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  • Laélia Véron, Guillaume Fondu,  » T’es sérieuse ? « . Problèmes politiques de l’ironie

    Laélia Véron, Guillaume Fondu,  » T’es sérieuse ? « . Problèmes politiques de l’ironie


    Paris

    La Découverte

    Collection : Nouveaux cahiers libres

    Parution : 15/01/2026

    EAN : 9782348088742

    Présentation

    L’ironie est louée de toutes parts. Elle peut faire rire et réfléchir tout à la fois. En jouant sur des effets de mention et d’écho, elle permet par exemple de reconsidérer de manière critique les discours dominants.
    Mais jusqu’à quel point cette parole critique est-elle politique ? Permet-elle de souder une communauté politique ou plutôt d’entretenir certains préjugés dans le confort de l’entre-soi ? Est-elle un instrument d’émancipation susceptible de renverser les hiérarchies ou bien l’expression d’un privilège (genré, lettré, etc.) ?
    Certes, l’ironie remet en cause notre tendance à adhérer sans réfléchir aux discours en vogue. Mais elle est aussi une parole d’esquive, qui rechigne à fixer un contenu, qui refuse de prendre parti, qui fait un pari risqué : répéter un discours-cible pour le ridiculiser, au risque cependant de le normaliser.
    Loin des distinctions faciles entre la  » bonne  » et la  » mauvaise  » ironie (ce qui revient, en réalité, à distinguer l’ironie qui nous plait et celle qui ne nous plait pas), ce livre, en analysant de nombreux exemples polémiques, mène l’enquête sur les ambigüités politiques de l’ironie dans le monde contemporain.

    Lire l’introduction

    Table des matières

    Avant-propos. Ironie et pouvoir
    Introduction.  » Je suis antisémite  » : d’Alain Finkielkraut à Blanche Gardin, vertiges de l’ironie

    Chapitre 1. Grands discours et sourires en coin. Quand ironie et politique se rencontrent
    Humour, ironie et politique : entre suspicion et légitimation
    Le piège de la binarité : le bon et le mauvais, le vrai et le faux
    Sortir du consensus universitaire
    Quand l’ironie légitime la critique (et vice versa)
    Le gout universitaire pour l’ironie : un gout social ?
    Pour une approche discursive comparée
    Parole politique et parole ironique : la question des normes collectives
    Chapitre 2. L’ironie comme méthode pédagogique ? De Socrate à Guillaume Meurice
    Retour à Socrate
    Les chroniques de Guillaume Meurice : piège ou pédagogie ?
    Ironie littéraire et itinéraire pédagogique
    Usages militants de l’ironie
    Ironie et débat : convaincre ou faire bloc
    Chapitre 3. L’ironie comme lien communautaire. Créer, entretenir, figer un  » nous  » ?
    La communauté politique :  » nous  » contre  » elles/eux « 
    Communauté ironique et communauté politique
    Intégrer la communauté ironique
    Ironie et démagogie
    L’unification par l’exclusion
    Interroger la communauté
    Ambivalences de l’auto-ironie
    Chapitre 4. L’ironie comme arme. Dominations et rapports de pouvoir
    Ironie dominatrice, ironie libératrice ? Identifier et transformer les rapports de pouvoir
    Qui peut ironiser, contre qui ?
    Élitisme inconscient et misérabilisme exacerbé
    Des relations de domination complexes
    L’ironie, arme de domination ou contre les dominations ?
    Le retournement du stigmate via l’ironie : une stratégie ambigüe
    Replacer l’ironie dans des rapports de force plus généraux
    Chapitre 5. L’ironie comme critique de l’actualité. S’éloigner du présent pour imaginer ou pour oublier l’avenir ?
    L’ironie ou la désadhésion lucide vis-à-vis du présent
    Le scénario politique : parier sur l’avenir à partir du présent
    Ironie, créativité et posture apolitique
    La satire comme mise en pratique du travail critique de l’ironie
    Le ludisme : quand l’ironie n’est qu’un jeu Le cynisme : quand l’ironie se fait insignifiance
    Conclusion. Un peu de sérieux ?
    Remerciements
    Notes.

  • « T’es sérieuse ? » Problèmes politiques de l’ironie

    « T’es sérieuse ? »
    Problèmes politiques de l’ironie

    Laélia Véron, Guillaume Fondu

    Editions La Découverte
    Collection : Nouveaux cahiers libres
    Parution : 15/01/2026

    Présentation

    L’ironie est louée de toutes parts. Elle peut faire rire et réfléchir tout à la fois. En jouant sur des effets de mention et d’écho, elle permet par exemple de reconsidérer de manière critique les discours dominants.
    Mais jusqu’à quel point cette parole critique est-elle politique ? Permet-elle de souder une communauté politique ou plutôt d’entretenir certains préjugés dans le confort de l’entresoi ? Est-elle un instrument d’émancipation susceptible de renverser les hiérarchies ou bien l’expression d’un privilège (genré, lettré, etc.) ?
    Certes, l’ironie remet en cause notre tendance à adhérer sans réfléchir aux discours en vogue. Mais elle est aussi une parole d’esquive, qui rechigne à fixer un contenu, qui refuse de prendre parti, qui fait un pari risqué : répéter un discours-cible pour le ridiculiser, au risque cependant de le normaliser.
    Loin des distinctions faciles entre la  » bonne  » et la  » mauvaise  » ironie (ce qui revient, en réalité, à distinguer l’ironie qui nous plait et celle qui ne nous plait pas), ce livre, en analysant de nombreux exemples polémiques, mène l’enquête sur les ambigüités politiques de l’ironie dans le monde contemporain.

  • Séminaire 2024-2025 « Politiques du style »

    Séminaire 2024-2025 « Politiques du style »

    Un vendredi par mois, de septembre à mars, 16h-18h

    Université Paris Cité et Sorbonne université

    Page du séminaire

    © Hugh Kepets, West 11th St. I Blue Rail

    Argumentaire

    Considérant que, dans l’histoire littéraire, des rapprochements spontanés sont faits entre des styles, individuels ou collectifs, et des positions politiques, le séminaire de recherche « Politiques du style » a décidé d’interroger les interactions entre ces deux domaines, et d’identifier leurs modalités.

    Pour ce faire, nous invitons des chercheurs dont les publications éclairent les rapports entre politique et style sous un angle nouveau ; certaines séances sont en outre consacrées à des travaux inédits, qui constituent autant de prises de recul théorique et méthodologique sur les disciplines littéraires et stylistiques.

    Le séminaire s’intéresse à ce que l’on pourrait appeler l’environnement politique des styles littéraires. Ce premier mode de rapprochement découle d’une simple juxtaposition : qu’un écrivain soit libéral, réactionnaire, féministe ou raciste, il aura toujours un style, susceptible d’être caractérisé en termes politiques par un simple effet de contiguïté. Au prix d’un saut logique, le style des auteurs libertaires deviendrait ainsi le style libertaire. L’environnement politique inclut également les « imaginaires stylistiques », ces discours qui circulent sur le style, et qui sont régulièrement traversés d’enjeux et de représentations politiques. La vocation des stylisticien·ne·s est entre autres d’éprouver la congruence des discours et des pratiques, en portant une attention particulière à la source des jugements stylistiques (les critiques, les savant·e·s, le grand public, l’auteur lui-même).

    Mais le séminaire entend surtout saisir la dimension politique des manières d’écrire elles-mêmes. Il a vocation à accueillir diverses approches. Certaines sont d’ordre sociologique : le style est toujours style en langue, il est symptomatique d’un ancrage de classe ; il est aussi une prise de position dans le champ littéraire, distinguant un·e écrivain·e de ses confrères et consœurs. D’autres empruntent à la pragmatique : le style est une mise en forme du discours qui a une visée (argumentative ou affective) ; en sélectionnant des allocutaires, il dessine une communauté politique. Quelques approches, enfin, soulèvent des enjeux cognitifs ou psychologiques : le style, quoique en apparence extérieur aux rapports sociaux, est un lieu de « résolution symbolique » (Jameson) des contradictions et des conflits (de classe, mais aussi de désir) ; en tant que mise en forme langagière d’une vision du monde, d’un découpage particulier du réel, un style engage un rapport au temps, à l’espace, à la rationalité, à autrui, etc., et en tant que telle invite à élaborer une phénoménologie stylistique (elle-même amenée à aborder les enjeux politiques à travers sa grille conceptuelle propre, selon qu’on s’appuie sur une phénoménologie heideggerienne, sartrienne, levinassienne, etc.).

    Enfin, les productions littéraires sont conjointement langagières (que ce soit sous une forme discursive ou narrative) et idéologiques. Ainsi, une période historique donnée produit des nœuds idéologiques (ou « idéologèmes ») qui se cristallisent dans certaines formes littéraires. Analyser les pratiques stylistiques sur un mode historique doit permettre d’articuler l’interprétation littéraire à une périodisation des rapports sociaux et économiques.

    Calendrier

    27 septembre (Maison de la Recherche de Sorbonne université, salle D421) : 

    Mobilités sociales, distinction et identités collectives, avec Morgane Cadieu (On Both Sides of the Tracks : Social Mobility in Contemporary French Literature, The University of Chicago Press, 2024) et Joachim Mileschi (Usage, création et diffusion de sigles dans le rap francophone (1990-2020), en cours)

    29 novembre (Maison de la Recherche de Sorbonne université, salle D421) : 

    Genres et contre-cultures, avec Marie-Jeanne Zenetti et Matthieu Rémy (« Dernières nouvelles du style situationniste »)

    Janvier (à confirmer) : Entretien de Benoît Auclerc avec Nathalie Quintane

    21 mars (Grands Moulins, salle 679C) : 

    Les nouvelles formes de l’engagement, avec Justine Huppe (La littérature embarquée, Amsterdam, 2023) et Sylvie Servoise (La littérature engagée, Que sais-je, 2023 ; Démocratie et roman, Hermann, 2022)

    Informations pratiques

    Université Paris Cité : Esplanade Vidal-Naquet, Aile C, 6e étage, Paris 13

    Sorbonne université : Maison de la recherche, 28 rue Serpente, Paris 06

  • Les Discours adressés au(x) pouvoir(s)

    Classiques Garnier, POLEN – Pouvoirs, lettres, normes, n° 37

    Noëlline Castagnez, Laure Depretto, Julien Véronèse (dir.)

    418 pages

    Parution : 22/05/2024

    Lien sur le site de l’éditeur

    Résumé

    La réflexion interdisciplinaire sur les discours adressés aux pouvoirs interroge les pratiques sociales de la requête, de la pétition, de la célébration ou de la critique des autorités, montrant les normes, stratégies et contraintes de tels discours et le rôle joué par les porte-parole et intercesseurs.

    Table des matières

    Noëlline Castagnez, Laure Depretto etJulien Véronèse

    Introduction   7

    PREMIÈRE PARTIE S’ADRESSER AU PRINCE LOUER, BLÂMER, CONSEILLER

    Pierre-Alain Caltot

    « Patrivmque aperitvr vertice sidvs ».

    Mise en scène de la comète de César comme discours adressé
    au Prince dans la poésie latine augustéenne et néronienne   15

    Emilia Ndiaye

    À Memmius ou Lucilius, à Sisebut ou Richard.

    Quelques adresses d’auteurs de traités sur la nature
    à des hommes de pouvoir   35

    Rosa Benoit-Meggenis

    La parrèsia du moine dans l’empire byzantin (viiie-xiiie siècles)   55

    Karol Skrzypczak

    S’adresser au roi en son absence.

    La première Justification du duc de Bourgogne
    et la Proposition de l’abbé de Cerisy (1408)   71 416

    Bernard Ribémont

    Du prince défunt (Philippe le Bon)
    au prince successeur (Charles le Téméraire).

    L’adresse au pouvoir de Guillaume Fillastre,
    chancelier de l’Ordre de la Toison d’Or    91

    Mellie Basset

    Fénelon, conseiller politique du duc de Bourgogne.

    Étude de la correspondance adressée au prince
    durant la guerre de Succession d’Espagne   105

    DEUXIÈME PARTIE SUPPLIQUES, REQUÊTES, PÉTITIONS

    Laure Depretto

    Écrire en disgrâce.

    Bussy-Rabutin s’adresse au roi-lecteur   127

    Jeanne-Marie Jandeaux

    Le discours familial auprès du pouvoir royal
    et de ses représentants dans les dossiers d’enfermement
    pour correction au xviiie siècle   145

    Éric Derennes

    Des femmes interpellent les Chambres
    en faveur de la duchesse de Berry (1832-1833)   163

    Oriol Luján

    Moyens de domination ou d’émancipation ?

    Une analyse comparée des pétitions adressées
    au Parlement en France et en Espagne au xixe siècle   181

    David Bellamy

    Écrire à l’Élysée sous la présidence de René Coty (1954-1959)   197 417

    Grégoire Le Quang

    Toucher le cœur de l’État.

    Les lettres adressées au président de la République
    pendant l’enlèvement d’Aldo Moro (mars-mai 1978)   211

    Claire Hugonnier etGeneviève Bernard Barbeau

    « Votez contre », ou quand un mouvement contestataire
    s’adresse aux pouvoirs étatiques.

    Le cas du collectif Marchons Enfants !   231

    TROISIÈME PARTIE AU NOM DE… REPRÉSENTANTS ET INTERCESSEURS

    Quentin Verreycken

    As moost Cristen prynce whos clemens is to be noted.

    Tempérer la grâce du roi
    en Angleterre et en France (xiiie-xve siècles)   249

    Laurent Bourquin

    Se plaindre au gouverneur.

    Les requêtes présentées au duc de Nevers
    pendant les guerres de la Ligue (1589-1594)   267

    Antoine Ropion

    De la supplique au manifeste public.

    Les adresses au pouvoir des ouvriers en soie lyonnais
    (1744-1793)   283

    Pierre Allorant

    Discours adressés aux préfets.

    Cibles ou médiateurs, de Napoléon à la Libération ?
    (1800-1945)   301 418

    Erwan Pointeau-Lagadec

    Demander ou s’opposer au changement de statut légal
    du cannabis par voie de presse.

    De « L’appel du 18 joint » à « L’appel des 80 parlementaires
    Les Républicains » (1976-2021)   313

    Noëlline Castagnez et Laélia Véron

    Dix « emmurés vivants » de Clairvaux réclament
    à l’État français le rétablissement de la peine de mort.

    S’adresser au pouvoir quand on est détenu   333

    Nolwenn Duclos

    La question prioritaire de constitutionnalité   361

    Michel Offerlé

    Épilogue.

    Pourquoi et comment comprendre celles
    et ceux qui écrivent aux autorités   377

    Remerciements   397

    Index   399

    Résumés   407

  • « Poétique, rhétorique, stylistique – Perspectives théoriques actuelles autour du politique »

    Séances

    • 19 janvier : Paul DIRKX (Université de Lille) – Sociopolitique et socio-poétique : le cas de la littérature européenne en langue française
    • 12 février : Dominique DUPART (Université de Lille) – A la recherche d’une forme poétique perdue : enquête sur le toast, 1789-1851
    • 8 mars : Claire FOURQUET-GRACIEUX (Université Paris-Est Créteil) – Etudier la parole royale dans les textes d’Ancien Régime : outils et enjeux
    • 3 avril : Nicolas ALLART (Université de Lille) – Poétique des cafés chez Aragon : espaces choisis de la prise de conscience politique
    • 3 juin : Elise PAVY-GUIBERT (Université Bordeaux-Montaigne – IUF) – De la conversation à l’éloquence et au style : littérature et idéal de la langue au tournant des Lumières
    • https://alithila.univ-lille.fr/activites-scientifiques/archives