Auteur/autrice : Bérengère Moricheau-Airaud

  • Le poème en 1924. Aux marges du surréalisme

    Études littéraires, vol. 53, 1 / 2023
    sous la direction de Arnaud Bernadet

    https://www.etudes-litteraires.ulaval.ca
    Le poème en 1924. Aux marges du surréalisme

    Si l’année 1924 est reconnue comme un moment charnière dans la poésie d’expression française, notamment à cause de la publication du Manifeste du surréalisme d’André Breton, elle marque également l’essor de plusieurs auteurs laissés en marge de l’histoire littéraire, restés dans l’ombre du courant surréaliste.
    Ce numéro d’Études littéraires tient donc à revisiter cette année, à redonner à ces écrivains, qui ne sont pas pour autant « d’arrière-garde » ou « antimodernes », leur juste place et à rendre compte du formidable foisonnement de l’époque. Car la modernité du poème qui occupe cette période est effectivement plurielle : elle peut autant user de la révolution que se cantonner à l’évolution. Elle ne se limite pas non plus au centre parisien, et peut également trouver naissance dans la migration et le voyage.
    Au sein même du groupe surréaliste, les visions sont multiples – le groupe refusera d’ailleurs de figurer dans l’Anthologie de la nouvelle poésie française, elle-même dirigée par des surréalistes –, laissant Antonin Artaud « aux confins de l’avant-garde ». Ce dernier n’est pas le seul à préférer les marges aux théories surréalistes : Tristan Tzara répliquera au Manifeste de 1924 par la publication des Sept manifestes dada et Blaise Cendrars refusera de limiter la poésie à une « école exclusive ».
    Ce sont donc les œuvres et les visions, de Cendrars, Tzara et Artaud, en plus de celles de Marcel Thiry, Saint-John Perse, Marcel Mauss, Alfredo Gangotena et Jules Supervielle – tous ayant eu un rôle à jouer dans la modernité de la poésie – qui sont au centre de ce numéro qui montre la richesse véritable de l’année 1924.

    Sommaire

    Arnaud Bernadet
    Voix oubliées, voix décentrées. Lire le poème en 1924 7

    ÉTUDES

    Anne Reverseau
    Anthologie de la nouvelle poésie française de Kra. Défense et illustration de la diversité formelle de la modernité 25

    Alexander Dickow
    Un reliquaire : les Sept Manifestes dada de 1924 41

    Olivier Penot-Lacassagne
    Aux confins du surréalisme, Antonin Artaud… 61

    Claude Leroy
    Spirale de 1924 chez Blaise Cendrars 75

    Bertrand Degott
    Toi qui pâlis au nom de Vancouver de Marcel Thiry: trop pâli pour être moderne ? trop dépoli pour ne pas l’être ? 91

    Nelson Charest
    Pour fêter un contre-don : Mauss et Saint-John Perse 109

    Émilien Sermier
    Le vers au grand large. De Gangotena à Supervielle 123

    Sophie Fischbach
    Poésie et profondeurs : « Toucher violemment le fond des choses ». Les « Poèmes de Guanamiru » (Gravitations) de Jules Supervielle 139

    ANALYSES

    Fatima Zohra Rghioui, Cassandre Heyraud et Camilo Balaguera Fonctions de l’énonciation poétique dans Mahmoud ou la montée des eaux (2021) d’Antoine Wauters 159

    Ismaïl El Jabri, Marie Schaeverbeke et Joana Thanasi
    Voix et énonciation dans Le Musée des contradictions d’Antoine Wauters 175

    Desiré Calanni Rindina
    Modernisme et crise de la représentation dans Aveux non avenus 189

    Claude Tuduri
    L’art de l’amitié chez Montaigne : une pratique poétique, sociale
    et utopique de l’écriture 211

    Notices sur les collaborateurs et collaboratrices

    Résumés / Abstracts

    Feuilleter la présentation

  • Technologies d’écriture de l’empathie

    Date de tombée (deadline) : 31 Décembre 2024
    À : Konstanz

    Responsable :
    Gesine Hindemith, Mailyn Lübke, Selina Seibel
    Url de référence :
    https://www.romanistiktag.de/xxxix-romanistiktag/sektionen/sektion-20/

    Section transversale (linguistique et littérature) lors de la 39e journée de la romanistique
    « Constance et changement. Romanistique et nouvelles technologies » en septembre 2025
    Technologies d’écriture de l’empathie

    Dr Gesine Hindemith (Université de Stuttgart),

    Dr Mailyn Lübke (Université d’Osnabrück),

    Selina Seibel (Université de Stuttgart)

    La réalité de la vie d’aujourd’hui est celle d’une cohabitation numérique et humaine, dans laquelle les échanges passent souvent par les technologies d’écriture (Internet, terminaux mobiles, services de messagerie). Le paradigme de la communication médiatisée par ordinateur modifie les relations interpersonnelles, dont le fondement empathique ne se déroule plus seulement en face-à-face, mais doit être renégociée par le biais des technologies d’écriture numériques. La section comprend l’empathie comme une condition préalable aux processus du langage qui génèrent et représentent des prestations de compréhension et d’empathie. L’empathie recèle donc un potentiel de compréhension de texte. Pour l’ère numérique, l’empathie doit être repensée ‹ dans la tentative de combler l’espace intermédiaire entre les individus par des techniques médiatiques ou, à l’inverse, de ne créer la différence entre eux que par une mise en relation médiatique › (Breger/Breithaupt 2010 : 7). Comment l’empathie peut-elle se ressentir dans les technologies d’écriture ? D’autant plus que la question se pose à nouveau lorsque les IA deviennent des interacteurs capables de représenter l’empathie et de la rendre ainsi recevable (Misselhorn 2021). Les structures de la formation linguistique / langagière de l’empathie peuvent ainsi être étudiées. La section a pour but d’aborder pour la première fois les paramètres modifiés de la communication par les technologies d’écriture pour la cohabitation humaine et numérique, d’un point de vue linguistique et littéraire.

    Les formes de communication générées par le numérique ont récemment fait leur entrée dans la littérature romanesque contemporaine. On peut citer les romans par e-mail d’auteurs comme Virginie Despentes (Cher connard 2022) et Eric-Emmanuel Schmitt (L’elixir d’amour 2015). Les technologies d’écriture numérique sont reprises comme formes narratives constitutives ou paratextes (Éliette Abécassis : Instagrammable 2021, Milica Marinkovic : Piacere, Amelia 2016, José Luis Palma : El amor en los tiempos del chat 2013). Les plateformes de médias sociaux conduisent à un élargissement de la pratique de publication littéraire dans le domaine numérique, par exemple sur le compte Instagram Amour solitaires de Morgane Ortin, qui y littérarise des conversations en ligne. Les auteurs utilisent de plus en plus souvent l’IA dans les processus d’écriture et les premiers textes littéraires entièrement rédigés par l’IA voient le jour (Antonio Addati et IA, Memorie di un I.A. 2023). 

    Le lien entre la technique et la communication peut être observé comme une constante diachronique. Dans la perspective de l’histoire de la littérature et de la langue, il est possible de comparer les technologies d’écriture numérique avec des formes historiques (roman épistolaire du 18e siècle, formes de dialogue dans les œuvres de fiction à partir de la Renaissance). On observe ici le déplacement et l’hybridation de l’oralité et de la littéralité. A partir de la situation numérique-humaine, les questions relatives au rapport entre oralité et écriture, entre corps et technologie d’écriture, à la présence et à l’absence, à la création ou à la simulation d’empathie se posent à nouveau en termes de constance et de changement des paramètres.

    Les phénomènes de la communication numérique sont maintenant pris en compte dans le domaine linguistique (en particulier la pragmatique). Ainsi, les corpus de conversations en ligne ou les fils de discussion des médias sociaux sont de plus en plus étudiés du point de vue de leurs phénomènes et fonctions linguistiques (cf. Dürscheid/Frick 2016) et peuvent donc également être examinés du point de vue d’éventuels marqueurs d’empathie. Dans la perspective de la linguistique pragmatique et interactionnelle, on peut prendre en compte des corpus diachroniques et numériques qui contiennent du matériel sur la description et la ou les fonctions des pratiques d’écriture pour la production de représentations d’empathie textualisées de manière analogique et numérique. Ces dernières peuvent être réalisées par exemple par des objets sonores, des stratégies d’intensification et d’atténuation, des références déictiques, des processus de réparation et des auto-révélations.

    Dans le cadre de l’ « emotional turn » au tournant du millénaire, l’empathie est devenue un concept discuté, même s’il n’a pas encore été clairement défini, dans différentes disciplines (sciences cognitives, neuropsychologie, philosophie, didactique, etc.) Les premières connaissances sur la description des représentations de l’empathie d’un point de vue linguistique se réfèrent principalement à l’analyse de données allemandes (Pfänder/Gülich 2013 ; Kupetz 2015, 2020 ; Jacob/Konerding/Liebert 2020 ; Bauer 2024). Des approches visant à développer l’empathie pour la recherche narratologique existent dans les études anglophones et germanophones (Keen 2010 ; Anz 2007).

    La communication sera également abordée sous l’angle de la littérature et de la linguistique, par exemple en ce qui concerne la structuration temporelle, psychologique et séquentielle en séquences d’événements (Watzlawick 2007), en analysant la compréhension intersubjective des actions linguistiques au sein d’une conversation. Les technologies d’écriture ont une influence directe sur le déroulement d’une telle communication et influencent le choix des techniques d’émotionnalisation.

    Le projet de section part de l’hypothèse que les processus de formation de l’empathie sont structurés de manière narrative et séquentielle. L’objectif de la section transversale est d’étudier via diverses perspectives les constantes et les changements de la communication médiatico-technologique sous le signe de l’empathie. Les littératures et les langues de la Romania constituent un domaine d’étude qui offre des points de comparaison historiques, socioculturels et linguistiques : des technologies d’écriture analogiques à la communication en ligne de l’âge numérique. La section est ouverte à toutes les langues et littératures romanes.

    Questions possibles

    •     Quelles sont les fonctions des technologies d’écriture dans les processus de création d’empathie en littérature et dans la communication médiatisée par ordinateur ?

    •     Quelles méthodes peuvent être développées pour analyser les marqueurs d’empathie d’un point de vue linguistique et littéraire ?

    •     Quelles structures conceptuelles-orales et quelles pratiques socioculturelles peuvent être analysées dans les représentations écrites de l’empathie ?

    •     Comment peut-on, par le biais d’une comparaison entre l’histoire de la littérature et celle de la langue, tirer des conclusions sur les changements actuels de la communication dans la cohabitation entre l’homme et le numérique ? 

    •     Quel rôle jouent l’IA et les formes de communication générées par le numérique dans la production littéraire actuelle ? Comment les représentations de l’empathie s’y reflètent-elles ? Comment peut-on appréhender cela d’un point de vue narratologique ?

    •     Quelle est l’influence de l’ère numérique sur le langage dans une perspective littéraire et linguistique ? Quelles conséquences méthodologiques en découlent pour les pratiques d’analyse des deux disciplines ?


    Nous sommes heureux de recevoir des propositions de présentation pour notre section ! Pour cela, envoyez un exposé par e-mail à : 

    schreibtechnologien2025@outlook.de

     L’exposé doit contenir votre/vos nom(s) et affiliation(s) ainsi que le titre de votre communication et il peut comporter au maximum 4000 caractères, espaces et données bibliographiques et autres compris. La date limite de soumission d’un exposé est fixée au 31 décembre 2024. L’acceptation définitive interviendra au plus tard le 31 janvier 2025. 


    Bibliographie sélective

    Anz, Thomas: „Kulturtechniken der Emotionalisierung. Beobachtungen, Reflexionen und Vorschläge zur literaturwissenschaftlichen Gefühlsforschung“. In: Eibl, Karl; Mellmann, Katja; Zyrner, Rüdiger (Hg.): Im Rücken der Kulturen. Paderborn 2007.

    Bauer, Nathalie: „Empathiedarstellungen und Normalisierung – Metapositionierungen mit ‚natürlich‘ und ‚klar‘ in onkologischen Aufklärungsgesprächen“. In: Bauer, Nathalie; Günthner, Susanne; Schopf, Juliane: Die kommunikative Konstruktion von Normalitäten in der Medizin: Gesprächsanalytische Perspektiven. Berlin/Boston 2024, 131-156.

    Breger, Claudia; Breithaupt, Fritz: Empathie und Erzählung. Freiburg 2010.

    Bustos Tovar, Jesús José de: „Lengua común y lengua del personaje en la transición del siglo XV al XVI“. In: Vian Herrero, Ana; Baranda Leturio, Consolación: El personaje literario y su lengua en el siglo XVI. Madrid 2006, 13-40.

    Drescher, Martina: Sprachliche Affektivität. Darstellung emotionaler Beteiligung am Beispiel von Gesprächen aus dem Französischen. Tübingen 2003.

    Dürscheid, Christa; Frick, Karina: Schreiben digital. Wie das Internet unsere Alltagskommunikation verändert. Stuttgart 2016.

    Gnach, Aleksandra; Weber, Wibke; Engebretsen, Martin; Perrin, Daniel: Digital Communication and Media Linguistics. Cambridge 2023.

    Heßler Martina (Hg.): Technikemotionen. Paderborn 2020.

    Jacob, Katharina; Konerding, Klaus-Peter; Liebert, Wolf-Andreas (Hg.): Sprache und Empathie. Berlin/Boston 2020.

    Keen, Suzanne: Empathy and the Novel. New York 2007.

    Koch, Peter; Oesterreicher, Wulf: „Sprache der Nähe – Sprache der Distanz. Mündlichkeit und Schriftlichkeit im Spannungsfeld von Sprachtheorie und Sprachgeschichte“. In: Deutschmann, Olaf et al. (Hg.): Romanistisches Jahrbuch. Berlin/New York 1985, 15-43.

    Koschorke, Albrecht: Körperströme und Schriftverkehr. Mediologie des 18. Jahrhunderts. München 2003.

    Kupetz, Maxi: Empathie im Gespräch. Eine interaktionslinguistische Perspektive. Tübingen 2015.

    —    : „Sprachliche, interaktionale und kulturelle Aspekte von Empathie in sozialer Interaktion“, in: Jacob, Katharina; Konerding, Klaus-Peter; Liebert, Wolf-Andreas (Hg.) Sprache und Empathie. Berlin/Boston 2020, 141–173.

    Malinowska, Anna; Gratzke, Michael: The Materiality of Love. Essays on Affection and Cultural Practice. London 2018.

    Misselhorn, Catrin: Künstliche Intelligenz und Empathie. Von Leben mit Emotionserkennung, Sexrobotern & Co. Stuttgart 2021.

    Nabi, Robin L.; Myrick, Jessica Gall (Hg.): Emotions in the Digital World. Exploring affective experience and expression in online interactions. New York 2023.

    Ortner, Heike: Text und Emotion. Theorie, Methode und Anwendungsbeispiele emotionslinguistischer Textanalyse. Tübingen 2014.

    Pfänder, Stefan; Gülich, Elisabeth: „Zur interaktiven Konstitution von Empathie im Gesprächsverlauf. Ein Beitrag aus Sicht der linguistischen Gesprächsforschung“. In: Breyer, Thiemo (Hg.): Grenzen der Empathie. Philosophische, psychologische und anthropologische Perspektiven. München 2013, 433–457.

    Stauf, Renate; Simonis, Annette; Paulus, Jörg (Hg.): Der Liebesbrief. Schriftkultur und Medienwechsel vom 18. Jahrhundert bis zur Gegenwart. Berlin/New York 2008.

    Watzlawick, Paul: Menschliche Kommunikation. Formen, Störungen, Paradoxien. 11. Auflage. Bern 2007.

  • « Je rends chaque coup dans la langue de Césaire ». Le texte de rap, entre poésie et récit francophones

    Date de tombée (deadline) : 20 Décembre 2024
    À : Sorbonne Université – Paris

    Responsable : Sorbonne Univ., Univ. de Bourgogne, Univ. Libre de Bruxelles
    Florian Alix – Virginie Brinker – Marion Coste – Romuald Fonkoua – Laurence Rosier

    « Je rends chaque coup dans la langue de Césaire »
    Le texte de rap, entre poésie et récit francophones

    Colloque international

    Sorbonne Université / Université de Bourgogne / Université Libre de Bruxelles

    « On me tue chaque jour dans la langue de Molière
    Je rends chaque coup dans la langue de Césaire »
    Kery James, « Le poète noir »

    Le rap est un genre musical dans lequel le texte, qui est la responsabilité du MC, est d’une importance cruciale. Très fréquemment, dans les interviews, les rappeur·euses mettent en avant leur activité d’écriture comme partie essentielle de leur art. Nous voudrions par ce colloque rendre compte des phénomènes de continuité qui peuvent exister avec les autres genres poétiques et les genres narratifs des littératures francophones, tout en nous montrant sensibles aux spécificités de l’expression rap. 

    Afin d’éviter des approches textualistes qui réduiraient le rap à ses paroles[1], nous souhaitons que la dimension performée et musicale du texte soit prise en compte.  Il nous semble en effet essentiel d’inclure dans toute réflexion sur ce genre cette dimension intermédiale[2]/transmédiale[3], et de faire porter l’analyse à la fois sur le texte, la musique, l’image et les conditions de la performance, voire l’influence des circuits de distribution et de leurs acteurs et actrices[4]. Cette hybridité médiatique du rap est d’autant plus cruciale qu’elle peut amener à le voir comme une « contre-littérature[5] », telle que Bernard Mouralis a établi le terme pour de tout autres corpus. C’est une pratique qui se fait en opposition à la littérature, parce que le rap intègre d’autres procédés d’expression et parce qu’il s’est construit sur une « illégitimité paradoxale »[6] ; mais il ne cesse d’entretenir une relation avec la littérature, soit explicitement en la citant, soit implicitement en adoptant des stratégies d’écriture qui peuvent y faire écho, soit en affirmant ostensiblement ses distances avec une certaine littérature présentée comme canonique. 

    Interroger cette relation à la littérature francophone et confronter le rap aux outils d’analyse des études francophones nous semblent ainsi à même de révéler des éléments de continuité et de rupture susceptibles d’enrichir la compréhension des spécificités d’écriture de ce genre, tout en l’inscrivant dans une histoire de la pensée qui ne s’est jamais réduite à l’objet livre. Par exemple, se pencher sur la textualité du rap demande de considérer une hybridité formelle à l’aune d’une histoire culturelle marquée du sceau du politique, toutes choses que les études francophones ont développées au fil de leur évolution. Il ne s’agit donc pas de considérer le rap comme relevant des littératures africaines, caribéennes ou maghrébines, mais d’éprouver l’analyse de la textualité du rap à l’aune de méthodologies francophones, et de voir en retour ce que cette intégration du rap apporte à ces méthodologies. 

    Plusieurs axes peuvent être envisagés : 

    1)     Le texte de rap, entre récit, poésie et arts de la scène. La forme courte du texte de rap ainsi que sa réalisation orale invitent de prime abord à classer le rap dans le genre poétique, ce qui a pour intérêt de souligner la façon dont les textes de rap travaillent les rythmes des mots et leurs potentialités évocatrices. La trap par exemple propose souvent des textes sans continuité thématique évidente, dans lesquels la rupture syntaxique et thématique met en valeur la capacité d’évocation des termes[7]. Nous espérons des communications qui porteront sur les spécificités poétiques des textes de rap. Pourtant, force est de constater que les textes de rap construisent aussi des récits. Ainsi, la réflexion pourrait concerner la pratique du storytelling dans des albums (JVLIVS de SCH, L’Etrange histoire de Mr. Anderson de Laylow, Lipopette Bar d’Oxmo Puccino, pour ne citer que quelques exemples) ou des morceaux (J’pète les plombs de Disiz, Petit Frère d’IAM, la série des « Enfants du destin » de Médine), pour étudier la façon dont ces formes construisent le récit. Sans chercher à catégoriser les textes de rap, il s’agira de se montrer sensible aux dimensions poétiques et narratives des textes et à leur entremêlement. L’importance des performances scéniques invite aussi à penser l’influence des arts de la scène sur l’écriture, qui pourrait faire l’objet de communication. L’influence de l’évolution des pratiques d’écoute et des supports de diffusion, de la radio aux CD au streaming, sur les pratiques du texte pourrait aussi faire l’objet de communications. On pourrait également réfléchir à divers emprunts à l’esthétique rap, que l’on peut trouver dans des romans, des pièces de théâtre, des arts séquentiels… 

    2)     Le texte de rap comme pratique intermédiale. Dans la continuité des travaux sur la place de l’oralité dans les poésies francophones, il pourra s’agir d’étudier la façon dont le texte performé de rap joue de cette oralisation pour produire des formes textuelles nouvelles. On pourra ainsi s’intéresser à des morceaux dans lesquels le texte tient a priori une place minime, se réduisant à l’évocation disparate de thèmes et faisant la part belle aux répétitions, pour voir comment l’intérêt du texte peut tenir dans son oralisation et dans sa mise en musique, voire dans sa possible dramatisation[8]. On appréciera particulièrement les communications inscrivant ces pratiques de l’oralité dans la continuité d’autres pratiques poétiques francophones, ou en opposition avec elles. 

    3)     Les références du texte de rap. L’inscription du rap dans les poétiques francophones tient aussi aux choix des références : les travaux de Virginie Brinker ont d’ores et déjà montré la façon dont certains rappeurs et rappeuses citent les penseurs des études francophones[9], et Bettina Ghio a révélé la place de la culture littéraire scolaire dans les textes de rap[10]. Reste à étudier la façon dont le texte de rap construit des systèmes de références piochant dans divers domaines des cultures populaires, films, séries, sports, pour construire des identités francophones ouvertes à des influences mondialisées. Il ne s’agit sans doute pas uniquement de chercher une légitimité littéraire qui se ferait par clins d’œil – geste susceptible de reconduire une hiérarchisation des genres que nous souhaitons éviter – que de déplacer les références en les reconfigurant. On pourrait ainsi interroger la place des mémoires afro-descendantes et des cultures afro-américaines par l’étude des références choisies par les rappeurs et rappeuses et lire ce phénomène comme l’ouverture d’un « cosmopolitisme vernaculaire[11] », selon l’expression de Homi K. Bhabha. Dans les textes de rap, on fait allusion à des poètes français en même temps qu’à Frantz Fanon, le tout sur des musiques influencées par exemple par la rumba congolaise. S’ajoutent à ce mélange des références à des productions audiovisuelles diverses, des films de Scorsese aux séries Netflix, pour étudier les passages transmédiaux auxquels se prête le rap.

    4)     Texte de rap et persona. Dans la continuité de l’étude de la dimension narrative des textes de rap, on pourrait interroger la façon dont le corps du ou de la MC est travaillé et mis en scène pour produire du récit. Il semble ainsi évident que les rappeuses et/ou les rappeur·ses queer, minoritaires dans le rap comme dans de nombreux genres musicaux, se saisissent des opportunités et des limites imposées par leur genre pour construire des persona spécifiques. De même, les différentes performances de la masculinité[12] s’inscrivent dans la création de persona variées. Et la diversification des esthétiques liées à la pratique du rap conduit aujourd’hui à une pluralité de manières d’être une rappeuse, de Casey à Shay, en passant par Chilla. On pourrait établir le même constat sur la façon dont la race, pensée comme une construction sociale, influe sur les persona produites par les artistes. De plus, ils ou elles en jouent en fonction de positionnements esthétiques, qui dépendent des sous-genres dans lesquels chacun·e cherche à s’illustrer. Ces sous-genres impliquent des thématiques et un ton spécifique et variera ainsi la persona de qui choisit la voix du rap conscient, de la trap, du troll rap, etc. Il faudrait se rendre sensible aux stratégies de l’excès, du second degré, de la farce[13], de la figure du trickster, qui appellent à une réception interprétative des morceaux. Une réflexion sur les dynamiques genrées et racialisées à l’œuvre dans l’invention esthétique de persona sera particulièrement appréciée. 


    Comité d’organisation

    • Florian Alix, CELLF/CIEF – Sorbonne Université
    • Virginie Brinker, CPTC – Université de Bourgogne
    • Marion Coste, CELLF/CIEF – Sorbonne Université
    • Romuald Fonkoua, CELLF/CIEF – Sorbonne Université
    • Laurence Rosier – Université Libre de Bruxelles

    Comité scientifique

    • Florian Alix, CELLF/CIEF – Sorbonne Université
    • Francesca Aiuti –Université degli Studi Roma tre
    • Virginie Brinker, CPTC – Université de Bourgogne
    • Marion Coste, CELLF/CIEF – Sorbonne Université
    • Romuald Fonkoua, CELLF/CIEF – Sorbonne Université
    • Anaïs Goudmand, CELLF – Sorbonne Université
    • Magali Nachtergael, Plurielles – Université Bordeaux Montaigne 
    • Laurence Rosier – Université Libre de Bruxelles
    • Serigne Seye –Université Cheikh Anta Diop
    • Cyril Vettorato, Cerilac – Université Paris Cité 

    Calendrier

    Date limite de soumission des propositions : 20 décembre 2024. 

    Les propositions, d’une limite de 300 mots, seront accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique. Elles seront envoyées à l’adresse suivante : rapsucolloque@gmail.com

    Retour sur les propositions : début avril 2025. 

    Date du colloque : 20-21-22 novembre 2025.

    — 
    [1] Emmanuelle Carinos et Karim Hammou, « Approches du rap en français comme forme poétique », in Stéphane Hirschi, Corinne Legoy, Serge Linarès, Alexandra Saemmer et Alain Vaillant (dir.), La poésie délivrée, Nanterre, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2017, p. 269-284.
    [2] Karim Hammou, Une histoire du rap en France, Paris, La Découverte, 2012 ; Magali Nachtergael, Poet against the machine : une histoire technopolitique de la littérature, Marseille, Le Mot et le reste, 2020 ; Irina Rajewsky, « Le terme d’intermédialité en ébullition : 25 ans de débat », in Caroline Fischer (éd.), Intermédialités, Paris, SFLGC, 2015. 
    [3] Rémi Besson, « Prolégomènes pour une définition de l’intermédialité à l’époque contemporaine », 2014, HAL, https://univ-tlse2.hal.science/hal-01012325v2, consulté le 28 juin 2024. 
    [4] Keivan Djavadzadeh, Hot, cool and vicious : genre, race et sexualité dans le rap états-unien, Paris, Les Prairies ordinaires, 2021. 
    [5] Bernard Mouralis, Les Contre-littératures, Paris, Hermann, coll. « Fictions pensantes », 2011 [1975].
    [6] Karim Hammou, Une Histoire du rap en France, op.cit., p. 12. Voir aussi : Séverin Guillard et Marie Sonnette, « Légitimité et authenticité du hip-hop : rapports sociaux, espaces et temporalités de musiques en recomposition », Volume !, 17 :2, 2020 :2, p. 7-23.
    [7] Juliette Hubert, Esthétique de la rupture comme engagement, du corps au lyrisme, dans le rap et la pop urbaine depuis les années 2000, thèse en préparation, sous la direction de Stéphane Hirschi et Serge Lacasse, Université Polytechnique Hauts de France et Université Laval. 
    [8] Voir Cyril Vettorato, Un monde où l’on clashe : la joute verbale d’insulte dans la poétique de rue, Paris, Éditions des Archives contemporaines, 2018. 
    [9] Virginie Brinker, « Héritages de Césaire, Fanon et Glissant : enjeux politiques et identitaires des références », in Emmanuelle Carinos et Karim Hammou (dir.), Approches formelles des musiques hip-hop, Presses universitaires de Provence, coll. Chants Sons, 2020 ; « Rap français, vers une poéthique cosmopolite », in Guillaume Bridet, Virginie Brinker, Sarah Burnautzki et Xavier Garnier (dir.), Dynamiques actuelles des littératures africaines : panafricanisme, cosmopolitisme, afropolitanisme, Paris, Karthala, 2018, p. 259-270 ; « Actualité de la pensée de Fanon dans le rap de Casey », Mouvements, n° 96, 2018, p. 36-42.
    [10] Bettina Ghio, Sans faute de frappe : rap et littérature, Marseille, Le Mot et le reste, 2016. 
    [11] Homi K. Bhabha, Les Lieux de la culture, trad. Françoise Bouillot, Payot & Rivages, coll. « Petite biblio Payot », 2019 [1994], p. 17-22. 
    [12] Marion Dalibert, « Les masculinités ethnoracialisées des rappeur.euse.s dans la presse », Mouvements, n° 96, 2018, p. 22-28. 
    [13] Voir Cyril Vettorato, Un monde où l’on clashe : la joute verbale d’insulte dans la poétique de rue, op.cit.

  • Le texte de l’autre. Dialogue interdisciplinaire autour de l’intertextualité et du discours rapporté

    Date de tombée (deadline) : 15 Novembre 2024

    À : Paris (Maison de la Recherche, Sorbonne Nouvelle)

    Responsable : CRISCO

    Url de référence :
    https://crisco.unicaen.fr/appel-a-communication-le-texte-de-lautre-colloque-sur-lintertextualite/

    Le texte de l’autre. Dialogue interdisciplinaire autour de l’intertextualité et du discours rapporté

    Maison de la Recherche, Sorbonne Nouvelle

    « Il y a plus affaire à interpreter les interpretations qu’à interpreter les choses, et plus de livres sur les livres que sur autre subject : nous ne faisons que nous entregloser » — Montaigne, Essais, 1592, III.13.

    Si le concept d’intertextualité s’est structuré et outillé au long du xxe siècle, dans la lignée des travaux fondateurs d’auteurs comme Bakthine, Kristeva ou Barthes (Limat-Letellier, 2019), il ne faut point oublier que toute une tradition scolastique, universitaire et littéraire consiste à commenter, interpréter et citer d’autres ouvrages antérieurs pour produire un nouveau discours. Cette « entreglose », pour reprendre la citation de Montaigne que nous commentons à notre tour, compose la fondation de réflexions nouvelles, qui seront à leur tour éventuellement glosées. Pour construire ce nouveau discours, il faut instaurer entre les textes une relation de parenté ou de dialogue, de quelque façon que ce soit. C’est à ce phénomène de parenté que nous souhaitons nous intéresser lors de ce colloque qui vise à réunir historien·nes, littéraires, codicologues, linguistes et humanistes numériques.

    Au cœur des discussions que nous souhaitons mener se situe le concept d’intertextualité, soit des textes mis en relation, qu’on l’entende selon la définition de Genette de « présence effective d’un texte dans un autre » (Genette, 1982 : 8), ou que l’on considère comme Barthes que « tout texte est un intertexte ; d’autres textes sont présents en lui à des niveaux variables, sous des formes plus ou moins reconnaissables : les textes de la culture antérieure et ceux de la culture environnante ; tout texte est un tissu nouveau de citations révolues. » (Barthes, 1974). La relation qu’entretiennent deux énoncés a fait l’objet d’un grand nombre d’analyses et d’études, que ce soit sur le plan littéraire, mais également sur le plan de l’histoire des idées et de la linguistique et ce depuis plus d’un siècle (cf. bibliographie). L’approche structuraliste des débuts a depuis fait la place à des discours plus situés (féminisme, postcolonialisme, géographie postmoderniste etc.), dépassant le cadre de la littérature (Allen, 2022 : 171, 203). Nous proposons d’y revenir à la lumière des nouvelles avancées observées dans différents champs disciplinaires. Il arrive également que certaines recherches s’intéressent à des phénomènes d’intertextualité sans s’en douter, ainsi nous invitons toute personne s’intéressant au discours rapporté ou aux phénomènes de transmission des idées ou des textes à rejoindre nos discussions.

    Afin que nos échanges s’ancrent véritablement dans une démarche interdisciplinaire, nous poserons ainsi la question générale de ce qui peut caractériser l’intertextualité pour chaque discipline, des raisons de sa présence dans les sources et des méthodes de détection ou d’étude :

    • Que cherchons-nous concrètement lorsque nous cherchons à détecter l’intertextualité ?
    • Une fois l’intertextualité détectée, que faisons-nous de cette information ?
    • Une fois l’information enregistrée, qu’en tirons-nous ? À quelles questions de recherche cherchions-nous à répondre ?

    Les communications s’organiseront autour de trois axes principaux, mais toute proposition étudiant les propriétés et les contours de l’intertextualité, en tant que concept ou au sein d’un corpus spécifique, seront prises en considération. Bien que la langue principale du colloque soit le français, les contributions en anglais sont également acceptées. 

    Axe 1 — Dialogues historiques des textes et des idées

    Les enjeux d’intertextualité sont au cœur d’un certain nombre de disciplines scientifiques, et notamment les études littéraires et historiques qui fondent leur existence sur la citation, l’évocation et l’analyse de textes antérieurs, sources premières de leurs réflexions. Outre l’histoire et l’analyse littéraires, l’intertextualité peut notamment être signifiante pour l’histoire intellectuelle, l’histoire de l’éducation ou l’histoire religieuse, pour qui l’établissement de réseaux de citation(s) peut révéler la circulation d’idées, leur rejet ou leur acceptation. La relation aux sources textuelles, de quelque nature qu’elles soient (actes juridiques, témoignages, inscriptions, mémoires…), ne va cependant pas d’elle-même et engage à la fois une certaine perspective sur leur identité et leur traitement, et une posture spécifique du chercheur ou de la chercheuse qui étudie ces sources.

    Les contributions relevant de cet axe s’attacheront notamment à réfléchir à la façon dont les sources textuelles ont été considérées au long de l’histoire des idées et de l’histoire scientifique, de l’antiquité à la période contemporaine. Que peut révéler l’intertextualité pour les études extra-littéraires ? Quels ont été et quels sont aujourd’hui les rôles et les fonctions de l’intertextualité dans la démonstration et la conduite d’une analyse ? Quelles évolutions a subi la dimension intertextuelle, et de quelle façon ces évolutions ont-elles conditionné notre rapport au savoir ? 

    Axe 2 — Textes, marqueurs textuels et « faisceaux d’indices »

    Les mécanismes linguistiques à l’origine des phénomènes d’intertextualité relèvent de plusieurs problématiques. Ils posent d’ores et déjà des questions d’ordre morphosyntaxique, sur les structures et les mécanismes marquant l’introduction d’un discours second ou d’un énoncé allogène par rapport à un énoncé principal. Ces mécanismes sont multiples :

    • Verbes dédiés signalant, par leur sémantisme, l’introduction d’une relation intertextuelle (« comme dit / indique / signale / commente X »)        
    • Prépositions marquant l’introduction d’un discours second (« Selon X »)
    • Groupes nominaux divers (« La pensée de X », « Le texte de X », etc.)

    Les contributions s’inscrivant dans cet axe pourront interroger l’évolution de ces modèles et de ces mécanismes à travers le temps, selon différents états historiques des langues et au travers de différents types de textes. Elles interrogeront également les oppositions et relations entre les phénomènes intertextuels et des territoires proches, particulièrement les concepts de polyphonie et de discours rapporté, qui incluent sans s’y limiter la notion d’intertexte. Observe-t-on des évolutions et des répartitions des outils linguistiques selon la perspective intertextuelle des locuteurices ? Est-ce que le domaine, le genre ou la séquence textuelle influencent ces outils, et de quelles façons ? Une attention particulière sera apportée aux contributions explorant les enjeux diachroniques de ces problématiques. 

    Axe 3 — Signalement et matérialisation de l’intertextualité sur les supports traditionnels et numériques 

    Enfin, nous proposons dans un troisième temps de nous intéresser à la façon dont l’intertextualité a été repérée et signalée au sein des supports textuels eux-mêmes, et les évolutions techniques qui ont accompagné le balisage et le repérage des énoncés allogènes au sein d’un énoncé premier. Des conventions typo-dispositionnelles comme les marginalia, les manchettes, les notes, les guillemets ou les italiques, jusqu’aux hyperliens et aux métadonnées des fichiers numériques, nous désirons explorer à la fois le format de ces balises au sein de l’histoire de l’écrit mais également la façon dont ces choix visuels et intellectuels influencent le rapport aux sources et aux outils linguistiques les accompagnant.

    Notons que dans le cas des supports numériques, ce signalement de l’intertextualité a lieu à deux niveaux distincts : celui des formats de stockage[i], et celui des interfaces avec les lecteurs/annotateurs[ii]. À ces deux niveaux, ces matérialisations, parce qu’elles reflètent des modèles de ce que serait l’intertextualité, ouvrent des potentialités tout en en refermant d’autres. Les contributions relevant de cet axe pourront par exemple traiter des variations ou des continuités dans les formes qu’a pris ce signalement de l’intertextualité (sur les supports traditionnels comme numériques), les possibilités qu’elles offrent, ou encore dans les expériences plus ou moins réussies de « traduction » d’une forme dans une autre.

    [i] Chez les précurseurs comme Xanadu et la TEI, ou dans des initiatives plus récentes comme le vocabulaire d’annotation pour le Web ou les URI de fragments de textes.
    [ii] Reproduisant les conventions de lecture traditionnelles ou explorant de nouvelles conventions en ayant recours par exemple à des graphes, des dimensions multiples ou des animations.


    Bibliographie indicative

    Adam, Jean-Michel (2018). Souvent textes varient. Paris : Classiques Garnier.

    Allen, Graham (2022). Intertextuality. 3rd edition. New York : Routledge.

    Authier-Revuz, Jacqueline (2020). La Représentation du discours autre. Principes pour une description. Berlin et Boston : De Gruyter.

    Banfield, Ann (1995). Phrases sans parole. Paris : Seuil.

    Barthes, Roland (1974). « Texte (théorie du) », dans Encyclopedia Universalis.

    Birkelund, Merete, Nølke, Henning et Therkelsen, Rita (2009). « La polyphonie linguistique », Langue française, n°164.

    Bres, Jacques, Haillet, Pierre Patrick, Mellet, Sylvie, Nølke, Henning et Rosier, Laurence (dir.) 2005. Dialogisme et polyphonie. Approches linguistiques. Bruxelles : de Boeck.

    Büchler, Marco et Mellerin, Laurence (eds) (2017). « Computer-aided Processing of Intertextuality in Ancient Languages », dans Journal on Data Mining and Digital Humanities (JDMDH), special issue,

    Cerquiglini, Bernard (1981). La parole médiévale. Discours, syntaxe, texte. Paris : Les Éditions de Minuit. 

    Charolles, Michel, Fisher, Sophie et Jayez, Jacques (éds) (1990). Le Discours, représentations et interprétations. Nancy : Presses universitaires de Nancy.

    Ducrot, Oswald (1980). « Analyse de textes et linguistique de l’énonciation », dans Oswald Ducrot et al., Les mots du discours. Paris : Les Éditions de Minuit. p. 7-56. 

    —    (1984). Le Dire et le Dit. Paris : Les Éditions de Minuit. 

    —    (1989). Logique, structure, énonciation. Paris : Les Éditions de Minuit.

    Genette, Gérard (1982). Palimpsestes. La littérature au second degré. Paris : Le Seuil.

    Ide, Nancy et Véronis, Jean (1995). Text encoding initiative : Background and context. Dordrecht : Kluwer.

    Jaubert, Anne (2000). « Le discours indirect libre. Dire et montrer : approche pragmatique », dans Jaques Dürrenmatt, Sylvie Mellet et Marcel Vuillaume (dir.), Le style indirect libre et ses contextes. Amsterdam/Atlanta : Rodopi, p. 49-69. 

    Lagorgette Dominique, Oppermann-Marsaux, Evelyne et Rodriguez Somolinos, Amalia (dir.) (2006). « Énonciation et pragmatique : approche diachronique », Langue française n°149.

    Limat-Letellier, Nathalie et Miguet-Ollagnier, Marie (1998). L’intertextualité. Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté.

    Marnette, Sophie (2006). « La signalisation du discours rapporté en français médiéval », Langue française, n° 149, p. 31-47. 

    Muñoz, Juan Manuel López, Marnette, Sophie et Rosier, Laurence (2006). « L’autocitation », Travaux de linguistique, n°52.

    Nelson, Theodor Holm (1999). « Xanalogical structure, needed now more than ever: parallel documents, deep links to content, deep versioning, and deep re-use », ACM Computing Survey, vol. 31(4),

    Nølke, Henning, Fløttum, Kjersti et Norén, Coco (2004). ScaPoLine. La théorie scandinave de la polyphonie linguistique. Paris : Kimé.

    Nølke, Henning (2001). Le regard du locuteur 2. Pour une linguistique des traces énonciatives. Paris : Kimé.

    Perrin, Laurent (éd.) (2006). « Le Sens et ses voix. Dialogisme et polyphonie en langue et en discours », Recherches linguistiques, n° 28.

    Rastier, François (2011). La mesure et le grain : Sémantique de corpus. Paris : Champion.

    Riffaterre, Michael (1971). Essai de stylistique structurale. Paris : Flammarion.

    Rodriguez Somolinos, Amalia (2000). « Locuteur, énonciateur et prise en charge. Quelques remarques sur la polyphonie en linguistique ». dans Jesus Lago et al. (dir). La Lingüística francesa en España camino del siglo XXI. Madrid : Arrecife, vol. II, p. 897-907.

    Rosier, Laurence (1999). Le discours rapporté. Histoire, théories, pratiques. Paris-Bruxelles : Duculot.

    Rubattel, Christian (1991), « Polyphonie et modularité », Cahiers de linguistique française n°11, p. 297-310.

    Tonani, Elisa (2009). « Blancs et marques du discours rapporté dans le roman français et italien », Romantisme n°146, p. 71-86.


    Informations pratiques

    • Le colloque aura lieu le 1er et le 2 juillet 2025 à Paris (Maison de la Recherche, Sorbonne Nouvelle).
    • Le colloque sera diffusé à distance, et les présentations enregistrées (sous réserve d’accord de diffusion des conférenciers et conférencières).
    • Les propositions de communication, sans mention d’auteur ou d’autrice ou de rattachement institutionnel, devront faire une page maximum (hors bibliographie).
      • Elles préciseront le titre de la communication ainsi que l’axe de travail pressenti, et devront également préciser les hypothèses de recherche, le corpus (le cas échéant), la méthode de travail et les résultats attendus.
      • Le nom et le rattachement des auteurs ou autrices, ainsi qu’une brève notice biographique, seront envoyés en parallèle dans un second document.
      • La proposition et la notice seront envoyées au format .docx ou .odt à ens-lyon.fr> et à unicaen.fr> avant le 15 novembre 2024.
    • Les contributions feront l’objet d’une publication collective après l’événement.

    Calendrier prévisionnel

    • Septembre 2024 : Envoi de l’appel
    • 15 novembre 2024 : Clôture de l’envoi des propositions
    • 15 janvier 2025 : Acceptation/Refus des propositions après avis du conseil scientifique

    Comité d’organisation

    • Jean Barré (ENS-PSL)
    • Aurélien Bénel (Université de technologie de Troyes)
    • Sarah Gaucher (Université Grenoble Alpes)
    • Mathieu Goux (Université de Caen Normandie)
    • Perrine Maurel (Sorbonne Université)
    • Laurence Mellerin (CNRS-HiSoMA)
    • Sarah Orsini (Université Grenoble Alpes)
    • Matthias Paulus (Université Rennes 2)
    • Morgane Pica (ENS de Lyon)
    • Alan Van Brackel (Université Sorbonne Nouvelle)

    Comité scientifique :

    • Jean-Michel Adam (Université de Lausanne)
    • Aurélien Berra (Paris-Nanterre)
    • Roger Chartier (EHESS)
    • Jean-Gabriel Ganascia (Sorbonne Université)
    • Dominique Lagorgette (Université de Savoie)
    • Pascale Mounier (Université de Grenoble)
    • Michel Sot (Sorbonne Université)
    • Mathieu Valette (INALCO)
  • Les voix de Maryse Condé (revue Francofonia)

    Date de tombée : 20 Octobre 2024

    Dirigé par Xavier Luce et Giuseppe Sofo
    Site de la revue : http://www.lilec.it/francofonia

    Adresse : Bologne

    Les Voix de Maryse Condé

    Francofonia

    Numéro spécial, Printemps 2025

    Dirigé par Xavier Luce et Giuseppe Sofo 

    C’est pour son « message d’humanisme moderne » qu’en 2021 l’œuvre de Maryse Condé a été primée par l’Institut de France. Le travail de Maryse Condé, tant littéraire qu’universitaire, mais aussi au sein de l’État français lorsque l’écrivaine a accepté de présider le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, « permet de mieux comprendre le débat historique sur la colonisation[1] », a souligné la Secrétaire perpétuelle de l’Académie française. A la suite de son décès, le 2 avril dernier, la nation française a rendu hommage à une « indépendantiste guadeloupéenne », assurément « l’indépendantiste la plus décorée[2] » de la République, et son « œuvre-monde[3] » est aujourd’hui un classique de la littérature francophone inscrite au programme des concours nationaux et enseignée dans les classes primaires et secondaires ainsi qu’à l’université. 

    La voix et le nom de Maryse Condé incarne, dans l’héritage des Lumières, l’espérance d’un monde plus harmonieux : « Un jour viendra où la terre sera ronde et où les hommes […] n’auront plus peur les uns des autres, de celui-ci à cause de sa religion ou de celui-là à cause de la couleur de sa peau, de cet autre à cause de son parler[4] ». 

    On voudrait dans ce numéro de Francofonia mettre en perspective le rayonnement de l’œuvre condéenne au travers de ses multiples facettes et de sa capacité à décrire les « ravages du colonialisme et du chaos postcolonial dans une langue qui est à la fois précise et époustouflante[5] », comme l’a célébré en 2018 la Nouvelle Académie suédoise de littérature. 

    Nous sollicitons par conséquent des propositions de contributions de nature diverse : des articles scientifiques consacrés à l’analyse littéraire, génétique et/ou linguistique des textes de Maryse Condé, à l’analyse du déplacement de ses textes vers d’autres langues par le biais de la traduction, à l’analyse comparative, à l’influence de l’œuvre de Condé sur l’œuvre d’autres auteurs et autrices, ainsi que des documents inédits concernant l’œuvre de Condé, des entretiens et des présentations de fonds d’archives.


    Les propositions, comprenant un titre, un résumé de la proposition et une brève notice bio-bibliographique, seront envoyées aux directeurs du numéro Xavier Luce (xavier.luce@univ-antilles.fr) et Giuseppe Sofo (giuseppe.sofo@unive.it), en indiquant dans le sujet : « Francofonia Condé », avant le 20 octobre 2024. Les articles devront être remis au plus tard le 31 décembre 2024 et le numéro paraîtra au printemps 2025. 


    Bibliographie

    Carvigan-Cassin Laura, « Introduction à l’œuvre-monde de Maryse Condé », dans Laura Carvigan-Cassin (éd.), Sans fards, mélanges en l’honneur de Maryse Condé, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Presses universitaires des Antilles, coll. « Ecrivains de la Caraïbe 1 », 2018, pp. 17-26.

    Condé Maryse, « La colonisation fut coupable de pas mal de crimes… », sur Bibliobs, 10 juin 2017 (en ligne : https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170609.OBS0501/la-colonisation-fut-coupable-de-pas-mal-de-crimes-par-maryse-conde.html ; consulté le 30 novembre 2018).

    Condé Maryse, La Vie sans fards, Paris, J.-C. Lattès, 2012.

    Condé Maryse, « Le monde à l’envers, ou l’empire des signes revisité », dans Michaël Ferrier et Nobutaka Miura (éd.), La Tentation de la France, la tentation du Japon : regards croisés, Arles, P. Picquier, 2003, pp. 183-190.

    Cottenet-Hage Madeleine et Lydie Moudileno (éd.), Maryse Condé, une nomade inconvenante : mélanges offerts à Maryse Condé, Matoury, Ibis rouge, 2002. Couv. ill. 24 cm.

    Moudileno Lydie, « Posture insolente et visibilité littéraire de Maryse Condé », dans Claire Delahaye, Isabelle Mornat et Caroline Trotot (éd.), Femmes à l’œuvre dans la construction des savoirs : Paradoxes de la visibilité et de l’invisibilité, Champs sur Marne, LISAA éditeur, coll. « Savoirs en Texte », 2020, pp. 303-314.

    « Disparition de Maryse Condé », sur elysee.fr, 2 avril 2024 (en ligne : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2024/04/02/disparition-de-maryse-conde ; consulté le 10 juillet 2024).

    « Prix mondial Cino Del Duca 2021 de la Fondation Simone et Cino Del Duca, remis à Maryse Condé pour l’ensemble de son oeuvre littéraire », Institut de France, 2021.

    « The Laureate : Maryse Condé wins the the New Academy Prize in Literature », sur Den Nya Akademien, 12 octobre 2018 (en ligne : https://www.dennyaakademien.com/kopia-pa-the-finalists ; consulté le 18 octobre 2018).

    « Maryse Condé, une auteure insaisissable : un podcast à écouter en ligne », sur France Culture, rubrique « Arts et Divertissement », 15 février 2018 (en ligne : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-maryse-conde ; consulté le 10 juillet 2024).


    [1]« Prix mondial Cino Del Duca 2021 de la Fondation Simone et Cino Del Duca, remis à Maryse Condé pour l’ensemble de son oeuvre littéraire », Institut de France, 2021
    [2]« Disparition de Maryse Condé », sur elysee.fr, 2 avril 2024 (en ligne : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2024/04/02/disparition-de-maryse-conde ; consulté le 10 juillet 2024)
    [3]L. Carvigan-Cassin, « Introduction à l’œuvre-monde de Maryse Condé », dans L. Carvigan-Cassin (éd.), Sans fards, mélanges en l’honneur de Maryse Condé, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Presses universitaires des Antilles, 2018, p. 17-26
    [4]M. Condé, « La colonisation fut coupable de pas mal de crimes… », sur Bibliobs, 10 juin 2017 (en ligne : https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170609.OBS0501/la-colonisation-fut-coupable-de-pas-mal-de-crimes-par-maryse-conde.html ; consulté le 30 novembre 2018)
    [5] « Maryse Condé is a grand storyteller. Her authorship belongs to world literature. In her work, she describes the ravages of colonialism and the postcolonial chaos in a language which is both precise and overwhelming. The magic, the dream and the terror is, as also love, constantly present. Fiction and reality overlap each other and people live as much in an imagined world with long and complicated traditions, as the ongoing present. Respectfully and with humour, she narrates the postcolonial insanity, disruption and abuse, but also human solidarity and warmth The dead live in her stories closely to the living in a multitudinous world where gender, race and class are constantly turned over in new constellations. », « The Laureate : Maryse Condé wins the the New Academy Prize in Literature », sur Den Nya Akademien, 12 octobre 2018 (en ligne : https://www.dennyaakademien.com/kopia-pa-the-finalists ; consulté le 18 octobre 2018).

  • La langue dans/de Ernaux : comprendre, traduire, (ré)écrire

    Le 22 Octobre 2024
    À : MOBE (Muséum d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement, Orléans

    Responsable : Laélia Véron

    « Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur et de chicanes douloureuses, bien plus que l’argent » écrit Annie Ernaux dans La Place (1984). Dans les récits d’Ernaux, la langue est le symbole du passage d’un monde social à un autre, mais aussi ce que crée l’autrice, l’outil avec lequel elle choisit de représenter le monde. 

    Cette conférence participative se propose de revenir sur la place de la langue dans/de Annie Ernaux. Elle se divisera en trois temps :

    • Une explication de certains extraits de La Place qui illustrent des concepts socio-linguistiques (insécurité linguistique, marché linguistique, hyper et hypo-correction, etc.)
    • Une présentation et une analyse des enjeux de traduction de ces extraits en plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol…) et sur plusieurs supports (traduction graphique) : comment traduire des spécificités linguistiques qui sont aussi des spécificités sociales et culturelles ?
    • Un atelier de traduction créative/graphique : à vous de traduire et de (ré)écrire ! (aucune connaissance linguistique spécifique n’est requise)

    Organisé dans le cadre du projet Transilangue par Laélia Véron et Biagio Ursi (Université d’Orléans). Avec :

    • Cécile Chapon (Université de Tours)
    • Geneviève Guetemme (Université d’Orléans)
    • Elise Hugueny-Léger (University of St Andrews)
    • Sebastian Türk (Université d’Orléans).

    Ouvert à toutes et à tous, sans inscription. La conférence-atelier aura lieu au MOBE (Muséum d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement) d’Orléans, le 22/10, de 18h à 19h30.

  • L’épistolier-lecteur. Styles de lettres et styles de vies

    Séminaire du Centre d’Etude des Correspondances et Journaux Intimes

    Université de Bretagne Occidentale

    L’épistolier-lecteur. Styles de lettres et styles de vies.

    Responsable : Marianne Charrier-Vozel

    Le 19 Janvier 2024, 16 Février 2024, 15 Mars 2024, 15 Juin 2024, 27 Septembre 2024, 11 Octobre 2024, et le 15 Novembre 2024

    Site du laboratoire

    Programme 2024

    Vendredi 19 janvier 2024

    14h-15h30 en visioconférence

    Clément FRADIN, Université de Lille

    « Lire sans perdre le fil » : les lectures de Paul Celan au miroir de ses lettres »

    Vendredi 16 février 2024

    14h-15h30 en visioconférence

    Luc FRAISSE, Université de Strasbourg

    « Proust en correspondance avec les écrivains contemporains incarne-t-il sa conception du lecteur modèle ? »

    Vendredi 15 mars 2024

    14h-15h30

    Martine JACQUES, Université de Bourgogne

    « La correspondance de Mme de Graffigny : s’autoriser et s’auctoriser »

    Vendredi 15 juin 2024

    14h-15h30

    Nathalie FERRAND, Ecole Normale Supérieure

    « Rousseau lecteur, au miroir de sa Correspondance »

    Vendredi 27 septembre 2024

    14h-15h30

    Bruno BLANCKEMAN, Université  Sorbonne Nouvelle Paris-3

    « Le « lire-écrire » critique de Marguerite Yourcenar dans sa correspondance »

    Vendredi 11 octobre 2024

    14h-15h30

    Olivier WAGNER, Bibliothèque Nationale de France

    « « Je suis ici avec Byron que j’adore… » La citation et l’actualité littéraires dans la Correspondance amoureuse entre Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy »

    Vendredi 15 novembre 2024

    14h-15h30

    Marcos MORAES, Université de São Paulo

    « Mário de Andrade, lecteur de la poésie française : des témoignages en lettres »


    Dans le Manuel épistolaire à l’usage de la jeunesse, Philipon La Madelaine voit dans les prétendus oublis des lectures de Mme de Sévigné une qualité qui participe de l’agrément d’une correspondance qui est devenue, au fil des siècles, un modèle du genre :

    « J’aime mieux cette même Mme de Sévigné qui me dit dans une de ces lettres charmantes : « Je vous rapporterais là-dessus un beau vers du Tasse si je m’en souvenais » ; je l’aime mieux, dis-je, que celui qui, à cette occasion, m’en eût débité deux ou trois stances [1]». 

    Dans la continuité de l’ouvrage de Philipon, Bescherelle reprend ce conseil, illustrant cette fois-ci son propos avec l’exemple d’une grande épistolière du siècle suivant, Mme du Deffand qui n’utilise pas de citation afin de plaire à son correspondant, Horace Walpole, dont elle est passionnément amoureuse :  « Je serais bien tentée de vous faire une citation de Quinault, mais vous me gronderiez et je ne me permettrai plus rien qui puisse vous fâcher et jamais, jamais, je ne vous écrirai un mot qui puisse vous forcer à me causer du chagrin par vos réponses. J’aime mieux étouffer toutes mes pensées[2] ».

    À partir de ces deux exemples, nous pourrions hâtivement conclure que les épistolières et les épistoliers de l’Ancien Régime doivent abandonner leurs lectures et leurs auteurs préférés afin de ne pas importuner leur correspondant, suivant la règle que Philipon résume en une formule elliptique qui nous invite à mettre en concurrence deux pratiques, d’un côté la lecture des livres considérée comme une ouverture sur le monde extérieur et de l’autre, l’écriture des lettres communément envisagées comme des ego-documents : « Dans une lettre soyez vous, et non autrui » : la lettre « doit m’ouvrir votre âme, et non votre bibliothèque[3] ». 

    Tandis que de nombreuses études ont envisagé les correspondances comme les archives de la création[4] en s’intéressant notamment aux confidences et commentaires que les écrivains font dans leurs lettres sur leurs œuvres, nous retiendrons exclusivement les lectures d’œuvres que les épistoliers, souvent des auteurs, n’ont pas eux-mêmes écrites et publiées.

    Partant alors du constat de la méfiance affichée des théoriciens du genre épistolaire pour l’insertion de citations dans les lettres, il ne semble pas surprenant, au premier abord, qu’aucune étude, à ce jour n’ait été entièrement consacrée aux interactions entre l’activité d’écriture des lettres familières[5] et l’activité de lecture. Ce manque est d’autant plus regrettable que l’étude du va-et-vient entre la lecture et le dialogue épistolaire offre un angle fort stimulant pour les spécialistes qui s’intéressent au genre épistolaire et à la littérarité de la lettre. 

    Du côté des nombreux chercheurs qui ont consacré des travaux à la pratique de la lecture, à son évolution dans le temps et à la place qu’elle occupe dans notre vie quotidienne et tout au long de notre existence, force est de constater pourtant les références opportunes à de multiples correspondances.

    Parmi ces travaux, l’ouvrage de Marielle Macé, publié en 2011 et intitulé Façons de lire, manières d’être[6], occupe une place de premier plan. Dans son essai, Marielle Macé fait notamment référence aux lettres de Marcel Proust, de Gustave Flaubert, de Jean-Paul Sartre ou bien de Roland Barthes, suggérant le lien intime qui unit la pratique de la lecture et la pratique de l’écriture épistolaire dans le parcours de vie d’un individu : « Affirmer que l’on ne quitte pas sa vie en lisant, mais que ce qui se passe dans la lecture a un avenir sur cette vie : on y essaie des pensées, des façons de dire et de se rapporter aux autres, des manières de percevoir, on module son propre accès au monde, on tente d’autres liens, d’autres gestes, d’autres rythmes, d’autres communautés…[7] » ; les correspondances ne constituent-elles pas l’espace où se déploient ces « pensées », ces « façons de dire » et d’être au monde ? 

    Grâce au dialogue épistolaire, la solitude du lecteur se brise et la lecture, silencieuse, devient bavarde.  Il s’agira ainsi d’envisager les correspondances familières comme le lieu d’expression privilégiée de « l’aptitude du lecteur », pour reprendre les termes de Marielle Macé « à prolonger un style littéraire dans la vie (à se guider grâce à lui, contre lui ou malgré lui, dans les situations du monde sensible vers lequel la lecture le reconduit forcément) » en explorant le va-et-vient entre la lecture des livres et l’écriture des lettres selon les trois axes qui suivent.

    Nous espérons que la mise en commun des réponses apportées à l’ensemble de ces questions lors des séances du séminaire apportera des éléments décisifs afin de mieux saisir ce qui fonde la littérarité de la lettre que nous proposons d’envisager comme « le texte du lecteur[8] ». 

    Nous prévoyons de publier dans un recueil collectif, à la fin du séminaire qui se déroulera en 2024 et 2025, l’ensemble des communications.

    AXE 1 : Pratiques de lecture et écriture des lettres : concurrence et/ou complémentarité ? 

    Dans quelles circonstances l’épistolier évoque-t-il ses lectures ?

    Pouvons-nous observer au cours d’une existence des moments privilégiés consacrés à l’écriture des lettres et à la lecture ?  

    Comment l’épistolier concilie-t-il dans son quotidien le temps consacré à l’écriture des lettres et le temps consacré à la lecture ? Existe-t-il un lien entre le moment de la lecture, l’interruption et la reprise de la lettre ? Ce lien évolue-t-il en fonction des époques, notamment à partir du XVIIIe siècle et de l’affirmation de l’intime[9] dans les correspondances familières ?

    Comment et sous quelles formes discursives (citations, résumés, commentaires, gloses…) l’épistolier évoque-t-il alors ses lectures ? Ces évocations peuvent-elles être considérées comme des discours rapportés[10] concurrents, complémentaires ou intrinsèques au discours épistolaire ? 

    AXE 2 : Ecrire des lettres et lire pour styliser son existence ?

    Quel est le lien entre la composition de la bibliothèque, le choix des genres qui sont lus, les goûts et l’éthos de l’épistolier ? 

    Les lectures sont-elles évoquées pour parler de soi et pour styliser sa vie dans les lettres ?

    Comment s’incarne le concept de lecteur-modèle dans les pratiques de l’épistolier-lecteur et dans l’écriture des lettres ?  

    Le processus d’identification à l’œuvre dans l’activité de lecture participe-t-il de l’écriture de soi dans les lettres ? 

    Observons-nous un mimétisme de style entre les lectures de l’épistolier et les procédés d’écriture qu’il utilise dans ses lettres ?

    En quoi ses lectures invitent-elles l’épistolier à donner du sens à son existence et à celle de son correspondant ? 

    AXE 3 : Lecture et grammaire du rapport à l’autre dans les lettres : pragmatique épistolaire de la lecture 

    Pourquoi les correspondants partagent-ils leurs lectures ? Pour idéaliser le lien qui les unit, pour séduire, pour développer une réflexion morale et/ou esthétique sur le monde, pour convaincre, pour conseiller, pour consoler ? 

    Pouvons-nous observer, selon la nature du lien qui unit les correspondants, une sélection opérée par l’épistolier dans ses lectures ?  En quoi cette sélection est-elle significative de l’évolution du lien qui unit les épistoliers au fil du temps ? 

    Les correspondants lisent-ils les mêmes livres, partagent-ils les mêmes goûts et les mêmes avis ?

    Quelle place est donnée dans le dialogue épistolaire aux livres qui ne sont lus que par un seul des correspondants ? Quelle place est accordée aux livres que les épistoliers ne lisent pas et pourquoi ?

    La lecture d’un livre peut-elle conduire à la suspension, voire à l’interruption définitive de la correspondance ? 

    [1] Louis Philipon de La Madelaine, Manuel épistolaire à l’usage de la jeunesse, ou Instructions générales et particulières sur les divers genres de Correspondance, 2e édition, Paris, Capelle et Renand, 1805, p. 36.
    [2] Bescherelle jeune, L’art de la correspondance : nouveau manuel complet, théorique et pratique du style épistolaire et des divers genres de correspondance suivi de modèles de lettres familières pour tous les usages de la correspondance, Paris : E. Dentu, 1865, p. 145.
    [3] Philipon de La Madelaine, Op. cit., p. 36.
    [4] La revue Épistolaire a consacré en 2012, dans son numéro 38, un dossier aux « Archives de la création ».
    [5] Sur la question du style de l’épistolier et de la lettre familière, Luc Vaillancourt rappelle : « qu’elle soit donnée à la sphère privée ou publique, la lettre familière renaissante est toujours rhétorique. Son caractère ne dépend pas des destinataires, de la dimension personnelle, du niveau de style mais d’une valorisation de la sociabilité (c’est-à-dire, tout ce qui a trait aux devoirs, compliments, et prévenances de la vie sociale) et du recours au style éthique. … Selon que l’épistolier se conforme à un decorum général ou s’adapte aux exigences particulières du registre familier, l’une conduit à s’exprimer de manière convenue et l’autre à développer son style propre » dans La lettre familière au XVIe siècle. Rhétorique humaniste de la Renaissance humaniste de l’épistolaire, Paris, Honoré Champion, 2003, p. 315.
    [6] Marielle Macé, Façons de lire, manière d’écrire, Collection Tel n° 442, Paris, Éditions Gallimard, 2011.
    [7] Ibid., Préface à la nouvelle édition de 2022, p. 8.
    [8] Selon Jean Bellemin-Noël, le « trajet de lecture qui est tissé de la combinaison fluctuante de la chaîne de ma vie avec la trame des énoncés une fois pour toutes combinés par l’auteur mériterait d’être appelé texte », dans Marie-José Fourtanier, Gérard Langlade, Catherine Mazauric (dir.), Le texte du lecteur, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Éditions Peter Lang, 2002.
    [9] Véronique Montémont, « Dans la jungle de l’intime : enquête lexicographique et lexicométrique (1606-2008), dans Anne Coudreuse, Françoise Simonet-Tenant (dir.), Pour une histoire de l’intime et de ses variations, Revue  Itinéraires Littérature, textes, cultures n°4, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 15-38.
    [10] Cécile Lignereux, Karine Abiven : « Les discours rapportés en contexte épistolaire XVIe-XVIIIe siècles », Acta Litt&Arts, n° 13. URL :

    BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

    CAVALLO Guglielmo, CHARTIER Roger (dir.), Histoire de la lecture dans le monde occidental, 1995, trad. fr. 1997, rééd. Éditions du Seuil, Coll. « Points Histoire », 2001.

    CITTON Yves, Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?, Paris, Éditions Amsterdam, 2017.

    COUDREUSE Anne, SIMONET-TENANT Françoise (dir.), Pour une histoire de l’intime et de ses variations, Revue Itinéraires Littérature, textes, cultures n°4, Paris, L’Harmattan, 2010.

    FERREYROLLES Gérard, « L’épistolaire, à la lettre », Littératures classiques, 2010/1 (N° 71), p. 5-27. DOI : 10.3917/licla.071.0005. URL : https://www.cairn.info/revue-litteratures-classiques1-2010-1-page-5.htm

    FOURTANIER Marie-José, LANGLADE Gérard, MAZAURIC Catherine (dir.), Le texte du lecteur, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Éditions Peter Lang, 2002.

    GENETTE Gérard, « Un de mes écrivains préférés », Poétique, n° 84, novembre 1990, p. 509-519.

    GRASSI Marie-Claire, Lire l’épistolaire, Paris, Éditions Dunod, 1998.

    GUIGNARD Pascal, Le Lecteur, Paris, Éditions Gallimard, 1976.

    HAROCHE-BOUZINAC Geneviève, L’Epistolaire, Paris, Éditions Hachette Supérieur, 1995.

    ISER Wolfgang, L’Acte de lecture. Théorie de l’effet esthétique, traduit par Evelyne Sznycer, Bruxelles, Pierre Mardaga éditeur, Coll. Philosophie et Langage, 1976.

    JAUSS Hans Robert, Pour une esthétique de la réception, traduit de l’allemand par Claude Maillard, Préface de Jean Starobinski, Paris, Éditions Gallimard, 1972.

    JAUSS Hans Robert, « La jouissance esthétique », Poétique, vol. 10, no 39, 1979, pp. 261-274.

    LIGNEREUX Cécile, ABIVEN Karine : « Les discours rapportés en contexte épistolaire XVIe-XVIIIe siècle », Acta Litt&Arts, n° 13. URL :

    MACÉ Marielle, Façons de lire, manière d’écrire, Collection Tel n° 442, Paris, Éditions Gallimard, 2011 et rééd. 2022.

    MENANT Sylvain, Voltaire et son lecteur : essai sur la séduction littéraire, Genève, Éditions Droz, Coll. Bibliothèque des Lumières, 2021.

    PICARD Michel, La Lecture comme jeu. Essai sur la littérature, Paris, Éditions de Minuit, Coll. Critique, 1986.

  • Séminaire 2024-2025 « Politiques du style »

    Séminaire 2024-2025 « Politiques du style »

    Un vendredi par mois, de septembre à mars, 16h-18h

    Université Paris Cité et Sorbonne université

    Page du séminaire

    © Hugh Kepets, West 11th St. I Blue Rail

    Argumentaire

    Considérant que, dans l’histoire littéraire, des rapprochements spontanés sont faits entre des styles, individuels ou collectifs, et des positions politiques, le séminaire de recherche « Politiques du style » a décidé d’interroger les interactions entre ces deux domaines, et d’identifier leurs modalités.

    Pour ce faire, nous invitons des chercheurs dont les publications éclairent les rapports entre politique et style sous un angle nouveau ; certaines séances sont en outre consacrées à des travaux inédits, qui constituent autant de prises de recul théorique et méthodologique sur les disciplines littéraires et stylistiques.

    Le séminaire s’intéresse à ce que l’on pourrait appeler l’environnement politique des styles littéraires. Ce premier mode de rapprochement découle d’une simple juxtaposition : qu’un écrivain soit libéral, réactionnaire, féministe ou raciste, il aura toujours un style, susceptible d’être caractérisé en termes politiques par un simple effet de contiguïté. Au prix d’un saut logique, le style des auteurs libertaires deviendrait ainsi le style libertaire. L’environnement politique inclut également les « imaginaires stylistiques », ces discours qui circulent sur le style, et qui sont régulièrement traversés d’enjeux et de représentations politiques. La vocation des stylisticien·ne·s est entre autres d’éprouver la congruence des discours et des pratiques, en portant une attention particulière à la source des jugements stylistiques (les critiques, les savant·e·s, le grand public, l’auteur lui-même).

    Mais le séminaire entend surtout saisir la dimension politique des manières d’écrire elles-mêmes. Il a vocation à accueillir diverses approches. Certaines sont d’ordre sociologique : le style est toujours style en langue, il est symptomatique d’un ancrage de classe ; il est aussi une prise de position dans le champ littéraire, distinguant un·e écrivain·e de ses confrères et consœurs. D’autres empruntent à la pragmatique : le style est une mise en forme du discours qui a une visée (argumentative ou affective) ; en sélectionnant des allocutaires, il dessine une communauté politique. Quelques approches, enfin, soulèvent des enjeux cognitifs ou psychologiques : le style, quoique en apparence extérieur aux rapports sociaux, est un lieu de « résolution symbolique » (Jameson) des contradictions et des conflits (de classe, mais aussi de désir) ; en tant que mise en forme langagière d’une vision du monde, d’un découpage particulier du réel, un style engage un rapport au temps, à l’espace, à la rationalité, à autrui, etc., et en tant que telle invite à élaborer une phénoménologie stylistique (elle-même amenée à aborder les enjeux politiques à travers sa grille conceptuelle propre, selon qu’on s’appuie sur une phénoménologie heideggerienne, sartrienne, levinassienne, etc.).

    Enfin, les productions littéraires sont conjointement langagières (que ce soit sous une forme discursive ou narrative) et idéologiques. Ainsi, une période historique donnée produit des nœuds idéologiques (ou « idéologèmes ») qui se cristallisent dans certaines formes littéraires. Analyser les pratiques stylistiques sur un mode historique doit permettre d’articuler l’interprétation littéraire à une périodisation des rapports sociaux et économiques.

    Calendrier

    27 septembre (Maison de la Recherche de Sorbonne université, salle D421) : 

    Mobilités sociales, distinction et identités collectives, avec Morgane Cadieu (On Both Sides of the Tracks : Social Mobility in Contemporary French Literature, The University of Chicago Press, 2024) et Joachim Mileschi (Usage, création et diffusion de sigles dans le rap francophone (1990-2020), en cours)

    29 novembre (Maison de la Recherche de Sorbonne université, salle D421) : 

    Genres et contre-cultures, avec Marie-Jeanne Zenetti et Matthieu Rémy (« Dernières nouvelles du style situationniste »)

    Janvier (à confirmer) : Entretien de Benoît Auclerc avec Nathalie Quintane

    21 mars (Grands Moulins, salle 679C) : 

    Les nouvelles formes de l’engagement, avec Justine Huppe (La littérature embarquée, Amsterdam, 2023) et Sylvie Servoise (La littérature engagée, Que sais-je, 2023 ; Démocratie et roman, Hermann, 2022)

    Informations pratiques

    Université Paris Cité : Esplanade Vidal-Naquet, Aile C, 6e étage, Paris 13

    Sorbonne université : Maison de la recherche, 28 rue Serpente, Paris 06

  • Revue des Sciences Humaines, n° 354 : « Imaginaires classiques en littératures contemporaines. Styles, Genres, Discours »

    Revue des Sciences Humaines

    n° 354 : « Imaginaires classiques en littératures contemporaines. Styles, Genres, Discours »

    dir. Claire Badiou-Monferran, Adrienne Petit, Sandrine Vaudrey-Luigi

    Presses du Septentrion, 2024

    Date de publication : 08 Juin 2024

    L’avenir de la langue littéraire serait-il donc classique ? Le présent volume se propose d’explorer la diversité et la recomposition des imaginaires classiques dans la littérature des quatre dernières décennies. Il s’agit d’en apprécier les réappropriations contemporaines en s’intéressant plus particulièrement à la dimension linguistique et rhétorique, c’est-à-dire à « l’écrire classique », selon l’expression de Barthes.

    Sommaire

    Table des matières (PDF via le site Fabula)

  • Palimpestes 37 – Fiction/Non-fiction: que dit la traduction ?

    Fiction/Non-fiction: que dit la traduction ?

    Numéro 37, 2024

    Charles Bonnot

    Site du numéro revue

    Notes de la rédaction

    Ce numéro de Palimpsestes s’intéresse à la place de la traduction dans la circulation des textes appartenant à ce qu’Alexandre Gefen désigne comme les « territoires de la non-fiction ». Les articles réunis dans les trois parties de ce numéro cherchent ainsi à rendre compte des interactions entre le monde réel et le texte mais aussi de la place qu’occupe le traducteur ou la traductrice au cœur de celles-ci. 

    La première partie revient sur la question générique en traitant de textes dans lesquels le rapport de l’auteur ou de l’autrice à son expérience du monde constitue un fort enjeu d’écriture et de traduction. 

    La deuxième partie interroge la place de l’auteur au sein de son texte et l’incidence de ce que Ruth Amossy nomme l’ethos préalable dans la traduction et réception de ceux-ci. 

    Enfin, la troisième et dernière partie s’intéresse à la place que vient occuper le monde réel dans la fiction et la reconstruction de celui-ci au sein du texte traduit.

    Charles Bonnot

    Sommaire

    Entre traduction et réécriture(s) : analyses de cas

    L’incidence du biographique

    Histoire, monde réel et fiction