C’est pour son « message d’humanisme moderne » qu’en 2021 l’œuvre de Maryse Condé a été primée par l’Institut de France. Le travail de Maryse Condé, tant littéraire qu’universitaire, mais aussi au sein de l’État français lorsque l’écrivaine a accepté de présider le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, « permet de mieux comprendre le débat historique sur la colonisation[1] », a souligné la Secrétaire perpétuelle de l’Académie française. A la suite de son décès, le 2 avril dernier, la nation française a rendu hommage à une « indépendantiste guadeloupéenne », assurément « l’indépendantiste la plus décorée[2] » de la République, et son « œuvre-monde[3] » est aujourd’hui un classique de la littérature francophone inscrite au programme des concours nationaux et enseignée dans les classes primaires et secondaires ainsi qu’à l’université.
La voix et le nom de Maryse Condé incarne, dans l’héritage des Lumières, l’espérance d’un monde plus harmonieux : « Un jour viendra où la terre sera ronde et où les hommes […] n’auront plus peur les uns des autres, de celui-ci à cause de sa religion ou de celui-là à cause de la couleur de sa peau, de cet autre à cause de son parler[4] ».
On voudrait dans ce numéro de Francofonia mettre en perspective le rayonnement de l’œuvre condéenne au travers de ses multiples facettes et de sa capacité à décrire les « ravages du colonialisme et du chaos postcolonial dans une langue qui est à la fois précise et époustouflante[5] », comme l’a célébré en 2018 la Nouvelle Académie suédoise de littérature.
Nous sollicitons par conséquent des propositions de contributions de nature diverse : des articles scientifiques consacrés à l’analyse littéraire, génétique et/ou linguistique des textes de Maryse Condé, à l’analyse du déplacement de ses textes vers d’autres langues par le biais de la traduction, à l’analyse comparative, à l’influence de l’œuvre de Condé sur l’œuvre d’autres auteurs et autrices, ainsi que des documents inédits concernant l’œuvre de Condé, des entretiens et des présentations de fonds d’archives.
Les propositions, comprenant un titre, un résumé de la proposition et une brève notice bio-bibliographique, seront envoyées aux directeurs du numéro Xavier Luce (xavier.luce@univ-antilles.fr) et Giuseppe Sofo (giuseppe.sofo@unive.it), en indiquant dans le sujet : « Francofonia Condé », avant le 20 octobre 2024. Les articles devront être remis au plus tard le 31 décembre 2024 et le numéro paraîtra au printemps 2025.
Bibliographie
Carvigan-Cassin Laura, « Introduction à l’œuvre-monde de Maryse Condé », dans Laura Carvigan-Cassin (éd.), Sans fards, mélanges en l’honneur de Maryse Condé, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Presses universitaires des Antilles, coll. « Ecrivains de la Caraïbe 1 », 2018, pp. 17-26.
Condé Maryse, La Vie sans fards, Paris, J.-C. Lattès, 2012.
Condé Maryse, « Le monde à l’envers, ou l’empire des signes revisité », dans Michaël Ferrier et Nobutaka Miura (éd.), La Tentation de la France, la tentation du Japon : regards croisés, Arles, P. Picquier, 2003, pp. 183-190.
Cottenet-Hage Madeleine et Lydie Moudileno (éd.), Maryse Condé, une nomade inconvenante : mélanges offerts à Maryse Condé, Matoury, Ibis rouge, 2002. Couv. ill. 24 cm.
Moudileno Lydie, « Posture insolente et visibilité littéraire de Maryse Condé », dans Claire Delahaye, Isabelle Mornat et Caroline Trotot (éd.), Femmes à l’œuvre dans la construction des savoirs : Paradoxes de la visibilité et de l’invisibilité, Champs sur Marne, LISAA éditeur, coll. « Savoirs en Texte », 2020, pp. 303-314.
« Prix mondial Cino Del Duca 2021 de la Fondation Simone et Cino Del Duca, remis à Maryse Condé pour l’ensemble de son oeuvre littéraire », Institut de France, 2021.
[1]« Prix mondial Cino Del Duca 2021 de la Fondation Simone et Cino Del Duca, remis à Maryse Condé pour l’ensemble de son oeuvre littéraire », Institut de France, 2021 [2]« Disparition de Maryse Condé », sur elysee.fr, 2 avril 2024 (en ligne : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2024/04/02/disparition-de-maryse-conde ; consulté le 10 juillet 2024) [3]L. Carvigan-Cassin, « Introduction à l’œuvre-monde de Maryse Condé », dans L. Carvigan-Cassin (éd.), Sans fards, mélanges en l’honneur de Maryse Condé, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Presses universitaires des Antilles, 2018, p. 17-26 [4]M. Condé, « La colonisation fut coupable de pas mal de crimes… », sur Bibliobs, 10 juin 2017 (en ligne : https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170609.OBS0501/la-colonisation-fut-coupable-de-pas-mal-de-crimes-par-maryse-conde.html ; consulté le 30 novembre 2018) [5] « Maryse Condé is a grand storyteller. Her authorship belongs to world literature. In her work, she describes the ravages of colonialism and the postcolonial chaos in a language which is both precise and overwhelming. The magic, the dream and the terror is, as also love, constantly present. Fiction and reality overlap each other and people live as much in an imagined world with long and complicated traditions, as the ongoing present. Respectfully and with humour, she narrates the postcolonial insanity, disruption and abuse, but also human solidarity and warmth The dead live in her stories closely to the living in a multitudinous world where gender, race and class are constantly turned over in new constellations. », « The Laureate : Maryse Condé wins the the New Academy Prize in Literature », sur Den Nya Akademien, 12 octobre 2018 (en ligne : https://www.dennyaakademien.com/kopia-pa-the-finalists ; consulté le 18 octobre 2018).
« Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur et de chicanes douloureuses, bien plus que l’argent » écrit Annie Ernaux dans La Place (1984). Dans les récits d’Ernaux, la langue est le symbole du passage d’un monde social à un autre, mais aussi ce que crée l’autrice, l’outil avec lequel elle choisit de représenter le monde.
Cette conférence participative se propose de revenir sur la place de la langue dans/de Annie Ernaux. Elle se divisera en trois temps :
Une explication de certains extraits de La Place qui illustrent des concepts socio-linguistiques (insécurité linguistique, marché linguistique, hyper et hypo-correction, etc.)
Une présentation et une analyse des enjeux de traduction de ces extraits en plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol…) et sur plusieurs supports (traduction graphique) : comment traduire des spécificités linguistiques qui sont aussi des spécificités sociales et culturelles ?
Un atelier de traduction créative/graphique : à vous de traduire et de (ré)écrire ! (aucune connaissance linguistique spécifique n’est requise)
Organisé dans le cadre du projet Transilangue par Laélia Véron et Biagio Ursi (Université d’Orléans). Avec :
Cécile Chapon (Université de Tours)
Geneviève Guetemme (Université d’Orléans)
Elise Hugueny-Léger (University of St Andrews)
Sebastian Türk (Université d’Orléans).
Ouvert à toutes et à tous, sans inscription. La conférence-atelier aura lieu au MOBE (Muséum d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement) d’Orléans, le 22/10, de 18h à 19h30.
« Lire sans perdre le fil » : les lectures de Paul Celan au miroir de ses lettres »
Vendredi 16 février 2024
14h-15h30 en visioconférence
Luc FRAISSE, Université de Strasbourg
« Proust en correspondance avec les écrivains contemporains incarne-t-il sa conception du lecteur modèle ? »
Vendredi 15 mars 2024
14h-15h30
Martine JACQUES, Université de Bourgogne
« La correspondance de Mme de Graffigny : s’autoriser et s’auctoriser »
Vendredi 15 juin 2024
14h-15h30
Nathalie FERRAND, Ecole Normale Supérieure
« Rousseau lecteur, au miroir de sa Correspondance »
Vendredi 27 septembre 2024
14h-15h30
Bruno BLANCKEMAN, Université Sorbonne Nouvelle Paris-3
« Le « lire-écrire » critique de Marguerite Yourcenar dans sa correspondance »
Vendredi 11 octobre 2024
14h-15h30
Olivier WAGNER, Bibliothèque Nationale de France
« « Je suis ici avec Byron que j’adore… » La citation et l’actualité littéraires dans la Correspondance amoureuse entre Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy »
Vendredi 15 novembre 2024
14h-15h30
Marcos MORAES, Université de São Paulo
« Mário de Andrade, lecteur de la poésie française : des témoignages en lettres »
Dans le Manuel épistolaire à l’usage de la jeunesse, Philipon La Madelaine voit dans les prétendus oublis des lectures de Mme de Sévigné une qualité qui participe de l’agrément d’une correspondance qui est devenue, au fil des siècles, un modèle du genre :
« J’aime mieux cette même Mme de Sévigné qui me dit dans une de ces lettres charmantes : « Je vous rapporterais là-dessus un beau vers du Tasse si je m’en souvenais » ; je l’aime mieux, dis-je, que celui qui, à cette occasion, m’en eût débité deux ou trois stances [1]».
Dans la continuité de l’ouvrage de Philipon, Bescherelle reprend ce conseil, illustrant cette fois-ci son propos avec l’exemple d’une grande épistolière du siècle suivant, Mme du Deffand qui n’utilise pas de citation afin de plaire à son correspondant, Horace Walpole, dont elle est passionnément amoureuse : « Je serais bien tentée de vous faire une citation de Quinault, mais vous me gronderiez et je ne me permettrai plus rien qui puisse vous fâcher et jamais, jamais, je ne vous écrirai un mot qui puisse vous forcer à me causer du chagrin par vos réponses. J’aime mieux étouffer toutes mes pensées[2] ».
À partir de ces deux exemples, nous pourrions hâtivement conclure que les épistolières et les épistoliers de l’Ancien Régime doivent abandonner leurs lectures et leurs auteurs préférés afin de ne pas importuner leur correspondant, suivant la règle que Philipon résume en une formule elliptique qui nous invite à mettre en concurrence deux pratiques, d’un côté la lecture des livres considérée comme une ouverture sur le monde extérieur et de l’autre, l’écriture des lettres communément envisagées comme des ego-documents : « Dans une lettre soyez vous, et non autrui » : la lettre « doit m’ouvrir votre âme, et non votre bibliothèque[3] ».
Tandis que de nombreuses études ont envisagé les correspondances comme les archives de la création[4] en s’intéressant notamment aux confidences et commentaires que les écrivains font dans leurs lettres sur leurs œuvres, nous retiendrons exclusivement les lectures d’œuvres que les épistoliers, souvent des auteurs, n’ont pas eux-mêmes écrites et publiées.
Partant alors du constat de la méfiance affichée des théoriciens du genre épistolaire pour l’insertion de citations dans les lettres, il ne semble pas surprenant, au premier abord, qu’aucune étude, à ce jour n’ait été entièrement consacrée aux interactions entre l’activité d’écriture des lettres familières[5] et l’activité de lecture. Ce manque est d’autant plus regrettable que l’étude du va-et-vient entre la lecture et le dialogue épistolaire offre un angle fort stimulant pour les spécialistes qui s’intéressent au genre épistolaire et à la littérarité de la lettre.
Du côté des nombreux chercheurs qui ont consacré des travaux à la pratique de la lecture, à son évolution dans le temps et à la place qu’elle occupe dans notre vie quotidienne et tout au long de notre existence, force est de constater pourtant les références opportunes à de multiples correspondances.
Parmi ces travaux, l’ouvrage de Marielle Macé, publié en 2011 et intitulé Façons de lire, manières d’être[6], occupe une place de premier plan. Dans son essai, Marielle Macé fait notamment référence aux lettres de Marcel Proust, de Gustave Flaubert, de Jean-Paul Sartre ou bien de Roland Barthes, suggérant le lien intime qui unit la pratique de la lecture et la pratique de l’écriture épistolaire dans le parcours de vie d’un individu : « Affirmer que l’on ne quitte pas sa vie en lisant, mais que ce qui se passe dans la lecture a un avenir sur cette vie : on y essaie des pensées, des façons de dire et de se rapporter aux autres, des manières de percevoir, on module son propre accès au monde, on tente d’autres liens, d’autres gestes, d’autres rythmes, d’autres communautés…[7] » ; les correspondances ne constituent-elles pas l’espace où se déploient ces « pensées », ces « façons de dire » et d’être au monde ?
Grâce au dialogue épistolaire, la solitude du lecteur se brise et la lecture, silencieuse, devient bavarde. Il s’agira ainsi d’envisager les correspondances familières comme le lieu d’expression privilégiée de « l’aptitude du lecteur », pour reprendre les termes de Marielle Macé « à prolonger un style littéraire dans la vie (à se guider grâce à lui, contre lui ou malgré lui, dans les situations du monde sensible vers lequel la lecture le reconduit forcément) » en explorant le va-et-vient entre la lecture des livres et l’écriture des lettres selon les trois axes qui suivent.
Nous espérons que la mise en commun des réponses apportées à l’ensemble de ces questions lors des séances du séminaire apportera des éléments décisifs afin de mieux saisir ce qui fonde la littérarité de la lettre que nous proposons d’envisager comme « le texte du lecteur[8] ».
Nous prévoyons de publier dans un recueil collectif, à la fin du séminaire qui se déroulera en 2024 et 2025, l’ensemble des communications.
AXE 1 : Pratiques de lecture et écriture des lettres : concurrence et/ou complémentarité ?
Dans quelles circonstances l’épistolier évoque-t-il ses lectures ?
Pouvons-nous observer au cours d’une existence des moments privilégiés consacrés à l’écriture des lettres et à la lecture ?
Comment l’épistolier concilie-t-il dans son quotidien le temps consacré à l’écriture des lettres et le temps consacré à la lecture ? Existe-t-il un lien entre le moment de la lecture, l’interruption et la reprise de la lettre ? Ce lien évolue-t-il en fonction des époques, notamment à partir du XVIIIe siècle et de l’affirmation de l’intime[9] dans les correspondances familières ?
Comment et sous quelles formes discursives (citations, résumés, commentaires, gloses…) l’épistolier évoque-t-il alors ses lectures ? Ces évocations peuvent-elles être considérées comme des discours rapportés[10] concurrents, complémentaires ou intrinsèques au discours épistolaire ?
AXE 2 : Ecrire des lettres et lire pour styliser son existence ?
Quel est le lien entre la composition de la bibliothèque, le choix des genres qui sont lus, les goûts et l’éthos de l’épistolier ?
Les lectures sont-elles évoquées pour parler de soi et pour styliser sa vie dans les lettres ?
Comment s’incarne le concept de lecteur-modèle dans les pratiques de l’épistolier-lecteur et dans l’écriture des lettres ?
Le processus d’identification à l’œuvre dans l’activité de lecture participe-t-il de l’écriture de soi dans les lettres ?
Observons-nous un mimétisme de style entre les lectures de l’épistolier et les procédés d’écriture qu’il utilise dans ses lettres ?
En quoi ses lectures invitent-elles l’épistolier à donner du sens à son existence et à celle de son correspondant ?
AXE 3 : Lecture et grammaire du rapport à l’autre dans les lettres : pragmatique épistolaire de la lecture
Pourquoi les correspondants partagent-ils leurs lectures ? Pour idéaliser le lien qui les unit, pour séduire, pour développer une réflexion morale et/ou esthétique sur le monde, pour convaincre, pour conseiller, pour consoler ?
Pouvons-nous observer, selon la nature du lien qui unit les correspondants, une sélection opérée par l’épistolier dans ses lectures ? En quoi cette sélection est-elle significative de l’évolution du lien qui unit les épistoliers au fil du temps ?
Les correspondants lisent-ils les mêmes livres, partagent-ils les mêmes goûts et les mêmes avis ?
Quelle place est donnée dans le dialogue épistolaire aux livres qui ne sont lus que par un seul des correspondants ? Quelle place est accordée aux livres que les épistoliers ne lisent pas et pourquoi ?
La lecture d’un livre peut-elle conduire à la suspension, voire à l’interruption définitive de la correspondance ?
—
[1] Louis Philipon de La Madelaine, Manuel épistolaire à l’usage de la jeunesse, ou Instructions générales et particulières sur les divers genres de Correspondance, 2e édition, Paris, Capelle et Renand, 1805, p. 36. [2] Bescherelle jeune, L’art de la correspondance : nouveau manuel complet, théorique et pratique du style épistolaire et des divers genres de correspondance suivi de modèles de lettres familières pour tous les usages de la correspondance, Paris : E. Dentu, 1865, p. 145. [3] Philipon de La Madelaine, Op. cit., p. 36. [4] La revue Épistolaire a consacré en 2012, dans son numéro 38, un dossier aux « Archives de la création ». [5] Sur la question du style de l’épistolier et de la lettre familière, Luc Vaillancourt rappelle : « qu’elle soit donnée à la sphère privée ou publique, la lettre familière renaissante est toujours rhétorique. Son caractère ne dépend pas des destinataires, de la dimension personnelle, du niveau de style mais d’une valorisation de la sociabilité (c’est-à-dire, tout ce qui a trait aux devoirs, compliments, et prévenances de la vie sociale) et du recours au style éthique. … Selon que l’épistolier se conforme à un decorum général ou s’adapte aux exigences particulières du registre familier, l’une conduit à s’exprimer de manière convenue et l’autre à développer son style propre » dans La lettre familière au XVIe siècle. Rhétorique humaniste de la Renaissance humaniste de l’épistolaire, Paris, Honoré Champion, 2003, p. 315. [6] Marielle Macé, Façons de lire, manière d’écrire, Collection Tel n° 442, Paris, Éditions Gallimard, 2011. [7] Ibid., Préface à la nouvelle édition de 2022, p. 8. [8] Selon Jean Bellemin-Noël, le « trajet de lecture qui est tissé de la combinaison fluctuante de la chaîne de ma vie avec la trame des énoncés une fois pour toutes combinés par l’auteur mériterait d’être appelé texte », dans Marie-José Fourtanier, Gérard Langlade, Catherine Mazauric (dir.), Le texte du lecteur, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Éditions Peter Lang, 2002. [9] Véronique Montémont, « Dans la jungle de l’intime : enquête lexicographique et lexicométrique (1606-2008), dans Anne Coudreuse, Françoise Simonet-Tenant (dir.), Pour une histoire de l’intime et de ses variations, Revue Itinéraires Littérature, textes, cultures n°4, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 15-38. [10] Cécile Lignereux, Karine Abiven : « Les discours rapportés en contexte épistolaire XVIe-XVIIIe siècles », Acta Litt&Arts, n° 13. URL :
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE
CAVALLO Guglielmo, CHARTIER Roger (dir.), Histoire de la lecture dans le monde occidental, 1995, trad. fr. 1997, rééd. Éditions du Seuil, Coll. « Points Histoire », 2001.
CITTON Yves, Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?, Paris, Éditions Amsterdam, 2017.
COUDREUSE Anne, SIMONET-TENANT Françoise (dir.), Pour une histoire de l’intime et de ses variations, Revue Itinéraires Littérature, textes, cultures n°4, Paris, L’Harmattan, 2010.
FOURTANIER Marie-José, LANGLADE Gérard, MAZAURIC Catherine (dir.), Le texte du lecteur, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Éditions Peter Lang, 2002.
GENETTE Gérard, « Un de mes écrivains préférés », Poétique, n° 84, novembre 1990, p. 509-519.
ISER Wolfgang, L’Acte de lecture. Théorie de l’effet esthétique, traduit par Evelyne Sznycer, Bruxelles, Pierre Mardaga éditeur, Coll. Philosophie et Langage, 1976.
JAUSS Hans Robert, Pour une esthétique de la réception, traduit de l’allemand par Claude Maillard, Préface de Jean Starobinski, Paris, Éditions Gallimard, 1972.
JAUSS Hans Robert, « La jouissance esthétique », Poétique, vol. 10, no 39, 1979, pp. 261-274.
Considérant que, dans l’histoire littéraire, des rapprochements spontanés sont faits entre des styles, individuels ou collectifs, et des positions politiques, le séminaire de recherche « Politiques du style » a décidé d’interroger les interactions entre ces deux domaines, et d’identifier leurs modalités.
Pour ce faire, nous invitons des chercheurs dont les publications éclairent les rapports entre politique et style sous un angle nouveau ; certaines séances sont en outre consacrées à des travaux inédits, qui constituent autant de prises de recul théorique et méthodologique sur les disciplines littéraires et stylistiques.
Le séminaire s’intéresse à ce que l’on pourrait appeler l’environnement politique des styles littéraires. Ce premier mode de rapprochement découle d’une simple juxtaposition : qu’un écrivain soit libéral, réactionnaire, féministe ou raciste, il aura toujours un style, susceptible d’être caractérisé en termes politiques par un simple effet de contiguïté. Au prix d’un saut logique, le style des auteurs libertaires deviendrait ainsi le style libertaire. L’environnement politique inclut également les « imaginaires stylistiques », ces discours qui circulent sur le style, et qui sont régulièrement traversés d’enjeux et de représentations politiques. La vocation des stylisticien·ne·s est entre autres d’éprouver la congruence des discours et des pratiques, en portant une attention particulière à la source des jugements stylistiques (les critiques, les savant·e·s, le grand public, l’auteur lui-même).
Mais le séminaire entend surtout saisir la dimension politique des manières d’écrire elles-mêmes. Il a vocation à accueillir diverses approches. Certaines sont d’ordre sociologique : le style est toujours style en langue, il est symptomatique d’un ancrage de classe ; il est aussi une prise de position dans le champ littéraire, distinguant un·e écrivain·e de ses confrères et consœurs. D’autres empruntent à la pragmatique : le style est une mise en forme du discours qui a une visée (argumentative ou affective) ; en sélectionnant des allocutaires, il dessine une communauté politique. Quelques approches, enfin, soulèvent des enjeux cognitifs ou psychologiques : le style, quoique en apparence extérieur aux rapports sociaux, est un lieu de « résolution symbolique » (Jameson) des contradictions et des conflits (de classe, mais aussi de désir) ; en tant que mise en forme langagière d’une vision du monde, d’un découpage particulier du réel, un style engage un rapport au temps, à l’espace, à la rationalité, à autrui, etc., et en tant que telle invite à élaborer une phénoménologie stylistique (elle-même amenée à aborder les enjeux politiques à travers sa grille conceptuelle propre, selon qu’on s’appuie sur une phénoménologie heideggerienne, sartrienne, levinassienne, etc.).
Enfin, les productions littéraires sont conjointement langagières (que ce soit sous une forme discursive ou narrative) et idéologiques. Ainsi, une période historique donnée produit des nœuds idéologiques (ou « idéologèmes ») qui se cristallisent dans certaines formes littéraires. Analyser les pratiques stylistiques sur un mode historique doit permettre d’articuler l’interprétation littéraire à une périodisation des rapports sociaux et économiques.
Calendrier
27 septembre (Maison de la Recherche de Sorbonne université, salle D421) :
Mobilités sociales, distinction et identités collectives, avec Morgane Cadieu (On Both Sides of the Tracks : Social Mobility in Contemporary French Literature, The University of Chicago Press, 2024) et Joachim Mileschi (Usage, création et diffusion de sigles dans le rap francophone (1990-2020), en cours)
29 novembre (Maison de la Recherche de Sorbonne université, salle D421) :
Genres et contre-cultures, avec Marie-Jeanne Zenetti et Matthieu Rémy (« Dernières nouvelles du style situationniste »)
Janvier (à confirmer) : Entretien de Benoît Auclerc avec Nathalie Quintane
21 mars (Grands Moulins, salle 679C) :
Les nouvelles formes de l’engagement, avec Justine Huppe (La littérature embarquée, Amsterdam, 2023) et Sylvie Servoise (La littérature engagée, Que sais-je, 2023 ; Démocratie et roman, Hermann, 2022)
Informations pratiques
Université Paris Cité : Esplanade Vidal-Naquet, Aile C, 6e étage, Paris 13
Sorbonne université : Maison de la recherche, 28 rue Serpente, Paris 06
L’avenir de la langue littéraire serait-il donc classique ? Le présent volume se propose d’explorer la diversité et la recomposition des imaginaires classiques dans la littérature des quatre dernières décennies. Il s’agit d’en apprécier les réappropriations contemporaines en s’intéressant plus particulièrement à la dimension linguistique et rhétorique, c’est-à-dire à « l’écrire classique », selon l’expression de Barthes.
Ce numéro de Palimpsestes s’intéresse à la place de la traduction dans la circulation des textes appartenant à ce qu’Alexandre Gefen désigne comme les « territoires de la non-fiction ». Les articles réunis dans les trois parties de ce numéro cherchent ainsi à rendre compte des interactions entre le monde réel et le texte mais aussi de la place qu’occupe le traducteur ou la traductrice au cœur de celles-ci.
La première partie revient sur la question générique en traitant de textes dans lesquels le rapport de l’auteur ou de l’autrice à son expérience du monde constitue un fort enjeu d’écriture et de traduction.
La deuxième partie interroge la place de l’auteur au sein de son texte et l’incidence de ce que Ruth Amossy nomme l’ethos préalable dans la traduction et réception de ceux-ci.
Enfin, la troisième et dernière partie s’intéresse à la place que vient occuper le monde réel dans la fiction et la reconstruction de celui-ci au sein du texte traduit.
Charles Bonnot
Sommaire
Entre traduction et réécriture(s) : analyses de cas
Mathilde Bertrand, Pierre Glaudes et Élise Sorel (dir.). Barbey d’Aurevilly et le romantisme. Paris, Classiques Garnier, « Rencontres » n° 585, 2023, 409 p.
Nicolas Bourguinat. L’avenir est gros ! Temps, espace et destinée dans L’Éducation sentimentale. Genève, La Baconnière, « Nouvelle Collection Langages », 2023, 119 p.
Alessandra Marangoni et Julien Schuh (dir.). Écrivains et artistes en revue. Circulation des idées et des images dans la presse périodique entre France et Italie (1880-1940). Torino, Rosenberg & Sellier, 2022, 228 p.
Leo Spitzer. Soixante études sur le style des textes français. éd. Étienne Karabétian, Genève, Droz, 2023, 1207 p. / Charles Bally. Précis de stylistique, 2e édition. éd. Étienne Karabétian, Paris, Honoré Champion, 2023, 182 p.
Atsushi Yamazaki. Bouvard et Pécuchet, roman philosophique : une archéologie comique des idées au xixe siècle. Paris, Presses universitaires de Vincennes, « Manuscrits Modernes », 2022, 366 p.
La spécificité de Rubriques est de croiser histoire de l’art, critique littéraire et sémiologie. Idéalement, la thématique du numéro permettra de croiser des réflexions et analyses
techniques (par exemple sur la technique de la gravure)
patrimoniales (présentation d’un fond, d’une collection, d’un lieu)
Longtemps soumises à la rhétorique des figures, et en particulier des tropes (métaphore, métonymie), les études sur l’analogie privilégient aujourd’hui une approche plus large des logiques de ressemblance et de contiguïté qui inspirent l’expression d’une représentation. La création romanesque de Balzac constitue un corpus d’une richesse infinie.
Having for a long time focused on the rhetoric of figures, and in particular of tropes (metaphor, metonymy), today’s studies of analogy favor a broader approach to the logics of resemblance and contiguity that inspire the expression of a representation. Balzac’s novels constitute an infinitely rich corpus.
Ilaria Vidotto, « Balzac et l’analogie. Le pouvoir (de) comparer »
Cet article se penche sur des énoncés métadiscursifs, tirés de La Comédie humaine, ayant l’analogie, et ses diverses manifestations scripturales, pour objet. Processus cognitif et figuratif à la fois, l’analogie devient le siège d’un retour réflexif sur son élaboration ; par ce geste de dédoublement, Balzac sonde subtilement les pouvoirs heuristiques et représentationnels du dispositif qui constitue le socle d’une entreprise romanesque qui se veut, aussi et surtout, une pensée du monde.
Ilaria Vidotto, “Balzac and analogy. The power to compare”
This article examines metadiscursive statements, taken from La Comédie humaine , on analogy and its various written manifestations. Both a cognitive and figurative process,280analogy becomes the site of a reflection on its construction; through this process of division, Balzac subtly analyzes the heuristic and representational powers of a device that forms the basis of a novelistic undertaking that aims, above all, to think about the world.
Philippe Monneret, « Analogie, similitude et ressemblance selon Balzac »
En linguistique, l’analogie a été définie comme un processus d’identification fondé sur des similarités binaires (ressemblance) ou proportionnelles (similitude). Notre étude prend pour objet la connaissance naïve de l’analogie que possède Balzac, à partir d’une étude de l’emploi des termes analogie, similitude et ressemblance. Elle montre que Balzac emploie ces trois termes d’une manière différenciée, signe de la présence d’une théorie intuitive de l’analogie.
Philippe Monneret, “Analogy, similitude, and resemblance according to Balzac”
In linguistics, analogy has been defined as a process of identification founded on similarities that are binary (resemblance) or proportional (similitude). Our study focuses on Balzac’s naive knowledge of analogy, based on an analysis of his use of the terms analogy , similitude , and resemblance . It shows that Balzac employs these three terms differently, demonstrating the existence of an intuitive theory of analogy.
Jacques Dürrenmatt, « De deux stylèmes analogiques chez Balzac »
Dans sa recherche d’une écriture à même de rendre compte de la complexité du monde, Balzac se forge des outils analogiques qui fonctionnent à différents niveaux, du plus précis au plus approximatif. Particulièrement originales sont les tournures vous eussiez dit et aussi[…]que peut l’être qui occupent une position particulière en imposant au lecteur de passer par certaines opérations recatégorisantes pour réussir à stabiliser des référents à fort potentiel suggestif.
Jacques Dürrenmatt, “Two analogical stylèmes in the work of Balzac”
In his quest for a writing style able to capture the complexity of the world, Balzac forged analogical tools that function on different levels, from the very precise to the281very approximative. His particularly original turns of phrase vous eussiez dit and aussi [ … ] que peut l ’ être have the specific role of forcing the reader to recategorize in order to stabilize referents with a highly suggestive potential.
Anne-Marie Baron, « Les correspondances balzaciennes, héritières de la longue tradition de l’universelle analogie »
Thématisées dans Séraphîta, les correspondances balzaciennes doivent autant à Swedenborg qu’à la tradition de l’universelle analogie – Orphée, Pythagore, Apollonius de Tyane, puis Aristote, Platon, Paracelse, Postel et Dante. Balzac se réclame de tous ces grands noms pour spiritualiser le roman par des correspondances verticales – affinités humaines, sympathies naturelles – ou horizontales entre le matériel et le spirituel.
Anne-Marie Baron, “Balzacian correspondences, heirs to the long tradition of the universal analogy”
Thematized in Séraphîta , Balzacian correspondences owe as much to Swedenborg as they do to the tradition of the universal analogy — Orpheus, Pythagoras, Apollonius of Tyana, then Aristotle, Plato, Paracelsus, Postel, and Dante. Balzac follows in the tradition of these great names in his efforts to spiritualize the novel through vertical correspondences — human affinities, natural sympathies — or horizontal ones between the material and the spiritual.
Françoise Sylvos, « Correspondances, signatures et analogies balzaciennes »
Dans Séraphîta les comparaisons expriment un monde de correspondances. Fondée sur la foi en l’influx, cette vision unifiante et mystique résorbe le mal dans le divin, la dualité sexuée dans l’androgynie, accorde ésotérisme et science. Or, dans la sphère sociale, l’identité supposée entre être et paraître justifie l’invention d’un code de la démarche. L’hypothèse d’une équivalence entre signes physiques et devenir (Une ténébreuse affaire) nourrit l’ambition de créer une science criminologique.
Françoise Sylvos, “Correspondences, signatures, and analogies in Balzac”
In Séraphîta , comparisons express a world of correspondences. Based on a faith in influx , this unifying and mystical vision reabsorbs evil into the divine, gendered duality into androgyny, and harmonizes esotericism and science. However, in the social sphere, the supposed identity between being and appearing justifies the invention of a “code of walking.” The hypothesis of an equivalence between physical signs and becoming ( Une ténébreuse affaire ) nourished his ambition to create a criminological science.
Owen Heathcote, “Analogies in heterotopia.Félix de Vandenesse’s Le Lys dans la vallée”
Le Lys dans la vallée has often been criticized for the alleged excessiveness of its metaphorsand its grandiloquent descriptions of bouquets. This article revalorizes the language of Félix as an analogical way of thinking that creates a series of heterotopias — from the terraces of Clochegourde to its cascades of bouquets and the overlapping identities of Henriette and Arabelle. Felix’s analogical method of artistic creation allowed him to survive the failure of Le Lys and relive in Une fille d’Ève.
Keywords: Le Lys dans la vallée, analogies, heterotopia, metaphor, bouquets.
Owen Heathcote, « Analogies dans l’hétérotopie. Le Lys dans la vallée de Félix de Vandenesse »
Le Lys dans la vallée a souvent été calomnié pour les soi-disant excès de ses métaphores et de ses bouquets ronflants. Cet article revalorise le langage de Félix comme un mode de pensée analogique qui crée une série d’hétérotopies – depuis les terrasses de Clochegourde à ses bouquets en cascades et jusqu’aux identités superposées d’Henriette et d’Arabelle. Le mode analogique de création artistique permet à Félix de survivre à l’échec du Lys et de revivre dans Une fille d’Ève.
Mots-clés : Le Lys dans la vallée, analogies, hétérotopie, métaphore, bouquets.
Virginie Tellier, « Que nous apprennent les “Kalmouks” de Balzac ? »
L’analyse des mentions du terme kalmouk, chez Balzac, montre la complexité du mécanisme de l’analogie dans son œuvre. La connotation axiologique dépréciative associée à ce terme rejoint les raisonnements produits par l’anthropologie du xixe siècle, en créant notamment une homologie entre la laideur physique 283associée au « type » kalmouk et la laideur morale. Le portrait de Michu, personnage positif de l’univers balzacien, vient néanmoins nuancer cette conception.
Virginie Tellier, “What do the‘Kalmyks’teach us in Balzac’s work?”
An analysis of mentions of the term Kalmyk in Balzac’s work shows the complexity of his analogical mechanisms. The derogatory axiological connotations associated with this term converge with the reasoning of nineteenth-century anthropology, notably creating a homology between the physical ugliness associated with the Kalmyk “type” and moral ugliness. The portrait of Michu, a positive character in the Balzacian universe, nevertheless adds nuance to this conception.
Antony Kussmaul, « Les Scènes de la vie privée et publique des animaux ou l’envers de La Comédie humaine »
Les Scènes de la vie privée et publique des animaux, ouvrage collectif phare de la littérature dite « panoramique » dirigé par Hetzel et auquel Balzac a significativement participé, s’offrent comme le pendant inverse de La Comédie humaine. L’analyse croisée des cinq récits balzaciens à travers le prisme de l’analogie laisse apparaître une tension entre la quête d’unité totalisante caractéristique de l’œuvre-monde et le mode d’expression ironique des récits, fondé sur la dualité alternative.
Mots-clés : œuvre-monde, Scènes de la vie privée et publique des animaux, envers, ironie, dualité alternative.
Antony Kussmaul, “The Scènes de la vie privée et publique des animaux or the inverse of La Comédie humaine”
The Scènes de la vie privée et publique des animaux , a seminal collective work of “panoramic” literature edited by Hetzel, to which Balzac made a significant contribution, can be seen as the inverse of La Comédie humaine . The joint analysis of five Balzacian stories through the prism of analogy helps us to see a tension between the quest for a totalizing unity characteristic of the œuvre-monde and the ironic means of expression of stories, centered on an alternative duality.
Keywords: œuvre-monde , Scènes de la vie privée et publique des animaux , inverse, irony, alternative duality.284
Mario Ranieri Martinotti, « Adieu de Balzac, de l’“étude philosophique” au récit réaliste. Histoire et renouvellement des approches critiques »
Le destin critique d’Adieu, portant sur la folie d’une survivante de la Bérézina, bascule quand à partir de 1975 une polémique internationale sur son réalisme arrache cette nouvelle à l’atmosphère noire au cadre spiritualiste dans lequel elle était lue. Cet article explore l’histoire de sa réception jusqu’à nos jours afin de renouveler son interprétation par une approche fondée sur la narratologie et les classes sociales, en dialogue avec les études de genre.
Mario Ranieri Martinotti, “Balzac’s Adieu, from‘philosophical study’to realist narrative. A history and renewal of critical approaches”
The critical destiny of Adieu , about the madness of a female survivor of the Battle of Berezina, took a significant turn in 1975 when an international controversy over its realismwrenched this darkly atmospheric short story from the spiritualistic framework in which it had been read. This article explores the history of its reception up to the present day in order to renew its interpretation through an approach based on narratology and social class, in dialogue with gender studies.
Paul Young, “The Father, the Son, and the Unholy Ghost. Reconfiguring the Trinity in Le Père Goriot”
In Le Père Goriot, the characters of Vautrin, Goriot, and Rastignac, through a reversibility inscribed in the novel, bring to mind the Catholic Trinity. This new profane trinity reveals a theological preoccupation present in Le Père Goriot, serving to evoke violent and iconoclastic events (the sacking and pillage of Saint-Germain l’Auxerrois and Conflans), which marked the generation of 1830.
Keywords: literature, revolution, Catholicism, Le Père Goriot, Paris.
Paul Young, « Le Père, le fils et le mauvais esprit. La trinité profane du Père Goriot »
Dans Le Père Goriot, les personnages de Vautrin, Goriot et Rastignac, à travers une réversibilité inscrite dans le roman, rappellent la Trinité catholique. Cette nouvelle trinité profane révèle une préoccupation théologique présente dans Le Père Goriot, et sert à évoquer des événements violents et iconoclastes (le sac et le pillage de Saint-Germain l’Auxerrois et de Conflans), qui ont marqué la génération de 1830.
Mots-clés : littérature, révolution, catholicisme, Le Père Goriot, Paris.
Destiné à ouvrir le champ des interprétations, le volume porte attention, pour la première fois, au style Houellebecq. En ayant recours à une analyse de la langue, dans ses options thématiques, lexicales, grammaticales, énonciatives et rhétoriques, on pénètre ainsi dans l’épaisseur d’un style.