lettre ? Ce lien évolue-t-il en fonction des époques, notamment à partir du XVIIIe siècle et de l’affirmation de l’intime dans les correspondances familières ?

    Comment et sous quelles formes discursives (citations, résumés, commentaires, gloses…) l’épistolier évoque-t-il alors ses lectures ? Ces évocations peuvent-elles être considérées comme des discours rapportés concurrents, complémentaires ou intrinsèques au discours épistolaire ? 

    AXE 2 : Ecrire des lettres et lire pour styliser son existence ?

    Quel est le lien entre la composition de la bibliothèque, le choix des genres qui sont lus, les goûts et l’éthos de l’épistolier ? 

    Les lectures sont-elles évoquées pour parler de soi et pour styliser sa vie dans les lettres ?

    Comment s’incarne le concept de lecteur-modèle dans les pratiques de l’épistolier-lecteur et dans l’écriture des lettres ?  

    Le processus d’identification à l’œuvre dans l’activité de lecture participe-t-il de l’écriture de soi dans les lettres ? 

    Observons-nous un mimétisme de style entre les lectures de l’épistolier et les procédés d’écriture qu’il utilise dans ses lettres ?

    En quoi ses lectures invitent-elles l’épistolier à donner du sens à son existence et à celle de son correspondant ? 

    AXE 3 : Lecture et grammaire du rapport à l’autre dans les lettres : pragmatique épistolaire de la lecture 

    Pourquoi les correspondants partagent-ils leurs lectures ? Pour idéaliser le lien qui les unit, pour séduire, pour développer une réflexion morale et/ou esthétique sur le monde, pour convaincre, pour conseiller, pour consoler ? 

    Pouvons-nous observer, selon la nature du lien qui unit les correspondants, une sélection opérée par l’épistolier dans ses lectures ?  En quoi cette sélection est-elle significative de l’évolution du lien qui unit les épistoliers au fil du temps ? 

    Les correspondants lisent-ils les mêmes livres, partagent-ils les mêmes goûts et les mêmes avis ?

    Quelle place est donnée dans le dialogue épistolaire aux livres qui ne sont lus que par un seul des correspondants ? Quelle place est accordée aux livres que les épistoliers ne lisent pas et pourquoi ?

    La lecture d’un livre peut-elle conduire à la suspension, voire à l’interruption définitive de la correspondance ? 

    Programmation

    Vendredi 19 janvier 2024
    14h-15h30 en visioconférence
    Clément FRADIN, Université de Lille
    « Lire sans perdre le fil » : les lectures de Paul Celan au miroir de ses lettres »

    Vendredi 16 février 2024
    14h-15h30 en visioconférence
    Luc FRAISSE, Université de Strasbourg
    « Proust en correspondance avec les écrivains contemporains incarne-t-il sa conception du lecteur modèle ? »
    Vendredi 15 mars 2024
    14h-15h30
    Martine JACQUES, Université de Bourgogne
    « La correspondance de Mme de Graffigny : s’autoriser et s’auctoriser »

    Vendredi 15 juin 2024
    14h-15h30
    Nathalie FERRAND, Item-Ens-Cnrs
    « Rousseau lecteur, au miroir de sa Correspondance »

    Vendredi 27 septembre 2024
    14h-15h30
    Bruno BLANCKEMAN, Université  Sorbonne Nouvelle Paris-3
    « Le « lire-écrire » critique de Marguerite Yourcenar dans sa correspondance »

    Vendredi 11 octobre 2024
    14h-15h30
    Olivier WAGNER, Bibliothèque Nationale de France
    « « Je suis ici avec Byron que j’adore… » La citation et l’actualité littéraires dans la Correspondance amoureuse entre Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy »

    Vendredi 15 novembre 2024
    14h-15h30
    Marcos MORAES, Université de São Paulo
    « Mário de Andrade, lecteur de la poésie française : des témoignages en lettres »

  • Atelier de méthodologie de la recherche en stylistique (Orléans)

    Le 3 Avril 2024

    Université d’Orléans

    UFR LLSH, salle du conseil

    L’Association Internationale de Stylistique (AIS), propose un atelier de méthodologie de la recherche en stylistique, le mercredi 03 avril 2024, à l’Université d’Orléans.

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    Cet atelier a pour but d’offrir un espace d’échange entre jeunes doctorantes/doctorants ou jeunes docteures/docteurs, de France et de l’étranger, et chercheuses et chercheurs plus aguerris en stylistique. L’AIS a déjà organisé deux journées d’études à l’intention des jeunes chercheuses et chercheurs : en 2017 à l’Université d’Aix-Marseille (« Territoires et frontières du style », coordonnée par Joël July et Philippe Jousset), en 2021 à l’Université Sorbonne-Nouvelle (« Style et goût », coordonnée par Sandrine Vaudrey-Luigi et Judith Wulf).

    Pour 2024, l’AIS propose non pas une journée d’études unie autour d’une thématique mais un atelier de travail et de réflexion méthodologique, qui est ouvert à tout type de recherche stylistique. Cet atelier est, pour les jeunes chercheuses et chercheurs, l’occasion de présenter leur travail devant des spécialistes de la discipline, d’affiner leurs méthodes, de réfléchir à leurs perspectives de travail, mais aussi de potentiellement découvrir d’autres manières de travailler en stylistique. Il est également ouvert aux étudiantes, étudiants, collègues, qui souhaitent découvrir (ou mieux connaitre) la recherche en stylistique. 

    Contacts :

    laelia.veron@univ-orleans.fr

    sophie.bertocchi-jollin@uvsq.fr


    Programme

    Version PDF du programme

    Matin

    Accueil. À  partir de 9h15.

    Mot d’introduction. 9h45.

    Stylistique et analyse du discours : perspectives comparées : 10h-11h15

    Présidente de session : Claire Badiou-Monferran

    -Linda Nurmi (Université d’Helsinki) : « Qui parle ? Le DDL (Discours direct Libre) dans la littérature contemporaine française et finlandaise : Duras, Saumont, Siekkinen.  » 

    Cette communication pose la question de savoir quels sont les indices grammaticaux, co(n)textuels, sémantico-logiques et pragmatiques du discours direct libre dans les écritures de Marguerite Duras, Annie Saumont et Raija Siekkinen. Dans cette approche comparée, je m’interroge sur l’enjeu que le DDL produit dans la littérature contemporaine française et finlandaise en me limitant sur les extraits tirés des œuvres des auteures mentionnées ci-dessus. DDL – un phénomène linguistique, discursif et littéraire –, libéré du verbum dicendi ou sentiendi et des marqueurs typographiques, est au cœur du « roman parlant » des XXe et XXIe siècles.

    -Carlotta Contrini (Université de Lausanne): « Une proximité distante : le discours indirect libre chez Zola et Verga »

    Durant sa recherche doctorale, Carlotta Contrini a étudié le discours indirect libre (DIL) dans L’Assommoir d’Émile Zola et I Malavoglia de Giovanni Verga. En adoptant une approche contrastive, le patron stylistique du DIL a permis de confronter deux œuvres que beaucoup sépare. Zola a contribué à l’extension du dispositif en français grâce à L’Assommoir ; I Malavoglia de Giovanni Verga est la première œuvre de la littérature italienne qui accorde une place de choix au DIL. Son travail, axé sur la stylistique littéraire comparée, évite la simplifation par le critère de l’influence. Elle travaille maintenant sur les traductions italiennes de Zola et les traductions françaises de Verga, envisageant une extension de sa recherche à la période 1830-1930. La méthodologie rarement abordée de la stylistique littéraire comparée révèle des divergences dans l’application et la traduction du DIL, mettant en lumière une opposition profonde dans le mouvement d’assimilation des formes.

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    Stylistique, polyphonie et pragmatique: 11h15-12h30

    Présidente de session : Claire Stolz

    -Vianney Dubuc (ENS de Lyon) : « La question de la polyphonie : enjeux de la notion et défis pour une stylistique de l’énonciation »

    Depuis les années 1980, le terme de polyphonie a connu un important succès et plusieurs théorisations aussi bien dans le champ des études littéraires que dans ceux de la linguistique et de l’analyse de discours. Nous souhaitons interroger l’emploi de cette notion en stylistique et sur un corpus de textes lyriques. Dans un premier temps, nous introduirons la notion de polyphonie à partir des théorisations les plus importantes. Dans un second temps, nous chercherons à confronter ces méthodologies à travers l’étude d’un texte lyrique. Cette application permettra de montrer que la notion de polyphonie est centrale pour une étude stylistique de l’énonciation. Elle invite à repenser à la fois la définition du genre lyrique trop souvent identifié comme un genre monophonique et elle conduit aussi à laisser, dans la stylistique d’auteur, une place plus importante à la présence du discours autre, du discours des autres et des discours sociaux à l’origine d’hétérogénéités énonciatives. Penser la polyphonie revient à identifier la part sociale constitutive de toute énonciation.

    Notes de la communication (PDF)

    -Ludovico Monaci (Università degli Studi di Padova/Université de Grenoble Alpes) : « “Ce que je l’ai injurié !” : la violence verbale dans la Recherche de Proust »

    Cette intervention se concentre sur la violence verbale dans la Recherche. À partir de la fréquence avec laquelle un tel mot d’injure est prononcé, on retracera les analogies stylistiques communes aux idiolectes et aux sociolectes. L’introduction du critère oppositif en face/dans le dos permettra de dépeindre les tendances discursives et les spécialisations conversationnelles des figures romanesques lorsqu’elles sont les responsables ou les victimes d’une injure ou d’une médisance. En parallèle, par l’analyse des excentricités perlocutoires et des infractions pragmatiques, on témoignera de l’hétérogénéité formelle qui est inscrite dans ce genre de manifestations linguistiques. Notre objectif est de réhabiliter la violence verbale dans les dynamiques romanesques, et de lui restituer la place qui lui incombe au sein de l’œuvre proustienne.

    Exemplier (PDF)

    Après-midi 

    Stylistique et stylométrie: 14h-14h40

    Présidente de session : Laélia Véron

    Alice Dionnet (Université d’Orléans) : introduction à la stylométrie

    Cette présentation en deux temps se consacrera d’abord à la présentation de la stylométrie, de ses objets et objectifs et des techniques qui lui sont associées. Seront utilisés comme exemple les travaux d’attribution d’autorité, notamment ceux effectués par Jean-Baptiste Camps et Florian Cafiero concernant l’attribution des pièces de Molière à Corneille. J’interrogerai ensuite les frontières de la stylistique en montrant comment j’ai utilisé certaines de ces techniques de stylométrie pour comparer le style des romans d’aventures identifiés par les théoriciens du genre et celui des jeux vidéo dits « R.P.G », ou role-playing games, largement influencés par ce genre littéraire et celui de la fantasy, en l’occurrence avec l’exemple de Dragon Age : Origins (2009).

    Stylistiques littéraires (syntaxe, ponctuation, sémantique) : 14h40-16h

    Présidente de session : Judith Wulf

    Pierre Fleury (Sorbonne Université) : « La « méthode Croisset » ou comment intégrer à l’analyse du discours les questions de rythme » (Flaubert, Bouilhet, Hugo) 

    Louis Bouilhet, le 19 mars 1859, tente de défendre un alexandrin éreinté par Flaubert en l’enjoignant à « scander le vers entier (méthode Croisset) […] Je l’aime, parce que je le dis bien. » Notre communication tâchera d’expliquer ce que peut être une telle « méthode », au croisement de l’écriture et de la lecture – une façon de lire les textes qui soit aussi une façon de les faire parler, c’est-à-dire de les interpréter… au sens où l’entendent les stylisticiens. Quelques exemples de Flaubert et de Hugo nous aiderons à percevoir ce que peut apporter à l’exégèse cette prise en compte du flux configurant de la lecture. Partant, y aurait-il une possibilité théorique pour inclure la phrase (en tant que syntaxe virtuellement « musicale ») dans les paradigmes de l’analyse du discours et de la linguistique énonciative, jugées parfois sourdes à la prosodie et au rythme ?

    Clara Cini (Sorbonne Université) : « Pour une stylistique de la ponctuation : variations et permanences dans la représentation du discours autre (RDA), chez Annie Ernaux »

    Participant d’une véritable « déliaison généralisée[1] » sensible à toutes les échelles de l’œuvre, la ponctuation ernausienne, aussi bien que son absence, rend parfois difficile la détermination générique du discours autre – que l’on songe ici à l’incipit des Armoires vides. En considérant d’abord les premiers ouvrages de l’autrice, notre intervention analysera ce refus de systématicité syntaxique – particulièrement sensible lorsque les discours autres se télescopent en l’espace d’une page – comme moyen de faire entendre au plus juste et dans un même geste la diversité du dire, de ses modalités et locuteurs au sein même du texte qui les accueille[2]. Dans une perspective évolutive et génétique, nous examinerons dans un second temps les variations et permanences dans l’insertion du discours autre, au fur et à mesure des publications de l’autrice, et leurs enjeux protéiformes.

    [1] Francine Dugast-Portes, Annie Ernaux, Étude de l’œuvre, Bordas, 2008, (« Écrivains au présent », 2), p. 153.
    [2] Nous nous appuyons en partie sur les travaux de Geneviève Salvan. Voir : Geneviève Salvan, « Ordre des mots et discours rapportés : les discours directs “sans ancrage” dans Journal du dehors d’Annie Ernaux », dans Agnès Fontvielle-Cordani, Stéphanie Thonnerieux (dir.), L’Ordre des mots à la lecture des textes, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2009, (« Textes & Langue »), p. 371‑384.

    Ekaterina Nevskaya (Université Côte d’Azur) « Métaphore et interpénétration sémantique dans Le Don de Nabokov »

    Dans notre communication, nous nous proposons d’étudier la manière dont le discours métaphorique permet de révéler l’appréhension du monde extralinguistique propre à Fédor, le personnage principal, et d’explorer les potentialités sémantiques du langage. Notre analyse abordera surtout un pattern particulier de la métaphorisation : le glissement d’unités sémantiques et/ou linguistiques à travers différents co(n)textes, produisant des zones de superposition entre énoncés « littéraux » et énoncés « métaphoriques » dont les frontières s’avèrent extrêmement floues. On voit apparaître ainsi toutes sortes d’effets autodialogiques fusionnant les pays, les époques, les objets, les domaines de référence… L’étude de ces effets permet d’esquisser un modèle cognitif et perceptif qui restitue le point de vue de Fédor, tout en mettant à mal la stabilité sémantique du langage (conformément à la démarche littéraire de Fédor-écrivain et, sans doute, à celle de Nabokov). Pour la mener à bien, nous procéderons notamment à des recompositions sémiques des éléments-pivots qui permettent d’intriquer le littéral et le figuré.

    Exemplier (PDF)

    16h-16h15 : pause

    Stylistique et linguistique : 16h15-17h

    Présidente de session : Pauline Bruley

    Linguistique, narratologie et stylistique : Diane Kalms (Université de Lausanne) « L’impensée littéraire. Pour une étude sur les récits à la sixième personne » (ils, elles, iels)

     Si l’usage narratologique reconnaît le récit à la première et à la troisième personne, les récits à la sixième personne semblent négligés par la théorie littéraire. Pourtant, leur emploi de la sixième personne donne lieu à des effets de style sensément différents d’un texte à l’autre, selon des modalités narratives diverses et variées. Encore considérée par la plupart des grammaires contemporaines comme une simple variation en nombre de la troisième personne, la sixième personne jouirait d’une actualisation théorique de ses propriétés morphosyntaxiques et énonciatives. Subséquemment, en prêchant son autonomisation linguistique, nous postulons que le modèle du récit à la troisième personne (tel qu’il a été théorisé par Gérard Genette) ne peut plus satisfaire les exigences théoriques requises pour une analyse littéraire de la sixième personne dans toute sa rigueur et son exhaustivité.

  • La pensée a-t-elle un style ?

    Deleuze, Derrida, Lyotard

    Que fait le style à la pensée ? Le livre répond à cette question en proposant une lecture stylistique de textes philosophiques (dont ceux de Deleuze et Guattari, Derrida, Lyotard) qui partagent une fin : renouveler la pensée par leur style.

     Si la philosophie qui s’est développée en France dans les années 1970 autour de Deleuze et Guattari, Derrida, Lyotard constitue un objet d’étude dans le champ de la philosophie, elle l’a été beaucoup moins dans celui de la stylistique. Or, ces pensées se fixent pour fin, de renouveler la pensée à partir de leur écriture ou de leur style. Le livre propose de prendre au mot et au sérieux ces philosophes et de comprendre, par une plongée au cœur de leurs textes, la façon dont ils ont opéré une telle reconfiguration de la pensée philosophique. 

    Table des matières

    Un nouveau style pour la philosophie                                                


    Chapitre 1.
    Contexte et polémicité                                                                       

    Chapitre 2.
    Logos, signe, concept                                                                          

    Chapitre 3.
    La métaphore : du concept au texte (et retour)                          

    Chapitre 4.
    La prédication en question                                                             

    Chapitre 5.
    Altération et renouvellement des patrons discursifs philosophiques                                           

    Une crise sans retour           

    Bibliographie                                                                                      

    Index nominum     

  • Penser le style des littératures écrites et dessinées: pratiques de la greffe

    Appel à communication pour une journée d’étude

    , Lettres Sorbonne Université

    Penser le style des littératures écrites et dessinées : pratiques de la greffe

    Sorbonne Université, Paris —  le 31 mai 2024

    Propositions de communication à envoyer d’ici le 15 février 2024

    UR Sens Texte Informatique Histoire

    Pensé en littérature comme un écart avec la norme (Philippe 2021, p. 55), ou comme une illustration de celle-ci, comme l’expression d’une singularité auctoriale (Barthes 1953, p. 13-14) ou comme le reflet d’une allégeance à un courant littéraire (style surréaliste), à un genre (Letourneux 2017, p. 15), voire comme le témoignage de la langue d’une époque (un style Troisième République), le concept de style en littérature s’avère aussi malléable qu’épineux pour la recherche. Prise au croisement de diverses « mystiques » (Rastier 1994, p. 268), à la fois inévitable, et malaisée d’approche, la notion a donné lieu à de nombreuses réflexions depuis l’œuvre fondatrice de Charles Bally (1909) instituant en France la discipline de la stylistique. En vertu de sa nature protéiforme, on reconnaît toutefois à la notion de style son adaptabilité puisqu’elle s’emploie aisément pour caractériser tous les domaines et les formes d’expressions, au-delà du seul champ littéraire. 

    Ainsi, interroger le style en bande dessinée c’est se heurter aux spécificités du médium : l’hybridité iconotextuelle qui le définit et la réalité souvent collective de sa production. Dans la lignée des approches logocentrées de la bande dessinée, les études liées au style de ce médium se sont originellement concentrées sur ses récits et ses discours (Fresnault-Deruelle 1977). Progressivement, l’intérêt croissant porté à l’esthétique de la bande dessinée a conduit à mener des études stylistiques de ses images, en tentant de dégager des filiations artistiques (Lecigne & Tamine 1983) dans ce qui est considéré non plus seulement comme un médium mais bien comme un neuvième art. Réévaluer la dimension picturale de la bande dessinée amène à s’interroger sur la qualité des images valant pour elles-mêmes, au-delà de leur rôle seulement narratif, en mettant au centre de la préoccupation esthétique la notion de graphiation (Marion 1993 ; Andrieu de Levis 2019). Cependant, ces travaux n’en restent pas moins sporadiques et les récentes études font, en tentant de le combler, le constat d’un manque critique important (Forceville, El Refaie & Meesters 2014, p. 485 ; Berthou & Dürrenmatt 2019, p. 7).

    L’originalité de cette journée d’étude réside dès lors dans le choix d’un corpus protéiforme, en s’intéressant aussi bien aux littératures écrites qu’aux « littératures dessinées » (Morgan 2003). Tout en s’abstenant de considérer le médium de la bande dessinée comme un simple genre, il s’agira d’envisager, en parallèle ou dans un même geste, des productions pouvant relever de ces deux champs contigus : le roman, la nouvelle, le poème, la micro-fiction, aussi bien que les genres de l’autobiographie au sens large, dans l’album, la planche, le strip voire le cartoon

    Plus spécifiquement, l’objet de cette rencontre sera d’examiner l’œuvre littéraire et bédéique en tant que corps textuel ou graphique composite, se construisant par ajouts d’éléments plus ou moins extérieurs, greffes ponctuelles ou structurelles, exhibées comme telles ou fondues à même le texte ou le dessin. Nous nous intéresserons tout particulièrement au phénomène de citation, selon une acception élargie. En effet, nous incluons dans cette notion non seulement la citation dite « littéraire », soit l’incorporation la plus traditionnelle d’un fragment textuel au sein d’un texte d’accueil, mais aussi toute expression apparaissant comme autre à l’intérieur d’un (icono)texte, par l’insertion d’un « discours autre » (direct, indirect, libre ou non) ou d’un énoncé graphique différent (par le trait, la mise en page, etc.). Dans cette perspective, le copié-collé textuel mis au jour dans certaines œuvres littéraires peut faire écho, dans la bande dessinée, à l’insertion de composantes ne relevant pas de la main de l’artiste, à des éléments redessinés, et plus largement à l’introduction d’ »images autres ». Les communications permettront dès lors d’évaluer ce qui fonde une spécificité stylistique dans l’insertion du discours autre (Authier-Revuz, 2020) dans les littératures écrites ou dessinées, mais aussi ce qui peut réunir les deux médiums envisagés dans une dynamique commune, notamment par leur tendance à cultiver un réseau de références nommé tantôt intertextualité, tantôt intericonicité.

    Dans l’optique d’interroger conjointement ces deux champs, nous faisons le choix de placer cette journée d’étude dans le sillage des ouvrages majeurs de sémiostylistique publiés ces dernières décennies, notamment les écrits parus sous l’égide de Georges Molinié (Molinié & Cahné 1994), mais aussi des travaux plus récents de Gilles Philippe qui exposent la dimension évolutive du style (Philippe 2021), essentielle à notre sens pour appréhender à nouveaux frais les frontières de ce concept. Nous fondons enfin notre compréhension du style sur les analyses développées dans la synthèse d’Éric Bordas en 2008 dans « Style ». Un mot et des discours, et sur le principe d’une définition, qu’il sera bien entendu nécessaire de critiquer : « De toute évidence, le style, c’est la variante […] et, génétiquement, l’ »écriture », comme processus de transformation, de transmutation, commence avec la rature. L’idée d’un style naît avec la possibilité d’un choix […] » (p. 57-58) Ainsi, compris comme une donnée évolutive ou comme une variation, le style semble résister à toute entreprise d’homogénéité et nous invite à le considérer sous l’angle du mélange et de la dissemblance. C’est en gardant à l’esprit ce principe fondamental de « choix » que nous souhaitons réfléchir aux différents moyens stylistiques par lesquels un auteur ou une autrice se confronte, s’accorde, s’empare de la parole d’autrui, la joint à la sienne, comme élément hétérogène explicite, assumé, affiché ou au contraire, camouflé, lissé, voire plagié. 

    Tous travaux concernant ces modalités d’incorporation de texte ou d’image autre seront donc les bienvenus. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les axes de réflexion suivants (dont la liste est, à l’évidence, non exhaustive) : 

    • L’emprunt et l’imitation. Réécritures partielles de certains motifs : L’évènement reprenant le point central des Armoires vides, à savoir l’avortement clandestin chez Annie Ernaux. Réécritures totales : Le Voyage sans fin de Monique Wittig reprenant la diégèse et les personnages principaux du Don Quichotte de Cervantes ; Hippolyte de Garnier, puis Phèdre de Racine reprenant la tragédie de Sénèque ; Une Tempête d’Aimé Césaire dans le sillage de La Tempête de William Shakespeare
    • Le jeu littéraire, la parodie et le pastiche. Exercices de styles graphiques ou textuels : Variations de Blutch ; Exercices de style de Raymond Queneau. Pastiche de tableaux ou autres images dans une bande dessinée : Moderne Olympia de Catherine Meurisse.
    • Les réutilisations d’une matière existante. Par le collage littéraire : Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin ; La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq. Par le re-dessin : Le Grand Récit de Jens Harder ; Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan.
    • La citation ou le style d’autrui comme fondements d’un style. À l’échelle d’une carrière : Jean-Patrick Manchette se coulant dans le moule de Dashiell Hammett ; Joost Swarte empruntant la ligne de Hergé. À l’échelle de l’œuvre : la reprise du style épique dans La Franciade de Ronsard. À l’échelle du fragment d’œuvre : le travail des exergues dans Médée de Christa Wolf.
    • La juxtaposition, voire la confrontation des styles. Autocitation : Livre des trois Vertus de Christine de Pizan ; Indélébiles de Luz. Écriture à plusieurs mains : Seyvoz de Joy Sorman et Maylis de Kerangal ; Révolution de Florent Grouazel et Younn Locard. Insertion de dessins d’enfants : Blast de Manu Larcenet ; Chronographie de Dominique Goblet et Nikita Fossoul ; Mon enfant peut en faire autant de Jochen Gerner et Pavel Gerner. Évolutions d’un “style d’auteur” : Jean Giraud entre Blueberry et Le Monde d’Edena ; He Youzhi entre Mes années de jeunesse et La Lumière blanche.
    • Les modalités d’insertion du discours direct. Par des usages particuliers de la ponctuation dans un texte pouvant perturber l’ordre classique : Journal du dehors d’Annie Ernaux. Par un traitement particulier du phylactère en bande dessinée : Pelléas & Mélisande de Nicole Claveloux ; Formose de Li-chin Lin.

    Les propositions de communication, d’une page maximum, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 15 février 2024 aux trois adresses suivantes : 

    Une réponse sera envoyée après délibération à la fin février 2024. La journée d’étude aura lieu le 31 mai 2024 à Sorbonne Université (Paris), et sera suivie d’une table ronde.


    Comité d’organisation : 

    Bibliographie indicative 

    Andrieu de Levis, Jean-Charles, De la ligne claire à la ligne « pas claire ». Émancipations esthétiques de la bande dessinée en France et aux États-Unis à l’orée des années 70, thèse sous la dir. de Dürrenmatt, Jacques, Paris, Sorbonne Université, 2019.

    Authier-Revuz, Jacqueline, La Représentation du discours autre. Principes pour une description, Berlin, De Gruyter, 2020. Disponible en ligne : https://www.degruyter.com/document/doi/10.1515/9783110641226/html 

    Bally, Charles, Traité de stylistique française, Heidelberg, Carl Winter’s Universitätsbuchhandlung,  1921 [1909]. Disponible en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k166222b.

    Barthes, Roland, Le degré zéro de l’écriture, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points », 2014 [1953]. 

    Berthou, Benoît et Dürrenmatt, Jacques (dir.), Style(s) de (la) bande dessinée, Paris, Classiques Garnier, coll. « Perspectives comparatistes », 2019.

    Bordas, Éric et Molinié, Georges (dir.), Style, langue et société, Paris, Honoré Champion, coll. « Colloques, congrès et conférences Sciences du Langage », 2015.

    Bordas, Éric, « Style »  : un mot et des discours, Paris, Éditions Kimé, coll. « Détours littéraires », 2008.

    Compagnon, Antoine, La Seconde main ou le travail de citation, Paris, Points, coll. « Essais », 2016 [1979].

    Dürrenmatt, Jacques, Bande dessinée et littérature, Paris, Classiques Garnier, coll. « Études de littérature des XXe et XXIe siècles », 2013.

    Forceville, Charles,  El Refaie, Elisabeth et Meesters, Gert, « Stylistics and comics », dans Burke, Michael (dir.), The Routledge Handbook of Stylistics, Londres/New York, Routledge, 2014, p. 485-499.

    Fresnault-Deruelle, Pierre, Récits et Discours par la Bande. Essais sur les Comics, Paris, Hachette, coll. « Hachette Essais », 1977.

    Genette, Gérard, Palimpsestes, la littérature au second degré, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Poétique », 1982.

    Herschberg Pierrot, Anne, Le style en mouvement, Paris, Belin, coll. « Belin Sup Lettres », 2005.

    Jollin-Bertocchi, Sophie et Linarès, Serge, Changer de style – Écritures évolutives aux XXe et XXIe siècles, Leiden, Brill Rodopi, coll. « Faux titre », 2019.

    Lecigne, Bruno et Tamine, Jean-Pierre, Fac-similé. Essai paratactique sur le Nouveau Réalisme de la Bande Dessinée, Paris, Futuropolis, 1983. 

    Letourneux, Matthieu, Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Poétique », 2017.

    Marion, Philippe, Traces en cases. Travail graphique, figuration narrative et participation du lecteur : essai sur la bande dessinée, Louvain-la-Neuve, Academia, 1993.

    Molinié, Georges et Cahné, Pierre (dir.), Qu’est-ce que le style  ? Actes du colloque international, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Linguistique nouvelle », 1994.

    Philippe, Gilles, Pourquoi le style change-t-il  ?, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, coll. « Réflexions faites », 2021. 

    Rastier, François, « Le problème du style pour la sémantique du texte », dans Molinié, Georges et Cahné Pierre (dir.), Qu’est-ce que le style ? Actes du colloque international, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Linguistique nouvelle », 1994.

  • Styles du roman policier

    18 et 19 janvier 2024

    Salle Pierre Albouy, Grands Moulins

    Colloque organisé par V. Berthelier, D. Rabaté et M. Vervel

    https://u-paris.fr/cerilac/colloque-styles-du-recit-policier/

    Programme

    Jeudi 18 janvier : Du style de genre au style d’auteur               

    MATINÉE : Le style, une entrée pour penser le genre policier ?

    Dominique Rabaté : Ouverture du colloque – du style du polar

    Natacha Levet : Du polar amerloque au roman de langue verte : enjeux génériques du style « roman noir »

    Laetitia Gonon : Quête d’invariants stylistiques du roman policier. L’exemple du moment de « frisson ».

    APRÈS-MIDI : Polar et style d’auteur                    

    Nicolas Le Flahec : Le style, « source de joie » » chez Manchette

    Gilles Magniont : Donald Westlake, ou l’art de minorer

    Pierre-Olivier Toulza : Un millefeuille sonore : la bande-son des films policiers de Jean-Pierre Melville, entre stylisation et mélancolie générique

    Arnaud Huftier : La récriture au principe d’une réinvention formelle : l’exemple de Steeman

    Vendredi 19 janvier : Questions de légitimitation, enjeux idéologiques                     

    MATINÉE : Rapports au style d’un « mauvais genre »

    Benoît Tadié : Le style de Black Mask

    Gérald Peloux : De la « fausse réputation » d’Edogawa Ranpo : quand un écrivain s’inquiète de l’influence de son style

    Stéphane Pouyaud : Parodier le « style » policier – Bello, Robbe-Grillet, Chevillard, Echenoz

    APRÈS-MIDI : Style et politique du polar              

    Marc Vervel : Meckert/Amila : schize du style, style de la schize

    Vincent Berthelier : La référence célinienne dans le roman noir d’après-guerre

    Lucie Amir : L’énonciation dans le polar français contemporain

  • De quelles voix sommes-nous fait.es ? Oralités et discours rapportés Histoire, formes et pratiques

    9e COLLOQUE INTERNATIONAL ET INTERDISCIPLINAIRE CI-DIT à Wroclaw (Pologne)

    30 septembre – 2 octobre 2024

    organisé par

    L’Institut d’Études romanes de l’Université de Wrocław, Pologne

    en coopération avec

    l’Université de Varsovie, le Centre des Recherches interdisciplinaires Université de Wrocław & Université Adam Mickiewicz et l’Université de Lviv

    Appel à communication (PDF) sur le site ci-dit.com.

    Date limite d’envoi de propositions : le 31 décembre 2023 simultanément aux adresses : joanna.jakubowska@uwr.edu.pl et elzbieta.biardzka@uwr.edu.pl.

    Argumentaire

    Remettre l’oralité et les formes du discours rapporté au centre de nos préoccupations, pourquoi ce choix ? Après des colloques Ci-dit consacrés notamment aux genres numériques (davantage dans leur dimension scripturale) et aux supports matériels graphiques, il nous a semblé important de réinterroger les imaginaires et les formes des oralités contemporaines en rapport avec la circulation et l’impact des discours. Paroles, audio, voix, expressivité, accent, tonalité, musique, intonation, éloquence, sociolecte, idiolecte, grossièreté, verve, bagou : comment toutes ces formes se « rapportent»-elles, dans quels contextes ? Comment contribuent-elles aux dimensions visuelle et sonore du discours rapporté ?

    Une poésie déclamée lors d’une investiture présidentielle, des slogans politiques inédits scandés et dansés, des registres sociaux qualifiés de « populaires, populistes, vulgaires, triviaux » utilisés comme des appels d’oralité dans la parole politique comme dans les chansons ou les romans des transfuges sociaux, le « lyrisme gueulard » et dialogique de Virginie Despentes comme contre-discours contestataire ? (Rosier à paraître)…, l’oralécrit (Garcea & Bazzanella 2002) dans le cyberespace, autant de formes de circulation de discours s’appuyant sur des représentations de l’oralité construites historiquement. De même pour un domaine déjà balisé par les travaux de Ci-dit (notamment Marnette 1998, 2005, Verbum 28.1/2006, Faits de Langue 19/2002, etc.), la parole médiévale, selon l’expression consacrée de Bernard Cerquiglini (1981) tout comme l’orature de Paul Zumthor (1975) ont puisé aux sources d’une conception de l’oralité comme performance et mise en rapport de voix. Beaucoup de ces textes étaient en effet chantés : aujourd’hui la chanson exploite-t-elle encore la voie des voix, des mises en scène vocales et du discours d’autrui ? On sait par ailleurs que l’image de l’oralité rapportée s’ancre dans une parole représentée comme marquée socialement et formellement « populaire » (lexique, syntaxe) provoquant un effet de rupture face à la langue classique des convenances, même si les représentations des parlers des classes dominantes existent notamment chez les humoristes (Paveau 2008, Rosier et Paveau 2008).

    Comment la littérature contemporaine en langue française problématise-t-elle la « retranscription fictionnelle » d’une parole populaire authentique, sans trahir ? Et que fait-elle des autres oralités ? Comment les dirigeant.es politiques tout comme les militant.es pensent-ils l’oralisation et l’incarnation de leurs discours politiques dans l’univers francophone ? Du côté de la traduction et de l’interprétation, les débats sur les personnes adéquates pour « porter » la voix (au sens de la traduire) relèvent de cette problématique plus générale de la figure du ou de la porte-parole : qui a la légitimité de « rapporter » un discours collectif au nom de qui, de quelles voix (dominés, subalternes, sans-voix, autres espèces…) ? Du côté de l’interprétation juridique, comment le DR traduit-il oralement un échange multilingue, dans le cadre des audiences et des procès mais aussi des négociations de contrat (y compris lors des mariages mixtes) ?

    Pour baliser nos questionnements nous lancerons quatre pistes qui animeront les discussions de ce colloque :

    1. Oralités, DR et discours politique

    On questionnera les façons de rapporter la parole des migrant.es, des sans-voix, des militant.es, les manières de l’intégration de paroles de guerre et de paix dans différents récits. On s’intéressera au discours comique et autres détournements de la parole politique, notre attention portera également sur les nouveaux styles parlés et représentations iconiques de la parole politique dans les discours numériques.

    2. Oralités, DR et traduction

    Les voix, disparaissent-elles, se reconfigurent-elles ou s’augmentent-elles dans la traduction ? Nous nous intéressons aux voix accueillies dans le discours littéraire, mais aussi dans d’autres discours (journalistique, juridique, numérique, de scolarisation, légendes urbaines…).

    3. Oralités, DR et genres discursifs

    Les genres de discours, dans leur diversité, peuvent être abordés et caractérisés par la place qu’ils font et la forme qu’ils donnent à la représentation de l’oral. Comment les voix retentissent-elles dans différents genres de discours, y compris la chanson,comment contribuent-elles au marquage du genre discursif dans lequel elles fonctionnent? Se distinguent-elles par leur place «statutaire» dans le genre de discours qui « tient lieu » d’un autre discours (compte-rendu de réunion, procès-verbal, minute de procès, live tweet de procès) ?

    4. Oralités, DR et pratiques diachroniques

    L’axe diachronique restera, comme d’habitude, dans les préoccupations du groupe Ci- dit : l’évolution des formes et des pratiques de la citation sera encore une fois au cœur de nos réflexions dans différents genres discursifs, avec notamment la chanson et les pratiques/praxis/formes de discours rapportés. Nous irons de la chanson de geste et poésie lyrique médiévales à l’inter-discours « mis en voix » dans la chanson contemporaine, nous suivrons le parcours de la « vive voix ».

    Calendrier

    Date limite d’envoi de propositions : le 31 décembre 2023 simultanément aux adresses : joanna.jakubowska@uwr.edu.pl    elzbieta.biardzka@uwr.edu.pl

    Les propositions de communication (entre 200 et 300 mots), doivent indiquer clairement la problématique abordée, faire état des principaux résultats qui seront exposés dans la présentation, et être accompagnées d’une bibliographie sélective. Nous prévoyons des communications de 20 minutes suivies de 10 minutes de discussion. Notification : le 29 février 2024

    Programme provisoire : fin mars 2024

    Les droits d’entrée 180 euro/750 PLN : pour les doctorants 90 euro/350 PLN. Les droits couvriront les frais d’organisation (location de la salle d’inauguration, service informatique, matériel de bureau, les pauses-café) et les frais de publication (textes publiés sous condition de relecture positive en double aveugle).  Règlements de droits d’entrée : le 30 avril 2024 au plus tard.

    Comité Scientifique

    • Jacqueline Authier-Revuz, Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris III
    • Hélène Barthelmebs-Raguin, Université du Luxembourg
    • Elżbieta Biardzka, Université de Wrocław
    • Marion Colas-Blaise, Université du Luxembourg
    • Claire Doquet, Université de Bordeaux
    • Anna Dutka-Mańkowska, Université de Varsovie
    • Béatrice Fracchiolla, Université de Lorraine 
    • Joël July, Aix-Marseille Université
    • Greta Komur-Thilloy, Université de Haute-Alsace 
    • Juan Manuel López-Muñoz, Université de Cadix 
    • Mairi McLaughlin, Université de Californie, Berkeley
    • Dominique Maingueneau, Université Paris-Sorbonne
    • Sophie Marnette, Université d’Oxford 
    • Patricia von Münchow, Université Paris Cité
    • Aleksandra Nowakowska, Université Paul-Valéry – Montpellier 3
    • Natalia Paprocka, Université de Wrocław
    • Alain Rabatel, Université de Lyon 2, 
    • Laurence Rosier, Université Libre de Bruxelles 
    • Justine Simon, Université de Franche-Comté
    • Elżbieta Skibińska, Université de Wrocław 
    • Kristiina Taivalkoski-Shilov, University of Turku

    Comité d’organisation 

    • Juan Manuel López-Muñoz, Université de Cadix 
    • Sophie Marnette, Université d’Oxford 
    • Laurence Rosier, Université Libre de Bruxelles 
    • Elżbieta Biardzka, Université de Wrocław
    • Piotr Chruszczewski, Université de Wrocław
    • Joanna Godlewicz-Adamiec, Université de Varsovie 
    • Joanna Jakubowska, Université de Wrocław Hanna Kost, Université de Lviv    
    • Patrycja Paskart, Université de Wrocław
    • Maja Pawłowska, Université de Wrocław
    • Agata Rębkowska-Kieseler, Université de Wrocław
    • Hela Saidani, Alliance Française de Tunis                                                                
    • Karolina Wojtczak, doctorante, Université de Wrocław
  • Appel à communication « Penser le style des littératures écrites et dessinées : pratiques de la greffe »

    Sorbonne Université, Paris —  le 31 mai 2024

    Propositions de communication à envoyer d’ici le 15 février 2024.

    Organisé par Clara Cini, Arianna Bocca-Pignoni, Norbert Danysz

    Source : https://www.fabula.org/actualites/117119/penser-le-style-des-litteratures-ecrites-et-dessinees-pratiques-de-la-greffe.html

    Résumé

    L’objet de cette journée d’étude consacrée à la stylistique sera d’examiner l’œuvre littéraire et bédéique en tant que corps textuel ou graphique composite, se construisant par ajouts d’éléments plus ou moins extérieurs, greffes ponctuelles ou structurelles, exhibées comme telles ou fondues à même le texte ou le dessin. Nous nous intéresserons tout particulièrement au phénomène de citation, selon une acception élargie.

    https://calenda.org/1112298
  • Séminaire « Approches critiques des récits de transfuge de classe »

    Maison de la Recherche de Sorbonne Université (28, rue Serpente, 75006 Paris)

    Lien vers le descriptif du séminaire : https://www.fabula.org/actualites/113859/pour-une-approche-critique-de-la-notion-de-recit.html

    Egon Schiele, Portrait of a Woman, lithographie, 1910 (Metropolitan Museum of Art, New York)

    Séances du séminaire

    Séances ouvertes à toutes et tous sur inscription, en hybride, à Sorbonne Université, de novembre 2023 à mai 2024, à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (28, rue Serpente, 75006 Paris).

    Les séances auront lieu le jeudi ou le mercredi, de 16h à 18h30 environ :

    –          Jeudi 23 novembre 2023 : Introduction. Définitions et cartographie du concept de « transfuge ». Emmanuel Beaubatie, Karine Abiven, Laélia Véron

    –          Jeudi 07 décembre 2023, salle D040  :  « Anachronismes contrôlés » : (pré)histoire  du « récit de transfuge de classe ». Avatars anciens depuis Marivaux et Rousseau en passant par Vallès, Péguy et Poulaille.

    Jérôme Meizoz parlera de la posture des auteurs transfuges de classe, à la lumière deses analyses surRousseau, Vallès, Péguy et Poulaille.

    Jean-Christophe Igalens : « « Je n’ai jamais oublié cette scène là ». Du mépris dans le Paysan parvenu de Marivaux(au prisme des théories de la reconnaissance d’Axel Honneth) »

    Jean-Louis Jeannelle et Fanette Mathiot parleront de la figure de l’autodidacte : «Universités populaires et récits d’acculturation :  la tentative pour « aller au peuple »» 

    –          Mercredi 10 janvier 2024  : approches du « récit de transfuge de classe » en sociologie de la littérature. Isabelle Charpentier, David Vrydaghs, Paola Boué.

    –         Jeudi 1er février 2024  : Points de vue littéraire et stylistique sur les « récits de transfuges de classe ». Laure Depretto, Frédéric Martin-Achard.

    –         Jeudi 14 mars : Les « récits de transfuges de classe », le champ éditorial et le champ journalistique français. Avec Lionel Ruffel, Nassira El Moaddem.

    –        Jeudi 16 mai :  « Récits de transfuges de classe » et sociologie des mobilités sociales. Avec Annabelle Allouch, Cédric Hugrée.

    –         Jeudi 23 Mai : « Récits de transfuges de classe » internationaux et multilingues. Transfuges et translingues. Avec Sara de Balsi.