9h30 Estelle MOUTON-ROVIRA (Université Bordeaux-Montaigne) – «Marie-Hélène Lafon et Flaubert : perspectives critiques, littéraires et stylistiques »
10h Laurent SUSINI (Université Lumière Lyon 2) – « « Si encombré d’images rugueuses » : de la composition par « blocs erratiques » dans L’Annonce de Marie-Hélène Lafon »
10h30 Anne-Marie PAILLET (ENS de Paris) – « La fluidité dans L’Annonce »
Discussion et pause
11h30 Alexandre FERRATON (Université Sorbonne nouvelle) – « Marie-Hélène Lafon : une langue-paysage « La langue c’est le pays que j’habite » »
12h Florian PRÉCLAIRE (THALIM) – « Le corps retrouvé de langue »
Discussion
12h45 Déjeuner
14h Catherine RANNOUX (Université de Poitiers) – « « on » dans l’écriture de Marie-Hélène Lafon »
14h30 Agnès FONTVIEILLE (Université Lumière Lyon 2) – « (ne pas) faire des histoires »
Discussion et pause
15h30 Emily LOMBARDERO (Université Paris Cité) – « Histoires de fils et de pères : les noms relationnels dans les récits de Marie-Hélène Lafon »
16h Cécile LATEULE (cinéaste) – « Dansons tant qu’on n’est pas morts »
Discussion
Vendredi 24 mai
9h Dominique RABATÉ (Université Paris Cité) – « La temporalité dans les récits de Marie-Hélène Lafon »
9h30 David GALAND (Sorbonne Paris Nord) – « Le temps des “possibles abolis” : usages du conditionnel passé chez Marie-Hélène Lafon »
10h Chloé BRENDLÉ (docteure de Paris Cité) – « “Embrasser les temps”, conjurer la fin : de la variation des temps verbaux dans l’œuvre de Marie-Hélène Lafon, en particulier Les Derniers Indiens (2008) et Nos Vies (2017) »
Discussion et pause
11h Sandrine VAUDREY-LUIGI (Université de Bourgogne) – « Ce que nous dit le point-virgule de la langue de Marie-Hélène Lafon »
11h45 Entretien avec Marie-Hélène Lafon
12h45 Déjeuner
14h Stella PINOT (Université Aix-Marseille), « Traces d’oralité. La langue parlée de Marie-Hélène Lafon »
14h30 Cécile NARJOUX (Université Paris Cité) – « Non-coïncidences du dire dans Les Pays et Les Sources »
Discussion et pause
15h30 Bérengère MORICHEAU-AIRAUD (Université de Pau) – « La traversée des discours représentés dans Les Pays »
16h Claire STOLZ (Sorbonne Université) – « Discours rapportés et représentation des régionalismes cantalous chez Marie-Hélène Lafon »
Discussion & mot de clôture
Informations pratiques
Université Paris Cité – Campus des Grands Moulins Arrêt Bibliothèque François Mitterrand (RER C ou Métro Ligne 14)
Esplanade Pierre Vidal-Naquet Campus des Grands Moulins Bâtiment C 6ème étage Salle Pierre Albouy (695)
Une trentaine d’années après La Lecture pragmatique (Hachette, 1990), Anna Jaubert prolonge sa réflexion dans un livre au style brillant mettant à l’honneur une notion qui a récemment gagné en visibilité dans le domaine des études littéraires et linguistiques : la stylisation. Mobilisée par un autre stylisticien de la même Université Côte d’Azur, Ilias Yocaris (Style et semiosis littéraire, Garnier, 2016), elle est également au cœur d’une étude plus circonscrite, La Parole stylisée. Étude énonciative du discours indirect libre de Jean-Daniel Gollut et Joël Zufferey (Lambert-Lucas, 2021). Le terme n’est pas pris ici dans son sens propre de schématisation, si ce n’est ponctuellement, mais dans celui de « processus » qui confère une valeur à un discours, pour substituer une vision dynamique à la vision traditionnellement statique du style. L’ouverture théorique d’une vingtaine de pages présente l’idée directrice, « l’appropriation de la langue déclenche le mouvement de la stylisation » (p. 152), la démarche théorique visant à élever le coefficient scientifique de l’analyse stylistique. Soigneusement structuré, l’ouvrage comporte trois parties, une riche bibliographie, un index des noms et un index des notions.
La première partie (p. 19-74), intitulée « Le cadre d’un processus », présente le point de vue génétique qui préside à la démarche : le style y est abordé « dans la dynamique de sa construction, comme une valeur qui advient au discours par degrés » (p. 17), démarche inspirée par la pensée du linguiste Gustave Guillaume et son concept de « temps opératif ». Pour décrire ce processus d’« appropriation de la langue », c’est-à-dire son actualisation en discours par un sujet en situation, Anna Jaubert reprend son schéma de la « diagonale du style » (2007) qui décrit le parcours entre le pôle universalisant de la langue et le pôle particularisant du discours, déterminant les « états du style ». Dans un second temps, dans la lignée des travaux de Jean-Michel Adam, l’auteure présente l’importance de la « médiation des genres » à partir du constat que « le style se donne comme un ensemble de traits appropriés à un projet communicationnel », inscrits « dans les modèles stabilisés de genres plus ou moins dédiés, avec des formes prévisibles » (p. 46) qui déterminent à la fois des choix énonciatifs et des modes d’organisation. Elle montre que les genres de discours, « profileurs de style » (p. 41), « représentent un point de bascule […] entre la qualification et la requalification des moyens expressifs » (p. 55) en valeurs. La médiation du genre conditionne la stylisation et de ce fait atténue le sentiment d’individuation. Anna Jaubert distingue deux niveaux de conditionnement (p. 62) donnant lieu à deux « formats de généricité » (p. 73) : au premier niveau, les genres premiers qualifient un style approprié au projet communicationnel ; au second niveau, la requalification (ou surqualification, ou stylisation seconde) tient à la dimension esthétique et réflexive des formes qui caractérise les genres littéraires (ou genres seconds), ce que l’auteure illustre à partir d’extraits de théâtre qui transposent le genre de la conversation et reconditionnent ses codes.
Dans la deuxième partie (p. 75-155), « Des lieux d’émergence », le propos se centre sur deux postes d’analyse, les figures et la phrase, considérés comme « les points sensibles de la stylisation ». Ils permettent d’observer « les variations stylisantes » qui opèrent « la signifiance augmentée » (p. 79). La figuralité fait d’abord l’objet d’une reconception à l’aune de la « problématisation énonciative » (p. 80) : « […] la perception des figures repose sur ce parti pris énonciatif de non-coïncidence entre le dire et le dit. Cette non-coïncidence relève d’une traversée énonciative biaisée qui, perdant en immédiateté, s’allonge, gagne de l’épaisseur opérative, et devient visible pour elle-même » (p. 83). Les concepts qui fondent le point de vue d’Anna Jaubert sont le dialogisme interne des figures et l’énonciation clivée (p. 84). Elle examine ensuite quelques figures (oxymore, euphémisme, litote, hyperbole), évoque l’humour et l’ironie, en soulignant le rôle des figures dans la cohérence textuelle. Dans un second temps, l’auteure s’intéresse à la limite de rendement, à « la maximalisation d’une construction grammaticale » (p. 102), l’apposition, puis à la textualisation des temps dans la narration. Le second volet de la deuxième partie porte sur la phrase, point névralgique du style – comme l’indiquait Georges Molinié dans ses Éléments de stylistique française (P.U.F., 1986) –, et par conséquent sur le statut stylistique de la syntaxe, du point de vue particularisant du style d’auteur. En premier lieu, partant du statut de la phrase dans l’évolution de la conscience linguistique, sont rappelés les rapports historiques entre syntaxe et style. Le propos traite ensuite de l’organisation énonciativo-syntaxique de la phrase littéraire et de ses « modelages subjectivants » : la phrase exclamative au XVIIIe siècle, les parenthèses dans l’œuvre de Proust, la syntaxe distendue d’Albert Cohen. La dernière section propose des analyses de la phrase longue dans les écritures de la post-modernité, à travers les exemples de Claude Simon et Jean Rouaud, montrant que la création littéraire s’appuie sur la problématicité de la notion de phrase en linguistique.
Le parcours se termine par une ample troisième partie (p. 157-252) qui confronte de manière convaincante trois notions connexes à celle de style : l’idiolecte, l’ethos et la littérarité. L’idiolecte et le style « ont en commun la référence à une singularité langagière » (p. 186), leur différence réside dans le fait que l’idiolecte est spontané et non réflexif, tandis que le style est travaillé et adapté à un projet, et enrichi d’une valeur esthétique (p. 187). Seconde notion examinée, l’ethos discursif – dans la lignée des travaux de Ruth Amossy – renvoie à l’incorporation du locuteur. L’ethos de l’orateur, qui est l’image projetée par le discours pour gagner la faveur de l’auditoire, s’appuie sur un style à la fois « classant et particularisant » (p. 191), c’est-à-dire marqueur d’une condition sociale et révélateur d’une personnalité. Les deux notions ont en commun de participer « en profondeur à la relativisation de la singularité » (p. 218), mais l’ethos semble davantage déterminé par un ancrage socio-culturel et historique. En dernier lieu, ce sont les liens entre style et littérarité, autour de la notion de décalage pragmatique, qui sont examinés. Le style littéraire apparaît « comme le stade le plus accompli de la stylisation » (p. 221). Anna Jaubert s’interroge de manière toujours plus approfondie sur les facteurs de sa littérarisation, du « déclenchement de sa requalification formelle, source de la stylisation indéfectiblement attachée à cette migration de statut » (p. 222). Par-delà les époques, les genres et les formes multiples, elle recherche « des caractéristiques constantes » de la littérarité, proposant de nouveaux « stylèmes de littérarité générale » (Georges Molinié). Selon Anna Jaubert, au plus haut niveau de généralité, les deux caractéristiques sont « un élargissement de notre rapport au sens, et une visée esthétique » (p. 222) : « Le premier ajoute à la qualité sémantique du discours une qualité sémiotique, la seconde est comptable de son artistisation, et les deux se fondent dans une perception globale de la valeur style » (p. 223). Le parcours est jalonné d’une réflexion sur la continuité entre le discours ordinaire et le discours littéraire, et sur la distinction, très clairement démontrée, entre les belles-lettres – la littérarité d’ancien régime – et la littérature : « Alors que les belles-lettres cultivent une pratique exemplaire de la langue commune, sa norme haute, la littérature pour sa part cultive une langue pétrie de spécificités […] » (p. 236). La littérarité obéit en effet à une « logique de l’ostension » (p. 250) manifestée par des surmarquages stylistiques : « La stylisation revêt alors son sens concret d’épuration des formes réelles, de choix qui révèle leur essence et leur confère une représentation typifiante » (p. 251). Le décalage pragmatique dans la visée du discours tient au fait que « la stylisation […] tire la requalification des formes sollicitées de leur surqualification » (p. 251). Il y aurait donc une « hiérarchie entre style et littérarité » : « le style précède la littérarité et la constitue » (p. 251).
La conclusion générale prône une « conception unifiée du style » (p. 253) comme parcours dynamique au terme duquel la stylisation la plus accomplie est celle où s’impose l’effet esthétique. L’un des points forts du livre est de proposer de nombreux exemples – issus en partie des précédents travaux de l’auteure et de ceux des spécialistes du domaine –, empruntés à des genres et à des époques diverses, de l’âge classique à la période contemporaine. De plus, conformément à la « perspective continuiste » (p. 50) adoptée, entre les genres de discours ordinaire et les genres littéraires, l’étude comporte des incursions du côté du discours ordinaire, du discours politique, de la bande dessinée, du cinéma et des humoristes. Mettant la théorie au cœur de la pratique, cet ouvrage quelquefois dense offre de nombreuses reformulations qui permettent de comprendre et de suivre aisément le propos. Des mises au point linguistiques (par exemple les valeurs des temps verbaux p. 104-105) et de subtiles analyses textuelles rendent ce livre tout à fait indiqué tant pour les spécialistes du style et de la stylistique que pour les étudiants avancés.
La revue Sociopoétiques (http://revues-msh.uca.fr/sociopoetiques) lance un appel à articles pour la rubrique varia de ses neuvième et dixième numéro, à paraître respectivement à l’automne 2024 et 2025.
Les propositions d’articles doivent être adressées, avant le 30 mars 2024 pour une parution en 2024, à Alain Montandon (Alain.MONTANDON@uca.fr), accompagnés d’une notice bio-bibliographique rédigée sur un document séparé.
Le comité de rédaction de la revue attire l’attention des contributeurs sur le fait que ces derniers devront veiller à bien inscrire leur texte dans la perspective sociopoétique, qui constitue la ligne éditoriale de notre revue.
Il s’agira en effet d’analyser la manière dont les représentations et l’imaginaire social informent le texte dans son écriture même. Nous renvoyons pour une définition plus approfondie à l’article définissant la sociopoétique paru dans le premier numéro de notre revue : http://revues-msh.uca.fr/sociopoetiques/index.php?id=640
Responsable : Adrien Peuple & Inji Hwang Url : http://www.crp19.org Adresse : Paris, Maison de la Recherche de l’université Paris 3 – Sorbonne nouvelle, 4 rue des Irlandais, 75005 Paris
Date de tombée : 30 Avril 2024
Résumé
Depuis plusieurs années, les « Lectures du CRP19 (centre de recherche sur les poétiques du XIXe siècle) », organisées par les doctorantes et les doctorants du Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle, s’intéressent aux œuvres méconnues d’auteur·rice·s consacré.e.s. La dixième édition propose cette année de redécouvrir Delphine (1802) de Germaine de Staël.
Argumentaire
Depuis plusieurs années, les « Lectures du CRP19 », organisées par les doctorantes et les doctorants du Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle, laboratoire rattaché à l’ED 120 de l’Université Sorbonne Nouvelle, s’intéressent aux œuvres méconnues d’auteur·rice·s consacré·e·s. La dixième édition propose cette année de redécouvrir Delphine (1802) de Germaine de Staël.
Delphine (1802) occupe une place primordiale dans la carrière littéraire de Germaine de Staël. Après avoir rédigé des essais politiques et littéraires, Staël s’engage résolument dans le roman[1]. Cette transition traduit une volonté d’expérimenter ses théories sur la fiction, énoncées dans son Essai sur les fictions (1795) puis dans De la littérature (1800), qui promeuvent tous deux un roman moderne. « Après avoir prouvé que j’avais l’esprit sérieux, il faut, s’il se peut, tâcher de le faire oublier, et populariser sa réputation auprès des femmes[2] », écrit-elle à Carl Gustaf von Brinkman, le 27 avril 1800. À peine De la littérature vient-il d’être édité que Staël se met aussitôt à composer un roman. C’est dire que la rédaction de Delphine est engagée dans la continuité de son essai littéraire et que si Staël s’aventure dans la carrière soi-disant féminine du roman, elle cherche à le révolutionner.
La littérature, face aux désastres de la « Terreur » et de ses rouages démagogiques, ne peut être indifférente à la réalité sociale. D’après Lucia Omacini, la plupart des romans épistolaires produits entre 1790-1830 font fi de l’actualité révolutionnaire[3]. Or, la trame épistolaire du roman de Staël prend à bras le corps la réalité de la Révolution. À travers les questions éthiques, mises en lien avec le politique, que soulèvent le roman, Delphine est un véritable brûlot libéral qui fait sensation lors de sa publication.
Ce roman est un succès commercial, puisqu’aux dires du journaliste Pierre‑Louis Roederer les Parisiens délaissent les spectacles et les cérémonies religieuses pour dévorer ce chef‑d’œuvre[4], qui suscite cependant de nombreuses controverses. Beaucoup de détracteurs reprochent à Staël son geste subversif, celui de contrer les conciliations idéologiques en cours entre césarisme montant et réaction religieuse. Le Journal des débats fustige Delphine comme un roman « dangereux » qui non seulement « calomnie la religion catholique » mais en plus véhicule des « principes » « très anti-sociaux »[5]. Ce roman est controversé d’autant plus qu’il soulève les questions propres à la condition féminine.
Depuis quelques années le roman Delphine connaît un regain d’intérêt. Lors du bicentenaire de la mort de Staël, Delphine a connu deux rééditions importantes, celles de Catriona Seth pour la Bibliothèque de la Pléiade et d’Aurélie Foglia pour la collection « Folio classique ». Les recherches récentes de Stéphanie Genand ont remis en valeur la notoriété de ce roman[6]. Ainsi cet intérêt justifie-t-il à ce titre de rouvrir le dossier Delphine.
Pour mieux cerner les enjeux de Delphine et creuser de nouvelles perspectives, la journée d’étude pourrait privilégier les approches suivantes :
Approche génétique et générique
– Il serait intéressant de partir des brouillons et des ébauches du roman Delphine, publiés dans la précieuse édition de Lucia Omacini et de Simone Balayé chez Droz[7], pour évaluer les différences esthétiques et poétiques qui apparaissent entre l’esquisse romanesque et l’œuvre finale.
– L’approche génétique pourrait aussi se focaliser sur la préface et la postface de Staël qui encadrent le récit et orientent la lecture.
– Nous pourrions nous demander à quels genres littéraires le roman emprunte ses codes poétiques. Bien que le roman reprenne les poncifs du roman sentimental, en quoi les détourne-t-il ou les renouvelle-t-il ?
– Cette approche générique et génétique pourrait également s’intéresser aux intertextes du roman : par exemple en interrogeant le dialogue critique que Staël établit entre son roman et La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. On pourra plus généralement s’interroger sur le dialogue avec d’autres auteur.e.s (Goethe, Charrière…).
Approche poétique et esthétique
– Alors que Les Liaisons dangereuses marquent un apogée du roman épistolaire en 1782, nous pourrions comparer les stratégies poétiques mises en place dans Delphine ainsi que dans d’autres romans épistolaires contemporains, à l’instar d’Aline et Valcour (1793) de Sade ou d’Aldomen (1794) et d’Oberman (1804) de Senancour.
– Si Isabelle Guillot s’est chargé d’analyser la fonction du portrait et des peintures au sein de la trame narrative de Delphine[8], nous pourrions ouvrir de nouvelles perspectives en nous intéressant à la place stratégique des dialogues, véritables scènes herméneutiques et heuristiques dans lesquelles les personnages sont poussés dans leur retranchement. On pourra aussi observer comment Staël module la forme romanesque.
– Le roman se situe dans la transition complexe du ‘moment 1800’. Nous pourrions nous demander en quoi le roman établit un bilan critique des Lumières, mais aussi quelle serait son identité « romantique ».
– Nous pourrions aussi interroger le rapport entre « Histoire » et « histoire » et mieux interroger l’écriture paradoxalement politique de cette œuvre. Quelle écriture de l’Histoire Staël définit-elle à travers la fiction ?
– Une réflexion sur la notion du « tragique » serait tout autant la bienvenue du fait que le canevas de ce roman épistolaire repose sur le rapport impossible et retardé entre Léonce et Delphine. D’ailleurs Staël n’écrit-elle pas à Adèle Pastoret « [qu’] [elle] cherche des sujets de tragédie[9] » pour composer son roman ?
Approche thématique
– Nombreux sont les thèmes qui cristallisent les enjeux du roman comme la « mélancolie » ou « l’enthousiasme ». La notion de « pitié » aussi revient de manière constante et s’impose comme point cardinal de l’éthique staëlienne. Par ailleurs, la question de « l’opinion » est centrale.
– De même, la question religieuse est à creuser. Le roman déprécie le catholicisme à travers la dévotion fanatique de Matilde. En revanche, le protestantisme se présente sous de meilleurs auspices. Mais ce binarisme n’est-il pas à nuancer d’autant plus que Delphine ne professe aucun culte et se prononce en faveur du déisme ?
– Stéphanie Genand a récemment publié un essai Sympathie de la nuit dans lequel elle explique le thème de la folie à travers trois nouvelles de jeunesse de Staël[10]. Qu’en est-il dans Delphine, où les « fureurs » et « délires » se multiplient ?
– Delphine contribue à nourrir par le biais de la fiction les pensées de Staël au sujet de la mélancolie et de l’exil.
Approche philosophique et sociologique
– Alors que les études anglophones se sont focalisées sur la représentation du féminin dans le corpus staëlien, les études françaises ont privilégié de leurs côtés la représentation du masculin. A l’heure des gender studies, il serait intéressant à présent de réfléchir sur le rapport des sexes et de s’interroger sur la définition et la représentation du genre à travers l’écriture féminine et masculine des épistolaires.
– Dans sa préface à l’édition « Folio classique », Aurélie Foglia suggère que le travail romanesque s’apparente à une enquête « proto-sociologique[11] » à travers l’analyse de la condition féminine. Une perspective sociologique et ethnologique serait aussi envisageable quant à la représentation de l’aristocratie, aussi bien celle de la France que celle de l’Espagne.
Approche linguistique
– Alors qu’Éric Bordas a démontré une stylistique de la monodie dans le roman Corinne ou l’Italie[12], il semble que cette perspective manque dans la réception critique de Delphine, même si Frank Bellucci observe une « stylistique de la douleur[13] ».
Modalités de soumission
Les propositions de communication comprenant un résumé de 250 à 500 mots ainsi qu’une courte biobibliographie sont à envoyer à l’adresse suivante :
adrien.peuple@sorbonne-nouvelle.fr
inji.hwang@sorbonne-nouvelle.fr
avant le mardi 30 avril 2024
Elles seront évaluées par le comité scientifique.
Informations utiles
La journée d’étude se tiendra le samedi 21 septembre 2024 à la Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais.
La prise en charge des frais de transport n’est pour le moment pas assurée.
Comité scientifique
Aurélie Foglia
Stéphanie Genand
Florence Lotterie
Jean-Marie Roulin
Comité d’organisation
Inji Hwang
Adrien Peuple
Bibliographie
Balaye, Simone, « Les gestes de la dissimulation dans Delphine », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, t. XXVI, mai 1974, p. 182-202 ;
Balaye, Simone, « Delphine de Madame de Staël et la presse sous le Consulat », Romantisme, t. LI, 1987, p. 39-47 ;
Balaye, Simone, « Destins d’hommes dans Delphine de Madame de Staël », in Voltaire, the Enlightenment and the Comic Mode. Essays in Honour of Jean Sareil. Ed. Maxine G. Cutler. New York / Bern / Frankfurt-am-Main / Paris, Verlag Peter Lang, 1990, p. 1-10 ;
Balaye, Simone, « Destin de femmes dans Delphine », publié dans Madame de Staël : écrire, lutter, vivre, Genève Paris, Droz, 1994, p. 61-76 ;
Balaye, Simone, « Delphine, roman des Lumières : pour une lecture politique », publié dans Madame de Staël : écrire, lutter, vivre, Genève Paris, Droz, 1994,pp. 185-198 ;
Bellucci, Franck, « Les maux du corps et de l’âme dans Delphine », publié dans Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 75-86 ;
Brousteau, Anne, « Delphine de Mme de Staël : une esthétique romanesque de la sympathie », publié dans Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 87-96 ;
Castagnès Gilles, « ‟ Delphine ” de Mme de Staël, ou la quête du malheur », dans Revue d’Histoire littéraire de la France, n° 1, 2013, p. 71-86 ;
Dubeau, Catherine, La Lettre et la mère. Roman familial et écriture de la passion chez Suzanne Necker et Germaine de Staël, Paris, Hermann, 2013 ;
Garry-Boussel, Claire, Statut et fonction du personnage masculin chez Madame de Staël, Paris, Champion, 2002 ;
Genand, Stéphanie, « ‘‘N’ai-je pas aussi mon délire ?’’ : troubles du masculin dans Delphine (1802) de Madame de Staël », dans Masculinités en révolution de Rousseau à Balzac, [sous la direction de Daniel Maira et Jean-Marie Roulin], Saint-Etienne, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2013, p. 217-226 ;
Genand, Stéphanie, La Chambre noire. Germaine de Staël et la pensée du négatif, Genève, Droz, 2016 ;
Genand, Stéphanie, « Delphine ou les malheurs de la vertu : une lecture paradoxale de Germaine de Staël », L’Atelier des idées. Pour Michel Delon, sous la direction de Jacques Berchtold et de Pierre Frantz, Paris, PUPS, 2017, p. 475-485 ;
Genand, Stéphanie, Sympathie de la nuit, Paris, Flammarion, 2022 ;
Genand, Stéphanie, « Féminités scandaleuses. Delphine de Germaine de Staël et Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir », Savoirs en lien [En ligne], 1 | 2022, publié le 15 décembre 2022 et consulté le 09 novembre 2023 ;
Gengembre, Gérard, « Delphine, ou la Révolution française : un roman du divorce », publié dans Cahiers staëlien, n° 56, 2005, p. 105-112 ;
Goldzink, Jean, « Delphine ou la Révolution française », Dictionnaire des œuvres littéraires de langue française, Paris, Bordas, t. II, 1994 ;
Guillot, Isabelle, « Portraits et tableaux dans Delphine », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 97-103 ;
Gutwirth, Madelyn, Madame de Staël, novelist : the Emergence of the Artist as a Woman, University of Illinois Press, 1978 ;
Higonnet, Margaret, « Delphine d’une guerre civile à l’autre », Annales Benjamin Constant, n° 8-9, 1988, p. 211-224 ;
Lotterie, Florence, « Une revanche de la ‶femme-auteur″ » ? Madame de Staël disciple de Rousseau », publié dans Romantisme, 2003, n° 122, pp. 19-31 ;
Lotterie, Florence, « Madame de Staël. La littérature comme ‶philosophie sensible″ », publié dans Romantisme, 2004, n° 124, pp. 19-30 ;
Lotterie, Florence, « Un aspect de la réception de Delphine : la figure polémique de la ‘femme philosophe’« , Cahiers staëliens, n° 57, 2006, p. 119-135 ;
Lotterie, Florence, Le Genre des Lumières. Femme et philosophe au XVIIIe siècle, Paris, Garnier, 2013 ;
Louichon, Brigitte, « Lieux et discours dans Delphine », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 53-63 ;
Mauzi, Robert, L’idée du bonheur dans la littérature et la pensée française au XVIIIe, Genève, Slatkine, 1979, réed. Albin Michel, 1994 ;
Omacini, Lucia, « Delphine et la tradition du roman épistolaire », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 15-24 ;
Omacini, Lucia, « ‘Il n’y aura pas un mot de politique.’ Madame de Staël et la tradition du roman de femmes », dans La Tradition des romans de femmes XVIIIe-XIXe siècles, textes réunis et présentés par Catherine Mariette-Clot et Damien Zanone, Paris, Honoré Champion, 2012, pp. 241-251 ;
Ozouf, Mona, Les Aveux du roman : le XIXe siècle entre Ancien Régime et Révolution [2001], Paris, Gallimard, Collection Tel, 2004 ;
Poirier, Blandine, « Le roman rose face aux passions noires : Delphine de Germaine de Staël », dans Roman rose, roman noir [en ligne], sous la direction de Stéphane Lojkine, XXXIe colloque international de la SATOR (Société d’analyse de la topique romanesque) – Aix-en-Provence et Saumane, 23-25 mars 2017 ;
Rivara Annie, « Contre-romanesque et hyper-romanesque dans les quatorze première lettres de Delphine », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 39-51 ;
Szabo, Anne, « Aspects et fonctions du temps dans Delphine », Le groupe de Coppet et la Révolution française, Lausanne, Annales Benjamin Constant, Paris, Jean Touzot, 1988 ;
Szmurlo, Karyna, Germaine de Staël : Crossing the Borders, New Brunswick (NJ), Rutgers University Press, 1991 ;
Vallois, Marie-Claire, Fictions féminines, Madame de Staël et les voix de la Sibylle, Stanford, Stanford University Press Press, 1987 ;
Vanoflen, Laurence, « De Caliste à Delphine, et retour ? Victoire. Individu et société dans les romans d’Isabelle de Charrière et de Germaine de Staël », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 25-38 ;
Zanone, Damien, « Romanesque et mélancolie : l’imminence du romantisme dans Delphine », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 66-73 ;
Zanone, Damien, « Être femme dans Delphine de Germaine de Staël, ou le roman contre la maxime », publié dans Simples vies de femmes. Etudes réunies par Sylvie Thorel, Paris, Honoré Champion, 2017, pp. 109-114.
Notes
[1] Staël a d’abord exploré les territoires de la fiction par le biais de ses nouvelles de jeunesse.
[2] CG IV-I, p. 230.
[3] Lucia Omacini, « Delphine et la tradition du roman épistolaire », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 20.
[4] Charlotte Julia Blennerhassett, Madame de Staël et son temps, trad. par Auguste Dietrich, Paris, Louis Westhausser, 1890, 3 vol. , t. II, p. 500.
[5] Cité par Michel Winock, Madame de Staël, Paris, Fayard, 2010, p. 235.
[6] Voir bibliographie ci-dessous.
[7] Madame de Staël, Delphine, t. II : L’Avant-texte : contribution à une étude critique génétique, Genève, Droz, 1990.
[8] Voir Isabelle Guillot, « Portraits et tableaux dans Delphine », Cahiers staëliens, n° 56, 2005, p. 97-103.
[9] CG IV-I, p. 322.
[10] Stéphanie Genand, Sympathie de la nuit, Paris, Flammarion, 2022.
[11] Aurélie Foglia, « Préface », dans Delphine, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », 2017, p. 22.
[12] Éric Bordas, « Les Discours de Corinne : Stylistique d’une monodie », publié dans L’Eclat et le silence : « Corinne ou l’Italie » de Madame de Staël [sous la direction de Simone Balayé], Paris : Honoré Champion, 1999, p. 161-205.
[13] Franck Bellucci, « Les maux du corps et de l’âme dans Delphine », Cahiers staëliens, n° 57, 2005, p. 82 : « Mme de Staël met à l’œuvre une véritable poétique de la douleur. Une considération stylistique détaillée du roman prouverait l’ambition formelle de l’auteur qui cherche à rendre perceptible, presque palpable, la souffrance de ses héros […]. »
Sources
« Delphine de Germaine de Staël », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 12 février 2024, https://doi.org/10.58079/vsxv
Les Cahiers de Littérature Orale, revue française de référence dans ce champ de recherche, lance un appel à contributions pour un numéro portant sur le slam, qui vise à explorer les évolutions de ce genre. Il s’agit de dessiner les diverses formes que le slam adopte à travers le monde, s’ancrant dans des espaces culturels et s’hybridant avec des traditions orales qui lui préexistent. Dans la perspective de ce volume, nous encourageons une approche internationale et interdisciplinaire croisant les voix de chercheurs·ses en anthropologie, stylistique, linguistique et sociolinguistique, ethnomusicologie et cantologie, littérature, arts et histoire.
Argumentaire
Si « ce que slamer veut dire » a pu être exploré ces dernières années, dans le champ des études de performances, de l’anthropologie et de la cantologie, le slam a engendré un retour en force – la force du Dire – de l’oralité poétique dans nos sociétés contemporaines. Avec une bonne quarantaine d’années de recul depuis la naissance du concept de slamming à Chicago dans les années 1980 et dans la lignée de travaux princeps sur ce phénomène (Gregory, 2008 ; Sommers-Willet, 2009 ; Johnson, 2010 ; Willrich, 2010 ; Vorger, dès 2011), le propos de ce numéro des Cahiers de littérature orale vise à explorer les évolutions de ce genre. Il s’agit de dessiner les diverses formes que le slam adopte à travers le monde, s’ancrant dans des espaces culturels et s’hybridant avec des traditions orales qui lui préexistent.
Des recherches mettent en lumière la façon dont cet art de la confluence fait écho à des traditions orales aussi variées que la cantoria au Brésil (Sousa & Kunz, 2021), le zajal au Liban (Félix, 2009), le kabary malgache (Wells, 2018), le fonnkèr à La Réunion (Glâtre, 2022), les griots en Afrique de l’ouest (Bertho & Bornand, 2020), les Nuits de la poésie au Québec (Brissette & Straw, 2015 ; Fraisse, 2013 ; Paré, 2015), sans oublier la tradition des Hydropathes et des Cabarets en France (Bobillot & Vorger, 2015). Nous aimerions que ce numéro poursuive cette exploration en mettant en lumière ces agencements dans des territoires variés.
Tout d’abord, s’agissant de ses modalités de performance (Bauman, 1975), nous souhaitons interroger la manière dont le slam s’est affirmé et singularisé. Dans quelle mesure adopte-t-il la forme tournoi ou s’en distancie-t-il pour prendre la forme de scènes ouvertes au sein desquelles chacun·e a voix au chapitre, dans la francophonie et ailleurs ? Quels espaces investit-il ? Nous attacherons un intérêt tout particulier aux tentatives d’historicisation du slam, depuis ses origines jusqu’à ses dispositifs actuels à travers le monde.
Nous attendons également des réflexions sur la musicalité du slam. En quoi renouvelle-t-il les traditions de poésie orale en remontant jusqu’à la comptine « Am slam gram » dont la figure nodale (l’anadiplose) est fréquemment réinvestie dans le slam et la chanson ? Quelle place prend le rythme (Simon, 2020), dans la performance orale mais aussi dès la genèse ? L’improvisation intervient-elle dans le processus créatif et l’oralisation ? Que se passe-t-il lors de la mise en musique sur scène, voire lorsqu’il donne lieu à une production discographique ?
Quid des ateliers auxquels il donne lieu ? Comment articulent-ils littératie et oralité (Gendron, 2019) ? Quels objectifs autorisent-ils ? Quels apprentissages favorisent-ils (Émery-Bruneau & Brunel, 2016 ; Géas et al., 2021) ? En quoi peuvent-ils représenter un espace propice à l’éclosion d’une créativité plurilingue et multimodale ? Le slam participe-t-il d’une logique du care (Lempen, 2016), et d’une herméneutique interculturelle (Williamson, 2015) ? Les comptes-rendus d’expériences d’ateliers pourront ainsi faire sens, de même que les entretiens qui apporteront un éclairage nouveau sur ces arts de la parole.
Enfin, des éclairages sur la dimension politique de l’invention du slam seraient bienvenus. Comment le slam peut-il, selon sa vocation initiale, donner voix aux sans-voix, en se faisant art de la résistance (Scott, 2019) ? Les minorités culturelles s’approprient-elles ce genre (Johnson, 2010 ; Noël, 2014 ; Puzon, 2021 ; Le Lay, 2022) ou au contraire s’en défient-elles ? Est-ce un outil privilégié pour rendre publique la parole des femmes (Vorger, 2019 ; De Bruijn & Udenhoijsen, 2021) ? Quelles passerelles le slam génère-il entre arts académiques et populaires ?
Dans la perspective de ce volume, nous encourageons une approche internationale et interdisciplinaire croisant les voix de chercheurs·ses en anthropologie, stylistique, linguistique et sociolinguistique, ethnomusicologie et cantologie, littérature, arts et histoire.
Calendrier et procédures
Les articles pourront être rédigés en français ou en anglais. Les propositions (comportant un titre et un texte de 2 000 à 3 500 signes maximum, éléments bibliographiques compris) accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique sont à adresser à : camille.vorger@unil.ch et à philippe.glatre@univ-montp3.fr avant le 15 avril 2024.
Une réponse sera signifiée aux auteurs·rices de proposition avant le 15 juin 2024.
Les articles devront parvenir sous une version aboutie avant le 15 octobre 2024 ; ils feront l’objet d’une évaluation externe par deux relecteurs, selon la procédure habituelle de la revue: https://journals.openedition.org/clo/2533. Ils devront respecter les normes établies par les Presses de l’Inalco, consultables à partir de la page « Note aux auteurs » de la revue : https://journals.openedition.org/clo/851.
La parution du numéro Am slam gram! est prévue pour 2026 (n° 99).
Processus de sélection
Chaque article reçu par la rédaction est examiné d’abord par la ou les personnes qui coordonnent le numéro, puis envoyé conjointement en lecture anonymisée à un membre du comité de rédaction et à un expert extérieur, ou à deux experts extérieurs, choisis en fonction de leur spécialité.
Coordinateurs
Camille Vorger, Maîtresse d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne – CEL.
Philippe Glâtre, ATER, Université Paul Valéry Montpellier 3 – LIRDEF.
Comité de rédaction
Ioanna Andreesco, Paris
Nicole Belmont, EHESS – LAS, Paris
Elara Bertho, CNRS – LAM, Pessac
Kathie Birat, université de Lorraine – IDEA
Sandra Bornand, CNRS – Llacan
Manon Brouillet, université de Picardie Jules-Verne
Josiane Bru, EHESS – LISST – CAS, Toulouse
Zoé Carle, université Paris 8 Vincennes Saint-Denis – Fablitt
Agnès Clerc‑Renaud, université de Guyane – LEEISA – ETHNYC
Alice Fromonteil, Aix-Marseille Université – CREDO
Micheline Lebarbier, CNRS – LACITO
Cécile Leguy, université Sorbonne Nouvelle – LACITO
Sophie Ménard, université de Montréal
Katell Morand, université Paris Nanterre – LESC – Centre de recherche en ethnomusicologie
Jean-Marie Privat, université de Lorraine – Centre de recherche sur les médiations – Praxitexte
Orientations bibliographiques
Bauman Richard, 1975, « Verbal Art as Performance », American Anthropologist, 1975, vol. 77, n° 2, p. 290‑311. https://www.jstor.org/stable/674535
Bertho Elara et Bornand Sandra, 2020, « Jhonel, une voix en lutte contre les inégalités », Cahiers de Littérature Orale, (coll. « Hors-série: Oralités contestataires »), p. 25-35. DOI : 10.4000/clo.6622
Bobillot, Jean-Pierre et Vorger Camille, 2015, « Hydroslam : pour une approche médiopoétique des poésies scéniques et sonores contemporaines ». In : Vorger, C. (éd.), Slam. Des origines aux horizons. Vénissieux/Lausanne : Éd. d’en bas/La passe du vent, p. 119-143.
Fraisse Paul, 2013, Langue, identité et oralité dans la poésie du Québec (1970-2010). Des nuits de la poésie au slam : parcours d’un engagement pour une culture québécoise., Thèse de linguistique, Université de Cergy Pontoise, 402 p. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00957943
Géas Elodie, Brau-Antony Stéphane et Grosstephan Vincent, 2021, « Le développement de l’activité d’animation d’ateliers de slam de poésie pour des lycéens préparant un concours d’éloquence », Actes de la Biennale Internationale de l’Éducation, de la Formation et des Pratiques Professionnelles : ”faire/se faire”, Paris, France, Association La Biennale et Institut Catholique de Paris. https://hal.science/hal-03491577
Gendron Catherine, 2019, « L’atelier slam comme exemple de relation d’interdépendance et de complémentarité entre l’écriture et l’oralité », Pratiques, n° 183‑184, p. 1‑16. http://journals.openedition.org/pratiques/7708
Glâtre Philippe, 2022, Hybridations entre le fonnkèr et le slam. Une négociation de savoirs dans la poésie orale réunionnaise, Thèse de doctorat en anthropologie, Université Sorbonne Nouvelle, Paris. https://hal.science/tel-03900915
Gregory Helen, 2008, « The quiet revolution of poetry slam : the sustainability of cultural capital in the light of changing artistic conventions », Ethnography and Education, vol. 3, n° 1, p. 63‑80. https://doi.org/10.1080/17457820801899116
Meschonnic Henri, 2009, Critique du rythme : anthropologie historique du langage, Lagrasse, Verdier, 732 p.
Noel Urayoan, 2014, In Visible Movement : Nuyorican Poetry from the Sixties to Slam, Iowa City, University of Iowa Press, 269 p.
Paré François, 2015, « Esthétique du Slam et de la poésie orale dans la région frontalière de Gatineau-Ottawa », Voix et Images, 2015, vol. 40, n° 2, p. 89‑103. http://id.erudit.org/iderudit/1030203ar
Puzon Katarzyna, 2021, « Germans without footnotes: Islam, belonging and poetry slam » dans Katarzyna Puzon, Sharon Macdonald et Mirjam Shatanawi (eds.), Islam and Heritage in Europe Pasts, Presents and Future Possibilities, Londres, Routledge, p. 68‑82.
Resztak Karolina, 2015, « « Am stram gram » ou à la recherche des origines de la poésie », Continents manuscrits. Génétique des textes littéraires – Afrique, Caraïbe, diaspora, n° 5. https://journals.openedition.org/coma/589
Rougier Thierry, 2008, « Actualité d’une expression traditionnelle : la cantoria. Enjeux sociospatiaux de la poésie improvisée au Brésil », Volume !, n° 6, p. 113‑122.
Scott James C., 2019, La domination et les arts de la résistance : fragments du discours subalterne, Editions Amsterdam, Paris, 426 p.
Somers-Willett Susan B. A., 2009, The cultural politics of slam poetry: race, identity, and the performance of popular verse in America, Ann Arbor, University of Michigan Press.
Souza Tiago Barbosa et Kunz Martine Suzanne, 2021, « Brazilian Cantoria and Slam: poetics of performance », Revista Brasileira de Estudos da Presença [en ligne], vol. 11, n° 2, p. 1-22. https://journals.openedition.org/rbep/1030?lang=fr
Vorger Camille, 2011, Poétique du slam : de la scène à l’école. Néologie, néostyles et créativité lexicale, Thèse de doctorat en Sciences du langage, didactique et linguistique, Université de Grenoble, 659 p. https://hal.science/tel-00746972v1
Vorger, Camille & Meizoz, Jérôme, 2015, « Postface à deux voix. Ce que slamer veut dire ». In C. Vorger (éd.), Slam. Des origines aux horizons. Vénissieux/Lausanne : Éd. d’en bas/La passe du vent, p. 263-274.
Wells Hallie, 2018, Moving Words, Managing Freedom : The Performance of Authority in Malagasy Slam Poetry, PhD thesis in Anthropology, UC Berkeley, 201 p. https://escholarship.org/uc/item/36f7m3s3
Willrich Alexander, 2010, Poetry Slam für Deutschland. Die Sprache. Die Slam-Kultur. Die mediale Präsentation. Die Chancen für den Unterricht, Lektora, Paderborn, 224 p.
Défini d’une manière générale comme une situation où deux ou plusieurs personnes ou groupes qui se disputent un avantage, un bien qui ne peut revenir qu’à un seul, le mot clé du colloque implique une idée d’antagonisme, voire de lutte, et s’enrichit de nouveaux contextes et significations lorsqu’on l’envisage dans le cadre de la recherche linguistique et littéraire.
Dans chacune de ces perspectives, il est possible d’aborder de multiples questions telles que : quel peut être l’objet de la rivalité et les adversaires qu’elle implique ? Naît-elle toujours de la concurrence ? Conduit-elle toujours à un conflit ? Exclut-elle définitivement l’influence mutuelle ? Peut-elle conduire à un compromis ?
Pour les études littéraires, le thème de la rivalité n’est ni rare ni exceptionnel, il jalonne les œuvres littéraires de toutes époques aussi bien au niveau de leurs genèse, statut ou fable, offrant plusieurs pistes de recherches :
affrontement d’écrivains, de personnages, de textes, de genres, de courants, d’époques littéraires ;
querelles et scandales littéraires ;
opposition d’idées, de goûts, de styles ;
rivalité en tant que moteur de création ;
compromis et coopération issus d’un antagonisme ;
arrivisme, carriérisme, stakhanovisme.
En linguistique, la rivalité peut être considérée aussi bien comme une unité d’analyse (sémantique, lexicale, morphologique…) que comme un mécanisme de tension ou d’opposition au sens large, impliquant différents niveaux de réflexion sur la langue. Ainsi, les propositions de communications peuvent aborder les problématiques suivantes :
le lexème rivalité et ses emplois discursifs (approche lexicométrique, sémantique, contrastive etc.) ;
le champ lexical de rivalité en français et, éventuellement, en d’autres langues ;
la rivalité entre les formes linguistiques en français (point de vue diachronique, diatopique, diaphasique, diastratique…) ;
la néologie et l’emprunt à l’anglais en français contemporain (concurrence ou synergie ?) ;
la rivalité entre les paradigmes de recherche linguistique, les approches théoriques et méthodologiques dominantes (aperçu historique et/ou synchronique).
Pour ce qui est de l’acquisition et de la didactique des langues, la rivalité peut concerner aussi bien l’affrontement entre les langues que la divergence des formes à l’intérieur d’une langue donnée. La réflexion proposée pourra ainsi s’orienter vers des questions portant sur :
le multilinguisme en tant que système de cohabitation de deux/plusieurs langues chez le même locuteur ;
l’interlangue des apprenants en tant que système intermédiaire dynamique entre la L1 et la L2 en acquisition ;
l’impact de la langue orale sur la langue écrite/ de la langue écrite sur la langue orale selon les contextes différents de l’appropriation d’une L2 ;
le français à enseigner ou les français à enseigner : la divergence entre les langues « globales » et leurs réalisations « locales » ;
les langues MoDiMEs (Moins Diffusées et Moins Enseignées) et leur (op)position par rapport aux langues dites « majeures ».
N’étant pas exhaustive, cette liste peut être librement développée et complétée par d’autres points de vue sur le problème de la rivalité en langue et en littérature. Le comité scientifique demeure ouvert à toute autre proposition de communication en lien avec le thème du colloque.
Comité scientifique
Janusz Bień (Université Catholique de Lublin Jean-Paul II)
Christophe Cusimano (Université Masaryk de Brno)
Philippe Hamon (Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III)
Georges Jacques (Université Catholique de Louvain)
Marie-Dominique Joffre (Université de Poitiers)
Greta Komur-Thilloy (UHA Mulhouse)
Anna Kucharska (Université Catholique de Lublin Jean-Paul II)
Véronique Le Ru (Université de Reims)
Anna Mańkowska (Université de Varsovie)
Claire Martinot (Université Paris Sorbonne)
Paweł Matyaszewski (Université Catholique de Lublin Jean-Paul II)
Marc Quaghebeur (Archives & Musée de la Littérature ; Association européenne des études francophones)
Sebastian Piotrowski (Université Catholique de Lublin Jean-Paul II)
Dorota Śliwa (Université Catholique de Lublin Jean-Paul II)
Marzena Watorek (Université Paris 8)
Witold Wołowski (Université Catholique de Lublin Jean-Paul II)
Comité d’organisation
Jakub Duralak
Nina Klekot
Edyta Kociubińska
Aleksandra Krauze-Kołodziej
Paulina Mazurkiewicz
Aleksandra Murat-Bednarz
Judyta Niedokos (présidente)
Urszula Paprocka-Piotrowska
Stanisław Świtlik (secrétaire)
Katarzyna Wołowska
Modalités de participation
La langue de la conférence sera le français.
Les propositions de communication (300 mots maximum) sont à soumettre au plus tard le 31 mars 2024. Merci de les envoyer à l’adresse : rivalite2024@kul.pl
L’annonce de l’acceptation de la proposition se fera fin avril 2024.
Les frais d’inscription (à payer après la décision positive du comité scientifique) sont de 600 zlotys (130 euros pour les virements internationaux) et incluent :
les pauses café,
le dîner de gala,
la publication (après l’évaluation positive du comité de rédaction).
Le programme définitif sera communiqué en octobre 2024.
« J’aime mieux cette même Mme de Sévigné qui me dit dans une de ces lettres charmantes : « Je vous rapporterais là-dessus un beau vers du Tasse si je m’en souvenais » ; je l’aime mieux, dis-je, que celui qui, à cette occasion, m’en eût débité deux ou trois stances ».
Dans la continuité de l’ouvrage de Philipon, Bescherelle reprend ce conseil, illustrant cette fois-ci son propos avec l’exemple d’une grande épistolière du siècle suivant, Mme du Deffand qui n’utilise pas de citation afin de plaire à son correspondant, Horace Walpole, dont elle est passionnément amoureuse : « Je serais bien tentée de vous faire une citation de Quinault, mais vous me gronderiez et je ne me permettrai plus rien qui puisse vous fâcher et jamais, jamais, je ne vous écrirai un mot qui puisse vous forcer à me causer du chagrin par vos réponses. J’aime mieux étouffer toutes mes pensées ».
À partir de ces deux exemples, nous pourrions hâtivement conclure que les épistolières et les épistoliers de l’Ancien Régime doivent abandonner leurs lectures et leurs auteurs préférés afin de ne pas importuner leur correspondant, suivant la règle que Philipon résume en une formule elliptique qui nous invite à mettre en concurrence deux pratiques, d’un côté la lecture des livres considérée comme une ouverture sur le monde extérieur et de l’autre, l’écriture des lettres communément envisagées comme des ego-documents : « Dans une lettre soyez vous, et non autrui » : la lettre « doit m’ouvrir votre âme, et non votre bibliothèque ».
Tandis que de nombreuses études ont envisagé les correspondances comme les archives de la création en s’intéressant notamment aux confidences et commentaires que les écrivains font dans leurs lettres sur leurs œuvres, nous retiendrons exclusivement les lectures d’œuvres que les épistoliers, souvent des auteurs, n’ont pas eux-mêmes écrites et publiées.
Partant alors du constat de la méfiance affichée des théoriciens du genre épistolaire pour l’insertion de citations dans les lettres, il ne semble pas surprenant, au premier abord, qu’aucune étude, à ce jour n’ait été entièrement consacrée aux interactions entre l’activité d’écriture des lettres familières et l’activité de lecture. Ce manque est d’autant plus regrettable que l’étude du va-et-vient entre la lecture et le dialogue épistolaire offre un angle fort stimulant pour les spécialistes qui s’intéressent au genre épistolaire et à la littérarité de la lettre.
Du côté des nombreux chercheurs qui ont consacré des travaux à la pratique de la lecture, à son évolution dans le temps et à la place qu’elle occupe dans notre vie quotidienne et tout au long de notre existence, force est de constater pourtant les références opportunes à de multiples correspondances.
Parmi ces travaux, l’ouvrage de Marielle Macé, publié en 2011 et intitulé Façons de lire, manières d’être, occupe une place de premier plan. Dans son essai, Marielle Macé fait notamment référence aux lettres de Marcel Proust, de Gustave Flaubert, de Jean-Paul Sartre ou bien de Roland Barthes, suggérant le lien intime qui unit la pratique de la lecture et la pratique de l’écriture épistolaire dans le parcours de vie d’un individu : « Affirmer que l’on ne quitte pas sa vie en lisant, mais que ce qui se passe dans la lecture a un avenir sur cette vie : on y essaie des pensées, des façons de dire et de se rapporter aux autres, des manières de percevoir, on module son propre accès au monde, on tente d’autres liens, d’autres gestes, d’autres rythmes, d’autres communautés… » ; les correspondances ne constituent-elles pas l’espace où se déploient ces « pensées », ces « façons de dire » et d’être au monde ?
Grâce au dialogue épistolaire, la solitude du lecteur se brise et la lecture, silencieuse, devient bavarde. Il s’agira ainsi d’envisager les correspondances familières comme le lieu d’expression privilégiée de « l’aptitude du lecteur », pour reprendre les termes de Marielle Macé « à prolonger un style littéraire dans la vie (à se guider grâce à lui, contre lui ou malgré lui, dans les situations du monde sensible vers lequel la lecture le reconduit forcément) » en explorant le va-et-vient entre la lecture des livres et l’écriture des lettres selon les trois axes qui suivent.
Nous espérons que la mise en commun des réponses apportées à l’ensemble de ces questions lors des séances du séminaire apportera des éléments décisifs afin de mieux saisir ce qui fonde la littérarité de la lettre que nous proposons d’envisager comme « le texte du lecteur ».
Nous prévoyons de publier dans un recueil collectif, à la fin du séminaire, l’ensemble des communications.
AXE 1 : Pratiques de lecture et écriture des lettres : concurrence et/ou complémentarité ?
Dans quelles circonstances l’épistolier évoque-t-il ses lectures ?
Pouvons-nous observer au cours d’une existence des moments privilégiés consacrés à l’écriture des lettres et à la lecture ?
Comment l’épistolier concilie-t-il dans son quotidien le temps consacré à l’écriture des lettres et le temps consacré à la lecture ? Existe-t-il un lien entre le moment de la lecture, l’interruption et la reprise de la lettre ? Ce lien évolue-t-il en fonction des époques, notamment à partir du XVIIIe siècle et de l’affirmation de l’intime dans les correspondances familières ?
Comment et sous quelles formes discursives (citations, résumés, commentaires, gloses…) l’épistolier évoque-t-il alors ses lectures ? Ces évocations peuvent-elles être considérées comme des discours rapportés concurrents, complémentaires ou intrinsèques au discours épistolaire ?
AXE 2 : Ecrire des lettres et lire pour styliser son existence ?
Quel est le lien entre la composition de la bibliothèque, le choix des genres qui sont lus, les goûts et l’éthos de l’épistolier ?
Les lectures sont-elles évoquées pour parler de soi et pour styliser sa vie dans les lettres ?
Comment s’incarne le concept de lecteur-modèle dans les pratiques de l’épistolier-lecteur et dans l’écriture des lettres ?
Le processus d’identification à l’œuvre dans l’activité de lecture participe-t-il de l’écriture de soi dans les lettres ?
Observons-nous un mimétisme de style entre les lectures de l’épistolier et les procédés d’écriture qu’il utilise dans ses lettres ?
En quoi ses lectures invitent-elles l’épistolier à donner du sens à son existence et à celle de son correspondant ?
AXE 3 : Lecture et grammaire du rapport à l’autre dans les lettres : pragmatique épistolaire de la lecture
Pourquoi les correspondants partagent-ils leurs lectures ? Pour idéaliser le lien qui les unit, pour séduire, pour développer une réflexion morale et/ou esthétique sur le monde, pour convaincre, pour conseiller, pour consoler ?
Pouvons-nous observer, selon la nature du lien qui unit les correspondants, une sélection opérée par l’épistolier dans ses lectures ? En quoi cette sélection est-elle significative de l’évolution du lien qui unit les épistoliers au fil du temps ?
Les correspondants lisent-ils les mêmes livres, partagent-ils les mêmes goûts et les mêmes avis ?
Quelle place est donnée dans le dialogue épistolaire aux livres qui ne sont lus que par un seul des correspondants ? Quelle place est accordée aux livres que les épistoliers ne lisent pas et pourquoi ?
La lecture d’un livre peut-elle conduire à la suspension, voire à l’interruption définitive de la correspondance ?
Programmation
Vendredi 19 janvier 2024 14h-15h30 en visioconférence Clément FRADIN, Université de Lille « Lire sans perdre le fil » : les lectures de Paul Celan au miroir de ses lettres »
Vendredi 16 février 2024 14h-15h30 en visioconférence Luc FRAISSE, Université de Strasbourg « Proust en correspondance avec les écrivains contemporains incarne-t-il sa conception du lecteur modèle ? » Vendredi 15 mars 2024 14h-15h30 Martine JACQUES, Université de Bourgogne « La correspondance de Mme de Graffigny : s’autoriser et s’auctoriser »
Vendredi 15 juin 2024 14h-15h30 Nathalie FERRAND, Item-Ens-Cnrs « Rousseau lecteur, au miroir de sa Correspondance »
Vendredi 27 septembre 2024 14h-15h30 Bruno BLANCKEMAN, Université Sorbonne Nouvelle Paris-3 « Le « lire-écrire » critique de Marguerite Yourcenar dans sa correspondance »
Vendredi 11 octobre 2024 14h-15h30 Olivier WAGNER, Bibliothèque Nationale de France « « Je suis ici avec Byron que j’adore… » La citation et l’actualité littéraires dans la Correspondance amoureuse entre Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy »
Vendredi 15 novembre 2024 14h-15h30 Marcos MORAES, Université de São Paulo « Mário de Andrade, lecteur de la poésie française : des témoignages en lettres »
En 2023-2024, le programme des agrégations de Lettres faisait place, pour la première fois, au célèbre chef-d’œuvre d’Honoré d’Urfé, L’Astrée (1607-1628). Une belle occasion s’offrait pour remettre sur les chemins de la lecture ce roman pastoral qui fut un véritable best-seller en son temps, et d’en mesurer la richesse et l’ambition au-delà de la seule histoire littéraire où il occupe une place déterminante.
Le 25 novembre 2023 s’est tenue en Sorbonne une Journée d’étude organisée par Delphine Denis, dont cette publication est le fruit. Les articles ici réunis, conduits selon des approches diverses (politique, morale et philosophie, poétique, rhétorique et stylistique) offrent l’image d’un roman complexe, traversé de nombreuses tensions, mais aux propositions profondément cohérentes.